Documento - Zimbabue. Temor por la seguridad
DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 010471 – AFR
46/005/01
AU 181/01
Avertissement : Amnesty International
défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ
|
ZIMBABWE |
des militants politiques de l'opposition |
________________________________________________________________________________________________________
Londres, le 20 juillet 2000
Des militants politiques, en particulier ceux qui soutiennent le principal parti d'opposition zimbabwéen, et d'autres habitants de la circonscription de Bindura, située dans la province du Mashonaland-Centre, sont pris pour cibles à l'approche d'une élection législative partielle prévue les 28 et 29 juillet. Amnesty International est préoccupée par leur sécurité.
Ces dernières semaines, les attaques et les enlèvements à caractère politique se sont multipliés dans le district de Bindura. Bien que certains heurts aient apparemment impliqué à la fois des personnes soutenant le parti au pouvoir et des partisans de l'opposition, un certain nombre de témoignages indiquent que la plupart des victimes sont des militants ou des sympathisants du parti d'opposition Movement for Democratic Change (MDC, Mouvement pour le changement démocratique), ou des habitants et des communautés qui n'appuient ouvertement aucun des deux camps. Ces témoignages indiquent également que dans la majorité des cas, des militants et des sympathisants armés de la Zimbabwe African National Union-Patriotic Front (ZANU-PF, Union nationale africaine du Zimbabwe-Front patriotique), actuellement au pouvoir, ont été les instigateurs ou les auteurs matériels des violences commises.
Selon certaines sources, des sympathisants armés de la ZANU-PF ont procédé à des fouilles systématiques de domiciles, en vue de découvrir des partisans présumés du MDC. À la mi-juin, Makundwei Motsi Muzavazi, résident de la commune de Musana, a été agressé par des sympathisants de la ZANU-PF armés de chaînes et de bâtons, qui pensaient que cet homme soutenait le MDC. Il a dû être hospitalisé à Harare, la capitale du Zimbabwe, pour des blessures à la tête. Des partisans de la ZANU-PF ont également attaqué un certain nombre de responsables de la campagne du MDC, notamment Felix Kunaka, président de la section du district de Bindura de ce parti, Kifas Madzongere, président de la section du district de Bindura du mouvement des jeunes du MDC, Tom Walter, secrétaire de la section du district, et Peter Mabika, vice-président de la section du district. Ces personnes et d'autres militants ont été contraints de se réfugier dans la clandestinité, craignant pour leur propre sécurité et celle de leurs proches.
La police ne prend pas les mesures qui s'imposent pour arrêter les auteurs de ces agissements et empêcher les actes de violence et d'intimidation. Dans certains cas, il semble même qu'elle ait appréhendé des militants de l'opposition pour les empêcher de mener campagne. En outre, des barrages routiers, placés sous la garde commune de membres de la police et de sympathisants de la ZANU-PF, seraient utilisés pour immobiliser et fouiller ceux qui s'y présentent, en vue de découvrir des partisans du MDC. Ces mesures limitent la liberté de mouvement des journalistes, des observateurs, des militants d'opposition et des autres personnes impliquées dans des activités liées à cette élection partielle.
Le 11 juillet, Reason Chikono et cinq autres militants du mouvement des jeunes du MDC ont été enlevés dans la zone de Musana et agressés par un groupe de sympathisants de la ZANU-PF. Des membres des forces de l'ordre sont intervenus après que ce groupe fut passé devant un poste de police. Néanmoins, alors que les jeunes du MDC étaient manifestement blessés, les policiers n'ont pris aucune mesure contre les sympathisants de la ZANU-PF qui les retenaient captifs. En revanche, ils ont placé Reason Chikono et les cinq autres militants du mouvement des jeunes du MDC en garde à vue, aux fins d'interrogatoire. Soupçonnés d'implication dans des heurts avec des sympathisants de la ZANU-PF, ils ont été déférés devant la Magistrate's Court (juridiction répressive) de Bindura le 13 juillet. Ils ont été libérés sous caution.
Dans certains cas, des jeunes du MDC arrêtés par la police ont affirmé avoir été agressés lors de leur interpellation, notamment plusieurs membres d'un groupe de 19 sympathisants du mouvement des jeunes du MDC appréhendés tandis qu'ils posaient des affiches de campagne. Dans le cadre d'une autre affaire, une trentaine de militants du mouvement des jeunes du MDC ont apparemment été abandonnés à 150 kilomètres environ de Bindura par la police, qui leur a dit de « mener campagne à partir d'ici ».
D'après les informations recueillies, de très nombreuses personnes ont fui la région de Bindura. Parmi elles figurent des enseignants, qui sont tout particulièrement pris pour cibles en tant que sympathisants présumés du MDC, et d'autres fonctionnaires. Les victimes qui ont pris la fuite souhaitent souvent conserver l'anonymat, de crainte d'être cataloguées comme partisans du MDC.
Amnesty International est préoccupée par l'impunité dont bénéficient manifestement les responsables d'agressions à caractère politique. L'organisation craint que les violations des droits humains ne se poursuivent à Bindura après l'élection partielle des 28 et 29 juillet, quelle qu'en soit l'issue, à l'approche d'autres élections partielles à venir et du scrutin présidentiel prévu au début de l'année 2002.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
L'élection partielle organisée dans la circonscription de Bindura fait suite à la mort de Border Gezi, décédé dans un accident de voiture le 28 avril. Ce membre de la ZANU-PF avait remporté le siège de député de Bindura dans le cadre des élections législatives de juin 2000, et exerçait les fonctions de ministre de la Jeunesse, de la Condition féminine et de la Création d'emplois. Le candidat du ZANU-PF dans le cadre de l'élection partielle est Elliot Manyika, le gouverneur de la province du Mashonaland-Centre.
La région de Bindura avait été le théâtre de graves violences politiques à l'approche des élections de juin 2000. Le 1er mai 2000, Matthew Pfebve, le frère d'Elliot Pfebve – candidat du MDC lors du scrutin de l'année dernière et dans le cadre de la législative partielle actuelle – avait été enlevé au village où réside sa famille, à Nyakatondo, et tué, apparemment par des sympathisants armés de la ZANU-PF. Le père d'Elliot Pfebve, un homme d'un âge avancé, avait été grièvement blessé à cette occasion. Les responsables de ces violences n'ont toujours pas été traduits en justice.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :
– exhortez les autorités à protéger toutes les personnes se trouvant dans le district de Bindura contre toute atteinte aux droits humains, quelles que soient leurs attaches politiques réelles ou supposées ;
– appelez les autorités à garantir en toutes circonstances dans la région le respect de la liberté de mouvement des journalistes, ainsi que des observateurs chargés de surveiller la situation des droits humains ou le déroulement du scrutin ;
– engagez les autorités à faire en sorte que les policiers s'acquittent de leurs fonctions dans le respect des normes internationales relatives au maintien de l'ordre public et à l'arrestation et la détention de toute personne ;
– demandez instamment que tous les cas d'homicides, d'agressions et d'autres atteintes graves aux droits humains fassent l'objet dans les plus brefs délais d'enquêtes impartiales et efficaces ;
– exhortez le président et le gouvernement à prendre immédiatement des mesures afin de mettre un terme aux atteintes aux droits humains, et à condamner toute déclaration publique pouvant constituer une incitation à de nouvelles violences.
APPELS À :
|
Ministre de l'Intérieur : The Hon. John Nkomo Minister of Home Affairs Ministry of Home Affairs Private Bag 7703 Causeway, Harare, Zimbabwe Télégrammes : Minister of Home Affairs, Harare, Zimbabwe Fax : + 263 4 726 716 Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,
|
|
Préfet de police : Mr Augustine Chihuri Commissioner of Police Police Headquarters, PO Box 8807 Causeway, Harare Zimbabwe Télégrammes : Commissioner of Police, Harare, Zimbabwe Fax : + 263 4 728 768 Formule d'appel : Dear Commissioner, / Monsieur le Préfet, |
|
Responsable des forces de police de la province du Mashonaland-Centre : Assistant Commissioner Guyosi The Officer Commanding Zimbabwe Republic Police Mashonaland Central Province Provincial Headquarters, Box 120 Bindura, Zimbabwe Télégrammes : Commanding Police Officer, Bindura, Zimbabwe Fax : + 263 71 6200 Formule d'appel : Dear Sir, / Monsieur,
|
|
Président de la République du Zimbabwe : President Robert Mugabe Office of the President Private Bag 7700 Causeway, Harare Zimbabwe Télégrammes : President Mugabe, Harare, Zimbabwe Fax : + 263 4 728 799 / 708 557 Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président de la République, |
COPIES À :
|
Journal : The Editor, The Herald PO Box 396, Harare Zimbabwe
|
Journal : The Editor, The Daily News PO Box 1040, Harare Zimbabwe
|
Organisation de défense des droits humains : Amani Trust PO Box 5465, Harare Zimbabwe
|
ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Zimbabwe dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 31 AOÛT 2001, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT
ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a
été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous trouverez les documents en français sur LotusNotes, rubrique
ÉFAI - IS documents
Vous pouvez également consulter le site Internet des ÉFAI :
www.efai.org