Documento - Declaración conjunta: Coalición para Acabar con la Utilización de Niños Soldados - Sierra Leona: Un tribunal especial debe procesar a quienes reclutan a niños
Amnesty International
BULLETIN D'INFORMATIONS 191/00
5 octobre 2000 page 1
SIERRA LEONE
Déclaration de la Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats
Les personnes qui recrutent des enfants devront comparaître devant le tribunal spécial
Index AI : AFR 51/078/00
La Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats a déclaré que ce sont les personnes responsables du recrutement des enfants soldats, et non pas les enfants eux-mêmes, qui devront comparaître en priorité devant le tribunal spécial pour la Sierra Leone, une fois que celui-ci aura été instauré.
La Coalition a salué la proposition soumise ce jour (jeudi 5 octobre 2000) au Conseil de sécurité des Nations unies par le secrétaire général. Ce texte prévoit d’inclure le recrutement d’enfants âgés de moins de quinze ans parmi les crimes pour lesquels ce futur tribunal aura compétence.
« Des milliers d’enfants ont été enlevés, brutalisés et contraints à se battre par le Revolutionary United Front (RUF, Front révolutionnaire uni), l’Armed Forces Revolutionary Council (AFRC, Conseil révolutionnaire des forces armées) et d’autres groupes, a déclaré Jo Becker, présidente de la Coalition. Le tribunal devra tenir pour responsables ceux qui ont transformé ces enfants en machines à tuer. »
La Coalition a précisé en outre que tout enfant assigné devant cette instance, que ce soit en tant qu’accusé ou que témoin, devra bénéficier d’une protection et d’un traitement spéciaux, conformément aux principes de la justice pour mineurs et de la justice réparatrice. Le tribunal spécial sera habilité à juger des adolescents de quinze à dix-huit ans, à la différence de la Cour pénale internationale, dont le Statut limite la compétence aux personnes âgées de plus de dix-huit ans.
« Il ne fait aucun doute que des enfants ont pris part à certaines des pires atrocités commises en Sierra Leone, a ajouté Jo Becker. Toutefois, nombre d’entre eux l’ont fait contraints et forcés, menacés de mort ou sous l’emprise de la drogue ou de l’alcool, dont l’absorption avait pour effet de les rendre insensibles à la violence. Les premiers incriminés doivent être non ces enfants, mais ceux qui les ont recrutés et utilisés.
« Le tribunal a pour vocation de juger ceux qui portent la responsabilité la plus lourde en matière de violations graves du droit de la guerre, et ses ressources étant limitées, il a tout intérêt à concentrer son action sur les délinquants adultes », a conclu Jo Becker.
Pour obtenir de plus amples informations, veuillez contacter : Jo Becker, à New York, au +1-212 216 1236 ou Rory Mungoven, à Londres, au +44 780 877 1379. ●
La Coalition pour mettre fin à l’utilisation d’enfants soldats a été créée en mai 1998. Son comité directeur regroupe les organisations suivantes : Amnesty International, Défense des enfants-International (DEI), Human Rights Watch, le Service jésuite aux réfugiés (SJR), le Bureau de la société des amis auprès des Nations unies (Genève), Save the Children (l’Alliance internationale d’aide à l’enfance, représentée par Rädda Barnen, sa section suédoise), la Fédération internationale Terre des Hommes et l’Organisation internationale de perspective mondiale, ainsi que plusieurs ONG régionales d’Amérique latine, d’Afrique et d’Asie.
The Coalition to Stop the Use of Child Soldiers, P.O. Box 22696, London N4 3ZJ, Royaume-Uni. Tel : +44 20 7274 0230, télécopie : +44 20 7738 4110, courrier électronique :
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