Informe anual 2012
El estado de los derechos humanos en el mundo

Documento - SOMALIA. Presos de conciencia / temor de tortura / detención en régimen de incomunicación / posible ejecución extrajudicial

ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC AFR 52/003/2005 – ÉFAI
AU 127/05

Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.

PRISONNIERS D’OPINION / CRAINTES DE TORTURE
DÉTENTION AU SECRET / EXÉCUTION EXTRAJUDICIAIRE PRÉSUMÉE

SOMALILAND

Une centaine de manifestants issus du groupe minoritaire des Gaboye
un homme tué : Khadar Osman Dhabar, âgé de presque 30 ans, marié et père de trois enfants

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Londres, le 18 mai 2005


Une centaine de personnes issues du groupe minoritaire des Gaboye ont été arrêtées après avoir participé à une manifestation pacifique. Elles sont actuellement détenues au secret sans inculpation, dans la prison centrale de Hargeisa, la capitale du Somaliland, ou dans des centres de détention clandestins du Département des enquêtes criminelles de la police, où elles risquent d’être torturées. Elles manifestaient en signe de protestation à la suite de la mort de Khadar Osman Dhabar, abattu par un policier.


Le 13 mai, Khadar Osman Dhabar est mort des suites de nombreuses blessures par balles à l’hôpital de Hargeisa. Dans la nuit du 11 au 12 mai, un policier a ouvert le feu sur lui dans la rue. Les circonstances des faits n’ont pas encore été élucidées, mais il semble que la fusillade ait éclaté après que deux policiers eurent abordé Khadar Osman Dhabar et ses deux amis dans le quartier Hawl Wadag à Hargeisa. L’un des représentants des forces de l’ordre a tiré sur la victime ; il savait que les trois amis appartenaient à la minorité gaboye, un groupe qui est la cible de discriminations et d’atteintes aux droits humains souvent perpétrées en toute impunité.


Après la mort de Khadar Osman Dhabar, le 13 mai, un grand nombre de membres et sympathisants du groupe gaboye se sont rassemblés dans un mouvement de protestation pacifique sans précédent, et se sont rendus au poste de police central et au bureau du président. Ils demandaient que justice soit faite à la suite de la mort de Khadar Osman Dhabar, et que leurs droits fondamentaux soient respectés. Les manifestants, non violents, se sont heurtés à des policiers armés qui ont tiré à balles réelles, la plupart du temps dans les airs. Aucune victime n’est à déplorer, cependant les policiers ont battu et arrêté plusieurs centaines de personnes, parmi lesquelles des femmes et des enfants. Beaucoup ont été libérées aujourd’hui.


D’autres Gaboye ont été appréhendés par la suite, lors de descentes de police à Dami, un village des environs de Hargeisa où la plupart des habitants vivent dans des conditions très difficiles. Recherchés par la police, beaucoup ont fui ou se cachent. Ils sont soupçonnés d’avoir participé à la manifestation, critiqué le gouvernement et appelé au respect des droits fondamentaux de la minorité gaboye. Amnesty International considère les personnes arrêtées pendant et après le mouvement de protestation comme des prisonniers d’opinion, car elles n’ont fait qu’exprimer pacifiquement leurs opinions et défendre sans violence les droits humains de la minorité gaboye.


INFORMATIONS GÉNÉRALES

Le terme de Gaboye désigne l’ensemble de différents groupes minoritaires du Somaliland (Musa Dariyo, Toumal, Madiban et Yibir), qui représentent plusieurs dizaines de milliers de personnes et souffrent d’une forte discrimination, dans une société à dominante nomade et pastorale. Les Gaboye sont également présents en Somalie. Ils sont exclus de la société en raison de leurs métiers traditionnels, notamment la coiffure, le travail du cuir et du métal, la cordonnerie, l’herboristerie et certaines fonctions rituelles, des services qu’ils rendent aux clans d’éleveurs somali « nobles ». Selon la coutume, les mariages avec un membre d’une famille nomade sont interdits, ce qui signifie qu’en cas de meurtre ou d’autre crime, aucun clan n’apporte sa protection aux Gaboye. De même, ils ne sont guère protégés par l’appareil judiciaire, contrôlé par des membres de clans, et ne peuvent guère exercer, dans la pratique, leur droit à l’éducation ou d’autres droits économiques ou sociaux. Les mentalités sont en train de progresser, avec, notamment, l’attribution aux minorités de deux sièges au parlement, et grâce au travail de plusieurs organisations locales de défense des droits humains et d’associations de groupes minoritaires, qui s’efforcent de faire respecter leurs droits. Toutefois, les minorités bénéficient peu des garanties relatives aux droits humains inscrites dans la Constitution et dans les lois du Somaliland, et, selon les informations recueillies, les Gaboye sont toujours victimes d’atteintes – placements en détention arbitraire, enlèvements, viols, actes de torture et homicides – perpétrées en toute impunité dans le Somaliland comme en Somalie.


La République autoproclamée du Somaliland, qui n’est pas reconnue par la communauté internationale, a été établie en 1991, après la chute du régime de Mohamed Siyad Barré, ancien chef de l’État somalien. Au nord-ouest du pays, plusieurs régions ont proclamé leur indépendance et formé le Somaliland, dont les frontières correspondent avec celles de l’ancien protectorat britannique du même nom.


ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :

– demandez instamment qu’une enquête impartiale soit menée sur les circonstances de la mort de Khadar Osman Dhabar et que le policier présumé responsable soit traduit en justice s’il s’avère que cet homicide est illégal ;


– exhortez les autorités à libérer immédiatement et sans condition les Gaboye arrêtés pendant et après la manifestation du 13 mai, à garantir leur sécurité et à veiller à ce qu’ils ne soient pas torturés ni soumis à d’autres formes de mauvais traitements ;


– priez les autorités de faire le nécessaire pour que ces personnes soient immédiatement autorisées à être en contact avec leurs proches, à consulter des avocats, à être examinées par des médecins, si nécessaire, et à s’entretenir avec des représentants d’organisations humanitaires ;


– appelez le gouvernement à diligenter une enquête indépendante sur les diverses formes de violence arbitraire et de discrimination dont sont victimes les groupes minoritaires du Somaliland, et demandez-lui de veiller à ce que les membres de ces minorités aient accès à la justice et bénéficient de l’égalité de traitement devant la loi, conformément à la Déclaration des droits des personnes appartenant à des minorités nationales ou ethniques, religieuses et linguistiques.


APPELS À :

Remarque : Il n’existe pas de services postaux dans le Somaliland, et l’envoi de fax peut se révéler difficile. Vous pouvez adresser des copies de vos appels aux seules missions diplomatiques (non reconnues) de cet État au Royaume-Uni, aux États-Unis et en Italie, en leur demandant de les transmettre aux intéressés. Merci d’adresser vos appels par courrier électronique lorsque cela est possible.

Président :

His Excellency President Dahir Riyaale Kahin

Fax : +252 213 8324 ou +252 252 3848

Courriers électroniques : sl_victory@yahoo.com

Formule d’appel : Dear President, / Monsieur le Président,


Ministre de l’Intérieur :

Mr Ismail Aden Osman

via le ministère des Affaires étrangères ou la Présidence (cf ci-contre)

Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,


Ministre de la Justice :

Mr Ahmed Hassan Ali Assowe,

via le ministère des Affaires étrangères ou la Présidence (cf ci-dessus)

Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,


Responsable des forces de police du Somaliland :

Mr Mohamed Egeh Elmi,

via le ministère des Affaires étrangères ou la Présidence (cf ci-dessus)

Formule d’appel : Dear Commander, / Monsieur,


COPIES À :

Ministre des Affaires étrangères :

Ms Edna Ismail Aden

Fax : +252 828 3271

Courriers électroniques : slforeign@hotmail.com

Formule d’appel : Dear Minister, / Madame le Ministre,


ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Somaliland :


Missions diplomatiques :

Royaume-Uni : Mr Osman Ahmed Hassan, Representative of the Somaliland Government, Somaliland Mission, 102 Cavell Street, London E1 2JA, Royaume-Uni, Fax : +44 207 717 1718

États-Unis : Mr Saad Sheikh Omar Nur, Representative of the Somaliland Government, Washington DC, États-Unis, Fax : +1 301 231 5990

Italie : Mr Muhiyadin Ahmed Abdi Gabose, Representative of the Somaliland Government, Corso Unione Sovietica 465, Torino, Italie.


PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.

APRÈS LE 29 JUIN 2005, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT TOUJOURS INTERVENIR. MERCI.

La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse suivante :
http://www.efai.org

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