Informe anual 2012
El estado de los derechos humanos en el mundo

Documento - Tanzanie: Amnesty International appelle les autoritiés à respecter le droit à la liberté de réunion à zanzibar et à dar es salaam

Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATION 018/01

30 janvier 2001 page 1



TANZANIE

Amnesty International appelle les autorités à respecter le droit à la liberté de réunion à Zanzibar et à Dar es Salaam

Index AI : AFR 56/003/01

COMMUNIQUÉ DE PRESSE


« Le comportement de la police tanzanienne, qui a fait un usage abusif de la force au cours des quatre derniers jours à Zanzibar et à Dar es Salaam en vue d'entraver l'exercice du droit à la liberté de réunion, est consternant », a déclaré ce jour (mardi 30 janvier 2001) Amnesty International.

D'après les informations recueillies, au moins 37 personnes, dont six membres de la police, ont été tuées et un nombre indéterminé d'autres individus blessés lorsque les forces de l'ordre ont tiré à balles réelles et utilisé du gaz lacrymogène pour disperser des manifestations organisées par le parti d'opposition Civic United Front (CUF, Front civique unifié) sur les îles d'Unguja et de Pemba (qui constituent l'archipel de Zanzibar), ainsi que dans la capitale tanzanienne, Dar es Salaam.

Amnesty International a reçu des informations convaincantes indiquant que des membres de la police paramilitaire venus du continent se livraient toujours à des actes de violence, notamment à des viols et des passages à tabac, contre la population locale à Pemba, tard dans la soirée de dimanche. Au moins 149 personnes ont été arrêtées en Tanzanie continentale et plus de 200 sur les îles. Un certain nombre des personnes appréhendées ont été placées en détention au secret et inculpées de rassemblement illégal. D'autres sont hospitalisées sous surveillance policière, et leurs proches ne sont pas autorisés à leur rendre visite. Il semblerait que certains des individus inculpés aient été torturés.

Ces manifestations avaient été organisées par le CUF en vue d'obtenir l'annulation des élections présidentielle et législatives de l'année dernière et l'organisation de nouveaux scrutins, ainsi qu'une révision de la Constitution. Nombre d'observateurs ont estimé que ces élections avaient été entachées d'irrégularités à Zanzibar. La police avait déclaré que les mouvements de protestation organisés par le CUF étaient illégaux, et qu'ils constituaient une menace pour l'ordre public et la stabilité. Le CUF a passé outre à cette interdiction, en faisant valoir que la police n'était pas habilitée à restreindre l'exercice du droit à la liberté de réunion. Les forces de l'ordre ont réagi avec une violence injustifiée à cette remise en cause de leur autorité.

Jeudi 25 janvier, Ibrahim Lipumba, président du CUF et député de Kigamboni, a été violemment appréhendé par la police à Dar es Salaam avec au moins 50 autres personnes, et inculpé de rassemblement illégal. Il est resté en prison durant tout le week-end, car une caution d'un montant considérable avait été exigée pour sa libération.

Vendredi 26 janvier, deux hommes ont été tués dans la ville de Zanzibar lorsque la police a ouvert le feu sur des membres présumés du CUF, peu après qu'ils eurent quitté la mosquée où ils avaient pris part à la prière. Le lendemain, la police a tiré à balles réelles et utilisé du gaz lacrymogène pour disperser des groupes de personnes, tant sur l'île de Pemba que sur celle d'Unguja.

Selon des témoins oculaires, les forces de sécurité ont ouvert le feu presque immédiatement après avoir ordonné aux personnes rassemblées de se disperser. Des îliens auraient alors répliqué par des jets de pierres et de cocktails Molotov. D'après les informations recueillies, les blessés n'ont pu se faire soigner dans des hôpitaux publics, et à la suite de l'instauration d'un couvre-feu, des proches de personnes décédées n'ont pu prendre possession de leur corps ou les enterrer à Pemba. Il semble qu'un hélicoptère ait été utilisé sur cette île pour répandre du gaz lacrymogène sur des manifestants. De nombreux membres de la police paramilitaire ont été déployés sur les îles depuis le continent.

Selon certaines sources, à Pemba, ils s'introduisent chez des particuliers et se livrent à des viols, des passages à tabac et des actes de pillage depuis samedi soir. On ignore combien d'arrestations ont eu lieu sur cette île, car un grand nombre de personnes ont gagné la forêt pour échapper aux attaques, mais au moins 24 individus ont été tués, dont quatre policiers.

Sur l'île d'Unguja, des heurts entre la police et des manifestants ont fait 13 morts, parmi lesquels deux membres des forces de l'ordre, et de nombreux blessés. Au moins 238 personnes ont été appréhendées. Des affrontements similaires se sont déroulés samedi à Dar es Salaam ; ils n'ont cependant donné lieu à aucune perte en vies humaines, apparemment parce que la police n'a pas employé de balles réelles.

Au moins 50 personnes se sont réfugiées au Kenya en bateau, parmi lesquelles 10 individus blessés par balle nécessitant des soins. Selon des informations non confirmées, un autre navire transportant des Zanzibaris a sombré dans des circonstances suspectes. Un certain nombre de journalistes qui s'efforçaient de couvrir les violences ont été harcelés, et Khatib Suliman a été battu par la police.

« Le droit à la liberté de réunion est un droit élémentaire de la personne humaine, que la Tanzanie est juridiquement tenue de respecter en vertu de ses engagements internationaux, a souligné Amnesty International. En déniant aux habitants de Zanzibar le droit de se réunir et de s'exprimer librement, les autorités ne peuvent qu'aggraver la situation. »

L'organisation de défense des droits humains appelle le gouvernement tanzanien et les autorités de Zanzibar à ouvrir des enquêtes exhaustives, indépendantes et impartiales sur toutes les informations faisant état d'usage abusif de la force par des policiers, et à sanctionner les responsables. « Le gouvernement tanzanien doit prendre des mesures efficaces dès à présent afin que les réunions publiques et les manifestations puissent se dérouler sans violence à l'avenir », a conclu Amnesty International.


Informations générales

Depuis plusieurs années, sur l'archipel semi-autonome de Zanzibar, les autorités ne cessent de tenter de museler l'opposition politique, notamment en emprisonnant certains de ses membres. La situation y demeure tendue depuis les élections de l'année dernière. La police a attribué au CUF la responsabilité d'un certain nombre d'explosions ayant eu lieu dans des bâtiments publics depuis ces scrutins, et a arrêté plus de 50 sympathisants de l'opposition. Le CUF a démenti ces accusations. དྲ


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La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International – Éfai –
Vous pouvez également consulter le site ÉFAI sur internet : http://efai.i-france.com

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