Informe anual 2012
El estado de los derechos humanos en el mundo

Documento - Togo: Con la comisión de investigación, llega la hora de la verdad y la justicia

Amnesty International

BULLETIN D'INFORMATIONS 214/99

16 novembre 1999 page 1



TOGO

L'instauration d'une commission d'enquête doit permettre d'établir la vérité afin que justice soit faite

Index AI : AFR 57/33/99

Embargo : 16 novembre 1999


« [Il] y a eu bel et bien des cadavres découverts sur les côtes du Bénin et au minimum une centaine dérivant au large. »

Ligue pour la défense des droits de l'homme au Bénin

« La mer a vomi des corps. »

Le Figaro (quotidien français)

« Des cadavres y ont été retrouvés, rejetés par la mer. »

L'Aurore (journal togolais)


Le nouveau rapport publié ce jour (mardi 16 novembre 1999) par Amnesty International est consacré aux violations persistantes des droits humains commises au Togo. Il confirme les précédentes informations selon lesquelles des corps avaient été rejetés sur des plages du Togo et du Bénin, et avaient été aperçus au large des côtes béninoises pendant au moins quatre jours à la suite de l'élection présidentielle de juin 1998.

Lorsque Amnesty International avait rendu public son précédent rapport intitulé Togo. État de terreur (index AI : AFR 57/01/99), le 5 mai 1999, les autorités togolaises avaient annoncé leur intention d'engager des poursuites judiciaires contre l'Organisation. Cette procédure vient d'être suspendue et le Togo a accepté de convier une commission d'enquête internationale à mener des investigations sur les allégations d'homicides.

Le nouveau document, publié sous le titre Togo. Il est temps de rendre des comptes. L'urgence d'une commission d'enquête internationale (index AI : AFR 57/37/99/F), rassemble les résultats d’investigations menées par des journalistes et d'autres organisations de défense des droits humains, qui corroborent les conclusions initiales d'Amnesty International.

Ainsi, la Ligue pour la défense des droits de l'homme au Bénin, qui a entrepris une longue enquête dans ce pays en juin et juillet 1999, est parvenue à la conclusion qu'il « y a eu bel et bien des cadavres découverts sur les côtes du Bénin et au minimum une centaine dérivant au large ». Selon les informations recueillies par la Ligue, plusieurs corps étaient « presque nus, en slip » et l’un d’eux portait des menottes et présentait des marques de torture.

En outre, le nouveau rapport d'Amnesty International rend compte des efforts déployés par les autorités togolaises pour imposer le silence sur les violations des droits humains dénoncées par l'Organisation, dans le cadre d'une campagne soigneusement orchestrée d'intimidation, de corruption et de menaces dirigée contre les témoins, les journalistes et les défenseurs des droits humains.

Koffi Antoine Nadjombe, responsable des campagnes au sein de la section togolaise d'Amnesty International, a été arrêté lors d’une opération qui semblait viser directement l'Organisation. D'après les informations recueillies, des membres des forces de sécurité ont tenté de le soudoyer pour qu'il mette en cause publiquement le secrétaire général d'Amnesty International, Pierre Sané. Ils souhaitaient lui faire dire que ce dernier était l'auteur du rapport du 5 mai 1999 et qu’il avait publié celui-ci en collaboration avec des responsables de l'opposition pour discréditer le gouvernement togolais. Koffi Antoine Nadjombe a également été roué de coups et on aurait menacé de lui injecter un produit mortel s'il refusait de faire cette déclaration.

Deux autres défenseurs des droits humains, Nestor Tengue et François Gayibor, ont été arrêtés puis remis en liberté sous caution le 18 juin 1999, mais ils restent inculpés d’« atteinte au crédit et à la sûreté de l’État, [de] diffusion de fausses nouvelles, [de] faux et usage de faux ».

Ameen Ayodele, membre de la section nigériane d'Amnesty International, a également été appréhendé et détenu au secret pendant neuf jours en mai 1999. Au cours de sa détention, pendant laquelle il a dû demeurer totalement nu la plupart du temps, cet homme a été régulièrement passé à tabac et menacé d'exécution.

Les autorités togolaises auraient également eu recours à la corruption en vue de dissimuler des éléments de preuve. En juillet 1999, le journal béninois La Nation a mené une enquête et découvert que des citoyens béninois s'étaient rendus à Lomé pour fournir, contre paiement, des témoignages démentant les conclusions d'Amnesty International. Il semblerait en outre que plusieurs journalistes béninois aient reçu d'importantes sommes d'argent pour discréditer les informations diffusées par Amnesty International et la Ligue pour la défense des droits de l'homme au Bénin.

Les autorités togolaises ont finalement accepté qu’une commission d'enquête internationale soit mise sur pied, mesure que n'a cessé de demander Amnesty International depuis la publication de son rapport du 5 mai 1999. Néanmoins, l'organisation de défense des droits humains souligne que cet organe doit pouvoir travailler en toute indépendance et compter sur l'entière coopération des autorités togolaises.

« Tous ces éléments concordants indiquent à quel point il est urgent de mener une enquête exhaustive sur les graves violations des droits humains commises par les autorités togolaises en toute impunité au cours des trente dernières années », a conclu Amnesty International.


Notes à l'intention des correspondants :

Citations figurant au début de ce communiqué :

Patrick de Saint-Exupéry, journaliste travaillant pour le quotidien français Le Figaro, s'est rendu au Bénin en juin de cette année pour y mener ses propres investigations. Il y a recueilli des témoignages de pêcheurs béninois : « Nous sommes la vérité de ceux qui sont morts. [...] La mer a vomi des corps. [...] On se demande s’il y a un champ de bataille là-bas. Parce que nous, les morts, on les trouve en désordre. »

Deux journalistes togolais ont signalé en août 1998, soit dix mois avant la publication du rapport d'Amnesty International, la présence de cadavres jetés à la mer. D'après un article paru dans le journal L'Aurore : « Ces derniers temps, il se passe quelque chose d’horrible sur notre côte. Des cadavres y ont été retrouvés, rejetés par la mer. » ?

Pour obtenir de plus amples informations ou recevoir un exemplaire du nouveau rapport d'Amnesty International, veuillez contacter le service de presse de l'Organisation, à Londres, au 44 171 413 5566. Vous pouvez également consulter notre site web (http://www.amnesty.org).



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