Documento - Democratic Republic of Congo: Four human rights defenders threatened
AU 249/09, AFR 62/017/2009 – République démocratique du Congo (RDC) 22 septembre 2009
ACTION URGENTE
QUATRE DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS MENACÉS
Quatre défenseurs des droits humains résidant à Lubumbashi, dans la province du Katanga (sud-est de la République démocratique du Congo, RDC), ont reçu des SMS anonymes contenant des menaces de mort. Ces envois se poursuivent.
Trois hommes, GrégoireMulamba, Timothée Mbuyaet Emmanuel Umpula, et une femme, Dominique Munongo, qui militent tous pour le respect des droits humains, reçoivent ces menaces depuis le 16 septembre. Ils mènent une campagne locale en faveur de Golden Misabiko, qui est poursuivi devant le Tribunal de paix de Lubumbashi pour atteinte à la sûreté de l'État (voir l'AU 208/09, AFR 62/013/2009, et sa mise à jour).
Parmi les messages qu'ils ont reçus figure le suivant : « Vous pensez être plus malin. Saches que ce ne pas fini. On verra quand vous serez tous mort[…] si vous ferrez encore des marches » (sic), ainsi qu'un autre indiquant : « Après vos déclarations [à la radio et la télévision locales], nous vous accordons 48 heures soit pour quitter Lubumbashi […]soit pour dire au revoir à vos familles ».
Le dernier SMS, reçu le 21 septembre, était :« Nous sommes et nous restons sérieux à nos décisions […] Nous avons tous vos mouvements et vos habitations. […] C'est un problème des heures... » (sic).
Ces messages ont été envoyés depuis trois numéros de téléphone mobile que les destinataires ont soumis au procureur de Lubumbashi dans le cadre d'une plainte accompagnée d'une demande d'enquête approfondie sur ces menaces.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en français ou dans votre propre langue) :
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exhortez les autorités à enquêter sur les menaces de mort reçues par Grégoire Mulamba, Timothée Mbuya, Dominique Munongo et Emmanuel Umpula, quatre défenseurs des droits humains de Lubumbashi, et engagez-les à déférer leurs auteurs présumés devant la justice ;
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priez-les instamment de veiller à ce que ces militants soient protégés contre toute autre menace ou attaque potentielle ;
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demandez que cessent les actes d'intimidation et les arrestations arbitraires commis par les services de sécurité de la RDC à l'encontre de défenseurs des droits humains.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 3 NOVEMBRE 2009 À :
Président de la République :
Son Excellence Joseph Kabila
Président de la République
Palais de la Nation
Avenue de Lemera
Kinshasa-Gombe
République démocratique du Congo
Courriers électroniques : presipp@yahoo.fr
Formule d'appel : Monsieur le Président,
Ministre de la Justice :
Luzolo Bambi Lessa
Ministère de la Justice
228 Avenue de Lemera
BP 3137
Kinshasa-Gombe
République démocratique du Congo
Formule d'appel : Monsieur le Ministre,
Gouverneur du Katanga :
Moïse Katumbi Chapwe
Merci de laisser un message
sur le site Internet officiel du gouverneur :
Formule d'appel : Monsieur le Gouverneur,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la RDC dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
QUATRE DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS MENACÉS
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Ces quatre militants travaillent pour des organisations non gouvernementales (ONG) : Grégoire Mulamba est secrétaire exécutif du Centre des droits de l'homme et du droit humanitaire (CDH), Timothée Mbuya est vice-président de la section du Katanga de l'Association africaine de défense des droits de l'homme (ASADHO/Katanga), Dominique Munongo est coordinatrice du Centre de développement pour la femme (CDF) et Emmanuel Umpula est directeur exécutif d'Action contre l'impunité pour les droits de l'homme (ACIDH).
Golden Misabiko, président de l'ASADHO/Katanga, a été arrêté le 24 juillet 2009, accusé d'avoir porté atteinte à la sûreté de l'État en raison d'un rapport publié le 12 juillet par son organisation, dans lequel est évoquée la complicité de représentants du gouvernement dans l'exploitation illégale d'une mine d'uranium fermée à 150 kilomètres de Lubumbashi. Amnesty International l'a alors considéré comme un prisonnier d'opinion. Son procès a débuté le 19 août. L'accusation a affirmé que, en publiant le rapport contesté, l'ASADHO/Katanga, par l'intermédiaire de Golden Misabiko, cherchait en fait à monter la population de la province contre ses autorités. Le 20 août, souffrant de problèmes de santé, Golden Misabiko s'est vu accorder une libération provisoire. L'action engagée contre lui se poursuit et un jugement devrait être rendu prochainement.
Les menaces de mort par SMS anonyme contre des défenseurs des droits humains sont une pratique de plus en plus courante en RDC. Cependant, les autorités prennent rarement des mesures pour enquêter sur celles-ci ou retrouver les téléphones depuis lesquels elles ont été envoyées. Début septembre, à Bukavu (est du pays), trois femmes journalistes ont reçu des messages de ce type les menaçant chacune de prendre « une balle dans la tête ». Trois journalistes ont été tués dans cette ville depuis 2007, mais leurs meurtriers ne sont toujours pas identifiés.
AU 249/09, AFR 62/017/2009, 22 septembre 2009
