Informe anual 2012
El estado de los derechos humanos en el mundo

Documento - ERITREA. Presos de conciencia / Tortura o malos tratos

ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC AFR 64/002/2004 – ÉFAI
AU 101/04

Avertissement : Amnesty International défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.


PRISONNIERS D’OPINION / TORTURE OU MAUVAIS TRAITEMENTS

ÉRYTHRÉE 

Mengist Tewelde-Medhin (h), pasteur
ainsi que 55 membres de l’Église pentecôtiste Hallelujah

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Londres, le 9 mars 2004


Le 12 février, des représentants des forces de sécurité, notamment des policiers, ont arrêté le pasteur Mengist Tewelde-Medhin ainsi que 55 hommes, femmes et enfants membres de l’Église pentecôtiste Hallelujah de la capitale érythréenne, Asmara, alors qu’ils assistaient à un service religieux chez un particulier. La plupart sont toujours détenus au secret, sans avoir été jugés ni même inculpés, dans des postes de police ou des camps militaires. Selon les informations recueillies, ils sont soumis à des mauvais traitements, voire des actes de torture, destinés à leur faire abjurer leur foi.


Le pasteur Mengist Tewelde-Medhin, chef de l’Église pentecôtiste Hallelujah, serait actuellement incarcéré dans la prison militaire d’Adi Abeto, près d’Asmara, dans des conditions éprouvantes. Comme d’autres membres de ce groupe religieux, il serait en butte à des pressions visant à lui faire renier sa foi. Amnesty International considère tous ces détenus comme des prisonniers d’opinion, car ils sont privés de liberté pour avoir pratiqué leur religion. L’organisation est par ailleurs préoccupée par la sécurité des personnes se trouvant entre les mains de l’armée, craignant qu’elles ne soient torturées. En effet, les militaires ont fréquemment recours à la pratique de l’« hélicoptère », qui consiste à maintenir des prisonniers attachés dans une posture contorsionnée, en plein air, pendant une semaine, voire plus, et ce presque vingt-quatre heures sur vingt-quatre.


Après leur interpellation, quelque 18 fidèles ont été conduits dans la prison militaire de Mai Serwa et sanctionnés pour avoir refusé d’effectuer leur service national, obligatoire en Érythrée pour toute personne – hommes et femmes – âgée de plus de dix-huit ans. Ils seraient retenus captifs dans des conteneurs métalliques dans lesquels l’air est étouffant et les températures varient entre 0° la nuit et 28° le jour.


Amnesty International est en outre gravement préoccupée par le fait que des enfants sont maintenus en détention illégale et soumis à des mauvais traitements dans des locaux de l’armée ou de la police qui ne sont pas prévus pour la détention de mineurs, contrairement aux conventions internationales et régionales sur l’enfance auxquelles l’Érythrée est partie, notamment la Convention relative aux droits de l'enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant.


Vingt-cinq filles et garçons ont été appréhendés et conduits dans le principal centre de formation militaire de Sawa, où ils sont enfermés dans un conteneur et contraints à effectuer des travaux agricoles. La police a arrêté et maintenu en détention des enfants plus jeunes de façon illégale pendant plusieurs jours, puis a finalement permis aux parents de les ramener chez eux, à condition qu’ils signent une déclaration par laquelle ils s’engageaient à ne plus pratiquer leur religion. Des femmes et des hommes d’un certain âge ont été retenus dans des postes de police sans être jugés ni même inculpés, et contraints à renoncer à leur foi. Certains ont par la suite été libérés après s’être engagés par écrit à ne plus exercer leur culte.


INFORMATIONS GÉNÉRALES

La persécution religieuse s’est intensifiée en Erythrée depuis la fermeture d’églises fréquentées par des groupes chrétiens minoritaires, en mai 2002. Au cours de l’année qui vient de s’écouler, plusieurs centaines de fidèles pratiquant leur religion à domicile ou de conscrits en possession de bibles ont été arrêtés. Les autorités n’ont fourni aucune explication quant à la répression des Églises minoritaires, qui n’affecte pas les cultes officiellement reconnus (orthodoxe, catholique et luthérien). Ce tour de vis semble lié, en partie, à l’action menée par les autorités contre les jeunes qui tentent de se soustraire au service militaire et contre leurs parents, accusés de les aider à se cacher ou à fuir le pays. Les groupes religieux minoritaires, qui seraient une dizaine, peut-être plus, n’ont aucun lien avec les dissidents politiques emprisonnés. Seuls les témoins de Jéhovah s’opposent au service militaire par conviction religieuse.


ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais ou dans votre propre langue) :

– demandez instamment que tous les détenus (hommes, femmes et enfants) membres de l’Église pentecôtiste Hallelujah d’Asmara soient libérés immédiatement et sans condition ; en effet, Amnesty International considère ces personnes comme des prisonniers d’opinion, car elles sont privées de liberté en raison de leurs convictions religieuses, au mépris des dispositions qui, dans la Constitution érythréenne, prévoient la liberté de croyance et de pratique religieuses ;


– dites-vous gravement préoccupé par le fait que des enfants sont maintenus en détention illégale et soumis à des mauvais traitements, contrairement aux principes reconnus dans les domaines de la protection de l’enfance et de la justice pour mineurs, notamment dans la Convention relative aux droits de l'enfant et la Charte africaine des droits et du bien-être de l'enfant, auxquelles l’Érythrée est partie ;


– faites part de votre inquiétude quant au fait que ces personnes sont détenues de manière arbitraire sans inculpation ni jugement, au mépris des dispositions relatives aux droits humains figurant dans la Constitution du pays ;


– demandez instamment que soit menée, dans les meilleurs délais, une enquête impartiale sur les mauvais traitements que des membres de la police et de l’armée auraient infligés à ces personnes, y compris aux enfants, pendant leur détention, ainsi que sur le recours courant, bien qu’illégal, à des conteneurs métalliques faisant office de prisons.


APPELS À :

Président :

His Excellency Issayas Afewerki

President of the State of Eritrea

Office of the President

PO Box 257

Asmara, Érythrée

Télégrammes : President Issayas Afewerki, Asmara, Érythrée

Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,

Ministre de la Justice :

Ms Fawzia Hashim

Minister of Justice

Ministry of Justice

PO Box 241

Asmara, Érythrée

Télégrammes : Minister of Justice, Asmara, Érythrée

Fax : +2911 126 422

Formule d’appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,



COPIES À :

Responsable de la police :

Brigadier Abraham Andom

Commissioner of Police

Ministry of Internal Affairs

PO Box 1223

Asmara, Érythrée

Directeur du Département des affaires religieuses :

Mr Semere Beyene

Director, Department of Religious Affairs

Ministry of Local Government

PO Box 225

Asmara, Érythrée



ainsi qu'aux représentants diplomatiques de l’Érythrée dans votre pays.


PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 20 AVRIL 2004, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT TOUJOURS INTERVENIR. MERCI.

La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse suivante :
http://www.efai.org

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