Informe anual 2012
El estado de los derechos humanos en el mundo

Documento - BRASIL. Temor por la seguridad



ACTION URGENTE


DOCUMENT PUBLIC Index AI : AMR 19/011/2008 – ÉFAI

19 septembre 2008


AU 267/08 Craintes pour la sécurité


Brésil Joinville Frota (h), syndicaliste

ainsi que sa famille



Le syndicaliste Joinville Frota a échappé à un attentat le 23 août et se cache désormais avec sa famille. Cet homme dirige le syndicat représentant les employés des transports de Macapá, la capitale de l’État d’Amapá (nord du Brésil), et sera candidat au poste de maire lors de l’élection qui se tiendra en octobre.


Joinville Frota est président du Syndicat des conducteurs de véhicules et travailleurs des entreprises de transports routiers de passagers d’Amapá (SINCOTTRAP). Le 23 août vers 2 h 45, un cocktail Molotov a été lancé sur sa maison, qui est en bois. Ayant entendu l’explosion, il s’est levé et a trouvé un mur de sa maison en train de brûler. Avec l’aide de son épouse, de ses filles et de voisins, il a réussi à éteindre le feu. Cet incendie criminel a eu lieu alors qu’un litige opposait le SINCOTTRAP à deux entreprises locales d’autobus au sujet des salaires et des prestations de santé.


Après que Joinville Frota s’est plaint auprès des autorités locales, deux juges du tribunal régional électoral se sont rendus chez lui et ont demandé à la police fédérale de procéder à une expertise judiciaire. Aucune arrestation n’a été effectuée à la suite de celle-ci.


Joinville Frota a demandé à plusieurs reprises la protection de la police fédérale, mais en vain.


L’incendie de sa maison est la dernière en date d’une série d’attaques visant le SINCOTTRAP. En 2003, le siège de ce syndicat a été saccagé. L’année suivante, l’une de ses dirigeantes, l’épouse de Joinville Frota, a été menacée d’un pistolet pointé contre sa tête. En avril 2008, le siège du SINCOTTRAP a été incendié. En mai, Joinville Frota a reçu des menaces de mort alors qu’il dirigeait une grève contre une entreprise d’autobus. Personne n’a été arrêté à la suite d’aucune de ces menaces et attaques.


Joinville Frota travaille comme receveur d’autobus, conducteur et inspecteur de sécurité à Macapá. En 2001, il a été licencié après avoir accusé son employeur de ne pas respecter les accords conclus avec ses salariés à l’issue d’une grève. Il a été rétabli dans ses fonctions après que ses collègues ont protesté. En 2002, il est devenu dirigeant syndical, et depuis lors, il est aux avant-postes d’une campagne visant à améliorer les salaires et les prestations offerts aux travailleurs, ainsi qu’à réduire le prix des tickets de bus.


INFORMATIONS GÉNÉRALES


Partout au Brésil, et en particulier dans le nord du pays, les militants syndicaux continuent d’être la cible de menaces et de violences. Dans l’État voisin du Pará, plusieurs dizaines d’entre eux figurent sur une liste de personnes à abattre établie par des hommes de main à la demande de propriétaires terriens. La police locale refuse souvent d’enquêter sur les allégations de menaces et de violences contre des syndicalistes. De plus, elle est réticente à coopérer avec les programmes nationaux en faveur des défenseurs des droits humains, même lorsqu’on lui demande directement d’assurer la protection des personnes menacées.




ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en portugais ou dans votre propre langue) :

- dites-vous inquiet pour la sécurité de Joinville Frota et de ses proches ;

- exhortez les autorités à offrir sans délai une protection efficace à ces personnes, conformément à leurs souhaits ;

- priez-les de mener une enquête exhaustive dont les résultats seront rendus publics sur l’incendie du 23 août et la série d’attaques dont le Syndicat des conducteurs de véhicules et travailleurs des entreprises de transports routiers de passagers d’Amapá (SINCOTTRAP) a été la cible, afin que les responsables présumés soient déférés à la justice ;

- rappelez-leur l’obligation qui leur incombe de veiller à la sécurité de tous les défenseurs des droits humains et d’enquêter sur les menaces visant ces derniers.


APPELS À :


Ministre de la Justice :

Exmo. Sr. Ministro da Justiça do Brasil

Tarso Fernando Herz Genro

Ministério da Justiça

Esplanada dos Ministérios,

Bloco "T 4 andar

70.712-902 – Brasília/DF, Brésil

Fax : +55 61 3322 6817

Formule d’appel : Vossa Excelência, / Monsieur le Ministre,


Gouverneur de l’État d’Amapá :
Exmo. Sr. Governador do Estado do Amap
á

Antônio Waldez Góes da Silva

Palácio do Setentrião
Rua General Rondon, 259, Centro
CEP 68906-130 – Macapá (AP), Brésil
Fax : +55 96 3212 1104

Formule d’appel : Vossa Excelência, / Monsieur le Gouverneur,


COPIES À :


Président du tribunal régional électoral d’Amapá :

Exmo. Sr. Presidente Carmo Antônio de Souza

Av.Mendonça Junior 1502, Centro
CEP 68900-020 – Macapá (AP), Brésil
Fax : +55 96 3214 1701

+55 96 3223 5471

Formule d’appel : Vossa Excelência, / Monsieur,


ainsi qu’aux représentants diplomatiques du Brésil dans votre pays.


PRIÈRE D’INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 30 OCTOBRE 2008, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S’IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.


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