Informe anual 2012
El estado de los derechos humanos en el mundo

Documento - CUBA.Temor por la seguridad / temor de tortura / intimidación / acoso

ACTION URGENTE



PUBLIC Index AI : AMR 25/002/2006

ÉFAI

8 novembre 2006


AU 298/06 Craintes pour la sécurité / Craintes de torture / Manœuvres d’intimidation /
Actes de harcèlement


CUBA Miguel Valdés Tamayo (h), 49 ans, et ses proches

Juan Carlos González Leiva (h), 41 ans, et ses proches



Miguel Valdés Tamayo et Juan Carlos González Leiva, deux défenseurs des droits humains, ont été la cible de manœuvres d’intimidation et de harcèlement, apparemment en raison de leur action en faveur des droits fondamentaux. Amnesty International craint qu’ils fassent l’objet de nouveaux actes d’intimidation ou que l’on s’en prenne à eux.


Selon certaines informations, Miguel Valdés Tamayo, président de l’association Hermanos Fraternales por la Dignidad (Frères fraternels pour la dignité) et membre de l’Asamblea para promover la sociedad civil en Cuba (Assemblée pour la promotion de la société civile à Cuba), a été agressé physiquement et verbalement le 27 octobre 2006 par un important groupe de personnes rassemblées devant son domicile, à La Havane. Miguel Valdés Tamayo a expliqué que ces individus avaient tenté de l’empêcher de sortir de chez lui en le frappant à la tête, sur le torse et dans le dos. Il s’agissait pour la plupart de femmes, qui seraient membres des Brigadas de Respuesta Rápida (Brigades d’intervention rapide), des groupes de volontaires non armés chargés de prévenir la délinquance et de faire face à toute expression de mécontentement ou d’opposition au régime.


L’avocat Juan Carlos González Leiva, président de la Fundación Cubana de Derechos Humanos (Fondation cubaine des droits humains), a fait l’objet de plusieurs « actes de répudiation », des rassemblements de sympathisants du régime organisés – souvent par les autorités – devant le domicile des dissidents et des militants. Amnesty International pense que ces « actes de répudiation » peuvent s’apparenter à une torture psychologique.


Le 2 novembre, des sympathisants du régime se sont rassemblés à Ciego de Ávila (centre du pays) devant la maison de Juan Carlos González Leiva. Cet homme, qui est aveugle, aurait ainsi été soumis à plusieurs reprises ces derniers mois à des « actes de répudiation ». En janvier 2006, des partisans du gouvernement se sont installés devant chez lui, scandant des slogans en faveur du régime et diffusant de la musique à très haut volume ; ils l’ont empêché de sortir pendant cinq jours. Des personnes qui étaient venues lui rendre visite se sont également trouvées bloquées à l’intérieur. Pendant tout le temps qu’a duré la manifestation, l’eau, le téléphone et l’électricité auraient été coupés et les membres de la famille n’auraient pas pu pénétrer dans la maison.


Selon certaines informations, Juan Carlos González Leiva a déjà été menacé, harcelé et arrêté dans le passé, apparemment en raison de ses opinions politiques et de ses activités en faveur des droits humains. Il a été interpellé le 4 mars 2002 en compagnie d’autres militants des droits humains qui rendaient visite à Jesús Alvárez Castillo, un journaliste hospitalisé après avoir, affirmait-il, été blessé par des policiers. Ayant protesté contre l’agression dont avait été victime Jesús Alvárez Castillo, les militants auraient à leur tour été frappés et arrêtés par des membres des forces de sécurité. Ils auraient été inculpés d’« outrage », de « troubles à l’ordre public », de « rébellion » et de « désobéissance ». Après avoir passé près de deux ans en détention provisoire, Juan Carlos González Leiva a été jugé en compagnie de neuf autres personnes le 26 avril 2004. Condamné à quatre années d’emprisonnement, il devait purger le restant de sa peine assigné à son domicile.


Miguel Valdés Tamayo a été arrêté le 19 mars 2003 et condamné à quinze ans d’emprisonnement pour avoir porté atteinte à l’« indépendance ou l’intégrité territoriale de l’État » (article 91 du Code pénal). Amnesty International l’a adopté comme prisonnier d’opinion. Il a bénéficié d’une mesure de libération conditionnelle pour raison de santé le 9 juin 2004. Il aurait depuis été menacé et harcelé par les forces de sécurité, en particulier au cours de ces derniers mois.



INFORMATIONS GÉNÉRALES

Il est fréquent que les membres d’organisations politiques ou de défense des droits humains non reconnues par les autorités qui exercent leur droit à la liberté d’expression, de réunion et d’association soient la cible de manœuvres d’intimidation, qui visent semble-t-il à les empêcher de mener à bien leurs activités pourtant légitimes et non violentes.


Les « actes de répudiation » sont menés par des sympathisants du régime, qui se rassemblent en masse devant le domicile d’un dissident ou d’un militant considéré comme « contre-révolutionnaire ». La victime est souvent injuriée et intimidée, voire agressée physiquement ; des pierres ou d’autres objets sont parfois lancés contre sa résidence. Ces « actes de répudiation » se tiennent généralement avec la complicité des forces de sécurité. Les Brigades d’intervention rapide et les Comités de Defensa de la Revolución (CDR, Comités de défense de la révolution, une autre organisation de citoyens mise en place par les autorités) y participent parfois. Toutefois, les autorités qualifient régulièrement ces agissement de « manifestations spontanées ». Leur violence s’est accrue ces derniers mois et atteint actuellement un niveau particulièrement préoccupant.



ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :

- engagez les autorités à prendre des mesures immédiates pour garantir la sécurité de Miguel Valdés Tamayo et de Juan Carlos González Leiva ;

- dites-vous préoccupé par le fait que les « actes de répudiation » pourraient constituer des actes de torture psychologique, et demandez aux autorités de mettre un terme aux manœuvres de harcèlement, d’intimidation et de persécution des défenseurs des droits humains et des dissidents politiques qui exercent leur droit à la liberté d’expression, de réunion et d’association ;

- demandez que tous les défenseurs des droits humains et les dissidents politiques puissent exercer leurs activités légitimes et non violentes librement et sans crainte de représailles.



APPELS À :

Chef de l’État et du gouvernement

Raul Castro Ruz

Presidente interino

La Habana, Cuba

Fax : + 53 7 8333085 (via le ministère des Affaires étrangères) ou + 1 2127791697 (via la Mission de Cuba auprès des Nations unies)

Courriers électroniques : f_castro@cuba.gov.cu ou cuba@un.int (via la Mission de Cuba auprès des Nations unies)

Formule d’appel : Su Excelencia / Monsieur le Président de la République par intérim


Procureur général

Juan Escalona Reguera

Fiscal General de la República

Fiscalía General de la República, San Rafael 3, La Habana, Cuba

Fax : + 53 7 669 485 / 333 164

Formule d’appel : Señor Fiscal General, / Monsieur le Procureur général,


Ministre des Affaires étrangères :

Felipe Pérez Roque

Ministro de Relaciones Exteriores,

Ministerio de Relaciones Exteriores, Calzada No. 360, Vedado, La Habana, Cuba

Fax : + 53 7 8333 085 /

Courriers électroniques : cubaminrex@minrex.gov.cu

Formule d’appel : Señor Ministro, / Monsieur le Ministre,

Ministre de l’Intérieur

General Abelardo Coloma Ibarra

Ministro del Interior y Prisiones

Ministerio del Interior, Plaza de la Revolución, La Habana, Cuba

Fax : + 53 7 8301 566

Formule d’appel : Señor Ministro, / Monsieur le Ministre,


COPIES : aux représentants diplomatiques de Cuba dans votre pays.


PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 20 DÉCEMBRE 2006, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

La version originale a été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse suivante :
http://www.efai.org

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