Documento - HONDURAS. Temor por la seguridad
DOCUMENT PUBLIC Index AI : AMR 37/004/2007 – ÉFAI
4 mai 2007
Action complémentaire sur l’AU 78/07 (AMR 37/002/2007 du 29 mars 2007) – Craintes pour la sécurité
HONDURAS Donny Reyes (h), trésorier de l’Asociación Arcoiris (Association Arc-en-ciel), un groupe de défense des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT)
ainsi que les autres membres de l’Asociación Arcoiris
Nouvelle personne menacée :
Josef Fabio Estrada (alias Debora) (h), coordinateur du groupe de l’Asociación Arcoiris consacré aux travestis

Le 20 avril, Josef Fabio Estrada (alias Debora), un travailleur du sexe qui défend les droits des travestis et qui est un collègue de Donny Reyes, a été attaqué par un groupe de cinq hommes. Des agents de police qui se trouvaient à proximité auraient encouragé ses agresseurs à le frapper et l’auraient arrêté après qu’il eut blessé l’un d'entre eux. Il a été inculpé de tentative de meurtre. Il serait détenu dans des conditions dangereuses dans la prison centrale et n’a pas pu bénéficier de soins médicaux.
Josef Fabio Estrada et deux autres travestis travaillaient dans un célèbre quartier de prostitués gays et travestis de Comayagüela, un secteur de Tegucigalpa. Vers 22 heures, ils ont été interpellés et fouillés par une patrouille du poste de police numéro 4. Au même moment, ils ont vu un groupe de cinq hommes, apparemment ivres, s'approcher d'eux. Ils avaient déjà été attaqués à plusieurs reprises dans ce quartier, mais pensaient qu’ils seraient en sécurité puisque la voiture de police était garée à côté d’eux.
L’un des cinq hommes aurait tenté d'enlever la perruque de Josef Fabio Estrada, en disant : « Quel affreux pédé ! » Josef Fabio Estrada a retenu son postiche et ces hommes ont commencé à l'agresser ; ils l'ont jeté au sol, l'ont battu et lui ont arraché ses vêtements.
Les policiers auraient regardé la scène en riant et en lançant des encouragements à ses agresseurs : « Tue cette pédale, frappe-la ! » Ils auraient même empêché les deux autres travestis d’intervenir. Au cours de cette attaque, Josef Fabio Estrada aurait trouvé par terre un objet tranchant – probablement un tesson de bouteille – qu’il aurait utilisé pour se défendre de l’un des cinq hommes. C’est à ce moment-là que les policiers ont fini par intervenir : ils ont arrêté et menotté Josef Fabio Estrada, mais ont laissé partir ses agresseurs présumés.
Josef Fabio Estrada a été inculpé de tentative d’homicide (sans préméditation) et de vol qualifié. Lors d’une audience préliminaire qui a eu lieu le 27 avril, les chefs d’accusation retenus contre lui ont été alourdis : il a été inculpé de tentative de meurtre avec circonstances aggravantes et de vol qualifié.
Depuis cette audience, Josef Fabio Estrada est détenu dans la prison centrale, qui est normalement réservée aux prisonniers condamnés, et non à ceux qui sont en détention provisoire. Il se trouverait dans la « cellule de la mort », où semblent être détenus des prisonniers souffrant de tuberculose, du VIH/sida ou de troubles psychiques. Certains de ses collègues de l’Asociación Arcoiris, qui lui ont rendu visite le 1er mai, ont remarqué qu’il n’avait pas reçu de soins médicaux et qu’il portait des blessures visibles dues à son agression.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Le 18 mars, Donny Reyes, trésorier de l'Asociación Arcoiris et défenseur des droits des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT), aurait été arrêté arbitrairement par la police à Comayagüela.Les policiers l’ont frappé, puis emmené à un poste de police. Ils l’ont laissé plus de six heures dans une cellule, où d’autres détenus l’ont battu et violé à maintes reprises, sous les encouragements d’un policier, semble-t-il. Donny Reyes a porté plainte auprès des autorités. Depuis, il semble que la police cherche à l’intimider.
D’après certaines sources, des travailleurs du sexe arrêtés et placés en détention au poste de police numéro 4 ont été victimes d’atteintes commises par des policiers, qui leur auraient notamment vaporisé du gaz lacrymogène dans les yeux, et les auraient bâillonnés et menottés aux barreaux de leur cellule.
L’Asociación Arcoiris aurait été contrainte de déménager au début du mois de mai, au vu de l’ampleur du harcèlement policier dont elle était la cible. Des voitures de police se garaient, semble-t-il, chaque jour devant les anciens locaux de cette association afin d'intimider ses membres, et des policiers avaient tenté plusieurs fois d’y pénétrer sans raison valable. L’été dernier, les forces de l’ordre y avaient effectué une descente.
D'après certaines organisations non gouvernementales (ONG) présentes au Honduras, entre 1991 et 2003, quelque 200 lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres ont été victimes de meurtre dans ce pays. Peu de ces homicides ont été officiellement enregistrés comme des crimes haineux, et plus rares encore ont été les enquêtes menées dans ces affaires, ou l'ouverture de poursuites contre les responsables présumés.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
- dites-vous gravement préoccupé à la suite des informations selon lesquelles des policiers ont assisté, le 20 avril, à l’agression de Josef Fabio Estrada, au cours de laquelle l’un de ses assaillants a été blessé, sans rien faire pour l’empêcher ;
- demandez instamment aux autorités de prendre les mesures nécessaires pour que Josef Fabio Estrada bénéficie sans délai de soins médicaux et soit transféré de la prison centrale à un centre de détention provisoire ;
- dites-vous profondément inquiet à l’idée que des agents du poste de police numéro 4 de Tegucigalpa aient infligé des traitements extrêmement violents à des membres de l’Asociación Arcoiris et à d’autres lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres qu’ils avaient placés en détention ;
- exhortez les autorités à mener une enquête approfondie et impartiale sur la conduite des policiers présents lors de l’agression de Josef Fabio Estrada, ainsi qu’à sanctionner de manière adéquate les agents des forces de l’ordre reconnus coupables de manquement à leurs devoirs et d’atteintes homophobes.
APPELS À :
Ministre de la Sécurité publique :
Álvaro Romero
Minister of Public Security, Ministry of Public Security
Edificio Pujol, 4to. Piso, Col. Palmira (Blvd. Morazán), Tegucigalpa, Honduras
Fax : +504 220 4352 (Cette ligne n’est
pas accessible en dehors des heures de bureau.
Si une personne décroche, veuillez
dire : « Tono defax, por favor »)
Formule d’appel :Estimado Sr. Ministro, / Monsieur le
Ministre,
Procureur général :
Leonidas Rosa Bautista
Fiscal General del Estado, Ministerio Público, Lomas del Guijarro,
Tegucigalpa, Honduras
Fax : +504 221
5667
Formule d’appel : Estimado Sr. Fiscal General,
/ Monsieur le Procureur général,
COPIES
À :
Responsable de la
police :
Comisionado Salomón
Escota Salinas
Director General
de la Policía Nacional Preventiva, Apartado Postal 3159,
Tegucigalpa, Honduras
Fax : +504 237
9070
Association Arcoiris :
Asociación Arcoiris
Colonia Palmira, Calle Las Acacias, Calzada El Olivo, Casa 238, Esquina opuesta al edificio Italia, Tegucigalpa, Honduras
Fax : +504 208
2834
+504 238 8447
Email:
arcoirisghn@yahoo.com
ainsi qu’aux représentants diplomatiques du Honduras dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 15 JUIN 2007, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a été publiée par
Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse
suivante : http://www.efai.org