Documento - MÉXICO: Temor por la seguridad
ACTION URGENTE
DOCUMENT PUBLIC Index AI : AMR 41/014/2009 – ÉFAI
9 mars 2009
AU 68/09 Craintes pour la sécurité
MEXIQUE Marcelino Coache Verano (h), ainsi que ses proches

Marcelino Coache, militant syndical et chef de file de l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca (APPO), a été enlevé le 4 mars dans la ville d'Oaxaca, torturé pendant plusieurs heures, puis relâché le lendemain matin. Amnesty International est inquiète pour sa sécurité.
Marcelino Coache a été abordé en centre-ville par trois hommes, dont l'un portait un uniforme bleu, juste après avoir quitté une réunion syndicale. Ces inconnus lui ont indiqué qu'il était en état d'arrestation et lui ont montré rapidement un insigne. Ils l'ont alors poussé dans une camionnette garée à proximité, l'ont attaché et lui ont placé un sac sur la tête afin qu'il ne puisse pas voir où ils le conduisaient. Après deux heures de route, Marcelino Coache a entendu le véhicule s'arrêter et une porte s'ouvrir. Une fois à l'intérieur d'un bâtiment, ses ravisseurs l'ont forcé à se déshabiller. Ils l'ont interrogé au sujet de ses finances et de sa famille, mais aucune rançon n'a été demandée pour sa libération.
Ils lui ont donné des coups de poing, l'ont frappé à plusieurs reprises avec la crosse d'un pistolet et lui ont infligé des brûlures de cigarette autour des mamelons et des parties génitales. Au bout de quelques heures, il a entendu un homme entrer dans la pièce et dire : « C'est l'un des rebelles. » Un autre homme a répondu : « Alors on va le tuer. » et il a armé un pistolet. Marcelino Coache a ensuite été poussé dans un véhicule qui a démarré. Il a été relâché dans la municipalité de Zaachila, à une trentaine de kilomètres d'Oaxaca, vers 3 h 30 le 5 mars. Il a réussi à prendre un taxi qui l'a conduit directement à l'hôpital.
Deux jours plus tard, Marcelino Coache a organisé une conférence de presse afin de raconter ce qui lui était arrivé. Pendant cette réunion, il a annoncé qu'il ne porterait pas plainte auprès du bureau du procureur général de l'État d'Oaxaca car il pensait que les autorités de cet État étaient peut-être impliquées dans son enlèvement. Marcelino Coache est inquiet pour sa sécurité et celle de ses proches. Une organisation locale de défense des droits humains a saisi la Commission interaméricaine des droits de l'homme de son cas afin qu'elle adopte des mesures préventives.
Marcelino Coache a déjà été la cible de plusieurs graves attaques auparavant, notamment de menaces et d'agressions physiques. En août 2008, son fils a reçu un appel téléphonique au cours duquel son interlocuteur a déclaré : « On va casser la gueule à ton père. » En janvier 2008, un homme a tenté de lui poignarder l'abdomen alors qu'il descendait de sa voiture, mais n'a réussi à le blesser que superficiellement. Enfin, en août 2007, un policier l'a frappé avec un pistolet et plaqué son visage contre le sol en lui ordonnant d'arrêter de se rebeller.
Par ailleurs, en décembre 2006, Marcelino Coache a été arrêté avec d'autres chefs de file de l'APPO et accusé d'incendie criminel, de sédition et de résistance à une arrestation. Après avoir passé plus de six mois en prison, il a été mis hors de cause.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
En juin 2006, des manifestations de grande ampleur ont éclaté dans l'État d'Oaxaca, avec à leur tête l'Assemblée populaire des peuples d'Oaxaca (APPO). Les manifestants demandaient la démission du gouverneur de l'État, une revendication qui n'a pas été satisfaite. Les violences politiques et les manifestations ont continué tout au long de l'année. Au cours de ces affrontements, 18 civils, sinon plus, auraient été tués, au moins 370 blessés et 349 arrêtés. De nombreux abus ont été signalés : recours excessif à la force, détentions arbitraires, torture et utilisation de chefs d'inculpation forgés de toutes pièces contre des manifestants. Le 16 juillet 2007, au cours de nouveaux heurts violents entre la police et les manifestants, une quarantaine de personnes ont été arrêtées et plusieurs dizaines ont été blessées. Les autorités présumées responsables de ces agissements – aux niveaux de l'État fédéral, des municipalités et de l'État d'Oaxaca – n'ont pas été appelées à rendre des comptes. Si les violences politiques se sont atténuées, les tensions restent vives. Les organisations de défense des droits humains continuent de faire campagne pour que justice soit rendue à la suite de ces atteintes.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en espagnol ou dans votre propre langue) :
- exhortez les autorités à veiller à ce que Marcelino Coache et ses proches bénéficient, conformément à leurs souhaits, des mesures de protection nécessaires à la suite de l'enlèvement et des actes de torture que cet homme a subis le 4 mars ;
- priez-les instamment de mener dans les meilleurs délais une enquête impartiale sur ces faits, de déterminer si des agents des forces de sécurité y ont participé et de déférer à la justice les responsables présumés.
APPELS À :
Procureur général de la République :
Lic. Eduardo Medina-Mora Icaza
Procuraduría General de la República
Av. Paseo de la Reforma nº 211-213, Piso 16
Col. Cuauhtémoc, Delegación Cuauhtémoc
México D.F., C.P. 06500, Mexique
Fax : +52 55 53 46 09 08
Formule d'appel : Señor Procurador General, / Monsieur le Procureur général,
Ministre de l'Intérieur :
Lic. Fernando Francisco Gómez-Mont Urueta
Secretaría de Gobernación
Bucareli 99, 1er. piso,
Col. Juárez, Del. Cuauhtémoc,
México D.F., C.P.06600, Mexique
Fax : +52 55 5093 3414
Courriers électroniques : secretario@segob.gob.mx
Formule d'appel : Señor Secretario, / Monsieur le Ministre,
Gouverneur de l'État d'Oaxaca :
Lic. Ulises Ruiz Ortiz
Gobernador del Estado de Oaxaca
Carretera Oaxaca-Puerto Ángel, Km. 9.5, Santa María Coyotepec,
Oaxaca C.P. 71254, Oaxaca, Mexique
Fax : +52 951 517 5890
Courriers électroniques : gobernador@oaxaca.gob.mx
COPIES À :
Organisation de défense des droits humains :
Centro de Derechos Humanos “Bartolomé Carrasco Briseño”, Mariano Azuela 203, Col. José Vasconcelos
Oaxaca, Mexique. Courriers électroniques : barcadh@prodigy.net.mx
Commission d'État des droits humains (Oaxaca) :
Comisión de Derechos Humanos de Oaxaca, Calle de los Derechos Humanos no. 210, C.P. 68050, Oaxaca, Mexique. Courriers électroniques :correo@cedhoax.org; fax : +52 951 503 0220 (Si une personne décroche, veuillez dire : « me da tono de fax, por favor »)
ainsi qu'aux représentants diplomatiques du Mexique dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 21 AVRIL 2009, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.