Documento - México: Temor por la seguridad, detención arbitraria, amenazas de muerte y tortura - Nicolas Basilio Enr3iquez, activista indígena y su familia
DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 000422 – AMR
41/033/00
AU 193/00
Avertissement : Amnesty International
défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ / ARRESTATION
ARBITRAIRE /
MENACES DE MORT / TORTURE
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MEXIQUE |
Nicolas Basilio Enríquez, militant indigène |
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Londres, le 4 juillet 2000
D'après les informations recueillies, un militant indigène a été enlevé et torturé par des policiers, qui l'ont averti qu'il ne devait en parler à personne. Il n'en a pas moins porté ces agissements à la connaissance d'une organisation nationale de défense des droits humains, et Amnesty International craint que lui et sa famille ne soient victimes de représailles.
Nicolas Basilio Enríquez travaille pour une organisation indigène qui opère dans les États voisins de Veracruz et d'Oaxaca, Convergencia Indigena Popular (CIP, Rassemblement indigène populaire). Le 15 juin, cet homme et d'autres habitants de la communauté de Cruz Verde, à Veracruz, ont été stoppés par la police alors qu'ils se déplaçaient en camionnette vers la principale ville de la municipalité, Playa Vicente.
Les fonctionnaires, qui appartenaient à la Policía judicial del Estato (police judiciaire de l'État), ont demandé à voir les papiers d'identité de Nicolas Basilio Enríquez, puis ont laissé la camionnette poursuivre sa route. Cinq minutes plus tard, un fourgon de police banalisé a apparemment contraint la camionnette à s'arrêter. Des policiers ont forcé Nicolas Basilio Enríquez à monter à l'arrière du fourgon, où il a été interrogé par six hommes, certains en uniforme de la PJE, d'autres en civil ou portant la tenue de la Policía Judicial Federal (PJF, police judiciaire fédérale). Les fonctionnaires lui ont dit qu'ils savaient qui il était et tout ce qu'il faisait, et qu'il ferait mieux de parler. Ils ont affirmé qu'ils avaient un mandat d'arrêt mais n'ont aucunement tenté de le conduire dans un poste de police ou de le faire inculper.
D'après les informations recueillies, les policiers l'ont fait descendre du fourgon, l'ont contraint à de se dévêtir entièrement et l'ont torturé avec un aiguillon électrifié de manière répétée, l'interrogeant sur le CIP, sur un groupe armé d'opposition et sur des activités de trafic de stupéfiants. Au cours des six heures qui ont suivi, il est apparemment demeuré nu et les yeux bandés pendant que les fonctionnaires ne cessaient de le torturer avec l'aiguillon électrique tout en l'interrogeant, dans le fourgon qui roulait. Les policiers lui ont notamment déclaré qu'ils le tueraient s'ils ne leur disait pas où vivait son « patron ».
Ses ravisseurs l'ont finalement relâché non loin de la communauté de Valle, après l'avoir averti qu'il devait conserver le silence sur ce qui s'était passé car ils le surveillaient étroitement, de même que sa famille.
La crainte a d'abord empêché Nicolas Basilio Enríquez de porter plainte auprès des autorités. Néanmoins, au bout de quelques jours, il a décidé de signaler ce qui s'était passé à une organisation non gouvernementale (ONG) de défense des droits humains.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
De nombreux membres d'organisations indigènes ont indiqué que les forces de sécurité les avaient pris pour cible en raison de leurs liens présumés avec des groupes armés d'opposition. Il est de notoriété commune que de tels groupes opèrent dans les États du Chiapas, de Guerrero et d'Oaxaca, situés dans le sud du pays, où les habitants de certaines communautés sont fréquemment victimes d'enlèvements, d'actes de torture ou de menaces de mort, lorsqu'ils ne sont pas tout simplement tués. Les responsables de ces agissements ne sont quasiment jamais traduits en justice. Craignant de faire l'objet de représailles, les victimes sont souvent peu enclines à porter plainte.
Selon un rapport de 1998 consacré au Mexique par la Commission interaméricaine des droits de l’homme, la campagne menée ces dernières années par les forces de sécurité contre les nouveaux groupes armés d'opposition a souvent conduit les autorités à prendre des mesures de répression aveugles contre les organisations à vocation sociale et leurs dirigeants.
ACTION RECOMMANDÉE : télégramme / courrier électronique / fax / lettre exprès / lettre par avion (en espagnol ou dans votre propre langue) :
– appelez les autorités à garantir la sécurité de Nicolas Basilio Enríquez et des membres de sa famille, qui ont apparemment été menacés de représailles par des policiers ;
– demandez instamment que soit menée dans les plus brefs délais une enquête indépendante et impartiale sur les allégations selon lesquelles Nicolas Basilio Enríquez a été enlevé par des policiers, qui l'auraient torturé avec un aiguillon électrifié et menacé de mort ;
– dites-vous préoccupé par les informations indiquant que ces fonctionnaires de police ont affirmé qu'ils avaient un mandat d'arrêt mais qu'ils n'ont aucunement tenté de le faire inculper ou de le conduire dans un lieu de détention officiel ;
– exhortez les autorités à rendre publics les résultats de ces investigations et à traduire en justice tous les responsables.
APPELS À :
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Gouverneur de l'État de Veracruz : Lic. Miguel Aleman Velasco Gobernador del Estado de Veracruz Palacio de Gobierno Enríquez s/n esq. Leandro Valle Col. Centro, CP 91000, Jalapa Estado de Veracruz, MEXIQUE Télégrammes : Gobernador del Estado, Jalapa, Veracruz, Mexique Fax : 5228 18 21 67 Formule d'appel : Estimado Gobernador, / Monsieur le Gouverneur,
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Procureur général de l'État de Veracruz
: Procurador General de Justicia en el Estado Palacio de Gobierno Enríquez s/n esq. Leandro Valle Col. Centro, CP 91000, Jalapa Estado de Veracruz, MEXIQUE Télégrammes : Procurador del Estado, Jalapa, Veracruz, Mexique Fax : 52 28 182167 Courriers électroniques : pgjver@pgjver.gob.mx Formule d'appel : Estimado Procurador, / Monsieur le Procureur général,
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Présidente de la Commission des droits humains de l’État de Veracruz : Licda. Margarita Herrera Ortiz Presidenta de la CEDH del Estado de Veracruz Col. Aguacatal, CP 91130, Jalapa Estado de Veracruz, Mexique Fax : 52 28 145486 (Si un correspondant vous répond, demandez : « Me puede dar tono de fax, por favor. ») Formule d'appel : Estimada Licda. Herrera, / Madame la Présidente, |
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Procureur général de la République
: Procurador General de la República Av. Reforma, esq. Violeta Col. Guerrero México D.F., CP 06300 Mexique Télégrammes : Procurador General República, México DF, Mexique Fax : 52 5 346 0906 Formule d'appel : Señor Procurador General, / Monsieur le Procureur général,
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COPIES À :
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Organisation de défense des droits humains : Liga Mexicana por la Defensa de los Derechos Humanos (LIMEDDHH) Murgia 600 A Esquina Libres Oaxaca, CP 68000 Estado de Oaxaca, Mexique
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ainsi qu’aux représentants diplomatiques du Mexique dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 15 AOÛT 2000, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT
ENCORE INTERVENIR. MERCI.