Documento - États-Unis. Qui sont les détenus de Guantanamo ? Cas d'appel n°25. Ressortissant yéménite : Sanad Ali Yislam al Kazimi
États-Unis
Qui sont les détenus de Guantánamo ?
CAS D’APPEL N°25
Mai 2008
Index AI : AMR 51/033/2008 – ÉFAI
Ressortissant yéménite : Sanad Ali Yislam al Kazimi
Numéro de détenu : 1453
Âge : 38 ans
État civil : marié et père de quatre enfants
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Allégations de torture dans les Émirats arabes unis Sanad al Kazimi, ressortissant yéménite, est détenu sans inculpation ni procès à Guantánamo Bay (Cuba) depuis trois ans et demi. Au total, il a passé près de cinq ans et demi en prison sans inculpation ni jugement. Arrêté dans les Émirats arabes unis en janvier 2003, il a été maintenu plus de huit mois en détention secrète dans des lieux non révélés à Dubaï sur ordre de la police des Émirats avant d’être remis aux autorités américaines. Il a déclaré qu’il avait tout d’abord été incarcéré pendant environ deux mois dans un endroit inconnu à Dubaï ou près de cette ville. Il a ensuite été conduit dans un second lieu de détention à environ deux heures de route, où il a passé six mois. On lui a alors annoncé qu’il allait être renvoyé au Yémen. Pendant tout ce temps, il n’a pu téléphoner qu’une seule fois à sa femme avec son téléphone portable, mais il devait faire comme si tout était normal et ne pas parler de sa détention. Depuis, il n’a pu ni voir ni parler à aucun membre de sa famille. Sanad al Kazimi a décrit à ses avocats américains les tortures et les mauvais traitements auxquels il a été soumis pendant sa détention aux Émirats arabes unis, en particulier :
En octobre 2005, Amnesty International a écrit aux autorités des Émirats arabes unis pour demander des informations sur la disparition et le transfert de Sanad al Kazimi. Elle n’a reçu aucune réponse. Transfert aux autorités américaines en Afghanistan : la « prison des ténèbres » et Bagram « C’est tellement traumatisant qu’il peut à peine en parler […]. Il éclate en sanglots. » - Avocat de Sanad al Kazimi Au lieu d’être renvoyé au Yémen, comme on le lui avait annoncé, Sanad al Kazimi a été remis aux autorités américaines à Kaboul (Afghanistan) en août 2003 et détenu dans la « prison des ténèbres » pendant neuf mois. Il a été ensuite transféré à la base aérienne américaine de Bagram en mai 2004 où il a passé quatre mois. Au cours de sa détention en Afghanistan, il aurait été soumis à des tortures physiques et psychologiques : il a notamment été suspendu par les bras pendant de longues périodes et frappé à coups de câble électrique. Dans ces deux lieux de détention, il a été interrogé par des individus, qu’il pensait venir de Jordanie, sous la surveillance de personnel américain. Selon ses avocats, il n’a pu raconter de manière détaillée ce qu’il avait subi en Afghanistan, car c’était trop horrible. Il a déclaré qu’à la suite des tortures qui lui avaient été infligées dans la « prison des ténèbres », il avait essayé de se suicider à trois reprises en se frappant la tête contre le mur. Voici ce que ses avocats ont raconté à des journalistes : « il s’est tapé la tête contre les murs jusqu’à perdre connaissance […] alors, ils lui ont fait des points de suture. Il a recommencé. Lorsqu’il est revenu à lui, il était enchaîné et on lui a administré des tranquillisants. Il a demandé à aller aux toilettes et a recommencé. » Guantánamo – Isolement, passages à tabac et privation sensorielle
Sanad al Kazimi a été transféré à Guantánamo en septembre 2004. Actuellement il est incarcéré au Camp 6, l’un des camps les plus durs où les détenus sont maintenus dans des conditions d’isolement extrême et de privations sensorielles. Dans ce camp, les détenus sont confinés vingt-deux à vingt-trois heures par jour dans des cellules d’acier individuelles et fermées, où ils sont presque entièrement coupés de tout contact humain. Ce sont des cellules sans fenêtres donnant sur le monde extérieur, sans lumière naturelle ni arrivée d'air frais. Aucune activité n’est proposée et les détenus sont soumis à un éclairage électrique vingt-quatre heures sur vingt-quatre sous le regard constant des gardiens par les ouvertures étroites des portes des cellules. Les détenus font de l'exercice seuls, dans une cour entourée de murs élevés où la lumière du jour parvient peu. Souvent les détenus ne sont autorisés à sortir que la nuit et peuvent ainsi rester plusieurs journées sans voir la lumière du jour. Les autorités étasuniennes ont décrit le Camp 6 comme étant une « installation ultra moderne », plus sûre pour les gardiens et « plus confortable » pour les détenus. Cependant, Amnesty International estime que les conditions, telles qu'elles apparaissent sur des photographies ou sont décrites par des détenus ou leurs avocats, contreviennent aux normes internationales pour un traitement humain. Ces conditions, à certains égards, semblent plus dures que dans les unités de sécurité maximum aux États-Unis, qui ont été critiquées par des instances internationales comme étant incompatibles avec les normes et traités relatifs aux droits humains. Amnesty International s’est, à plusieurs reprises, déclarée préoccupée par les conditions d’incarcération à Guantánamo, en particulier par les conséquences de l’isolement extrême sur la santé mentale et physique de détenus déjà fragilisés par leur détention prolongée pour une durée indéterminée. Le 14 janvier 2007, Sanad al Kazimi aurait été roué de coups de pied et de poing par cinq membres de la Force d’intervention rapide (IRF) de Guantánamo. À la suite de ces mauvais traitements, il présentait de multiples ecchymoses sur le visage, la nuque, les bras et le torse, des œdèmes sur le visage et la nuque, des douleurs aux articulations et aux muscles ainsi que des maux de tête récurrents. Il a déclaré que cette violente agression avait eu lieu après qu’il eut refusé d’ôter une couverture qui recouvrait la partie inférieure de son corps pendant qu’il était aux toilettes, car il ne voulait pas se montrer dénudé devant une gardienne. L’IRF a alors été appelée et les cinq agents en tenue antiémeute ont commencé par lui bloquer la tête, les bras et les jambes avant de lui donner des coups de pied et de poings sur le visage, la nuque le torse, les bras et le dos. Il n’aurait reçu aucun traitement médical pour les blessures qui lui ont été infligées au cours de cette agression. |
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AGISSEZ EN FAVEUR DE Sanad al Kazimi
Veuillez écrire aux autorités américaines en suivant les lignes directrices suivantes :
Veuillez écrire aux autorités des Émirats arabes unis en suivant les lignes directrices suivantes :
Veuillez écrire aux autorités yéménites en suivant les lignes directrices suivantes :
APPELS À : Autorités des États-unis :
Commander Joint Task Force Guantánamo Department of Defense Joint Task Force Guantánamo Guantánamo Bay, Cuba APO AE 09360 Fax : +1 305 437 1241 Formule d’appel : Dear Sir, / Monsieur,
Sandra Hodgkinson Office of Detainee Affairs Office of the Assistant Secretary of Defense 2900 Defense Pentagon Washington DC 20301-2900, États-Unis États-Unis d’Amérique Courrier électronique via le site Internet : http://www.defenselink.mil/faq/comment.html Formule d’appel : Dear Assistant Secretary, / Madame,
Autorités des Émirats arabes unis Vice-Président et Premier Ministre : His Highness Shaikh Mohammad bin Rashid Al-Maktoum, Office of the Prime Minister POB 73311 Émirats arabes unis Fax : +971 4 330 4000 Formule d’appel : Your Highness, / Monsieur le Premier Ministre,
His Excellency Lt-General Sheikh Saif bin Zayed Al Nahyan Ministry of the Interior POB: Abou Dhabi Émirats arabes unis Fax : +971 4 441 4938 Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Autorités yéménites :
His Excellency General Hassan Ali Turkmani President Office of the President Sana’a Yémen Fax : +967 127 4147 Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,
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