Documento - USA (Ohio): 3 more Ohio executions by human rights day?
AU 253/09, AMR 51/107/2009 – États-Unis 29 septembre 2009
ACTION URGENTE
TROIS NOUVELLES EXÉCUTIONS DANS L'OHIO AVANT LA JournÉe des droits de l'homme ?
D'ici à début décembre, trois hommes actuellement incarcérés dans le couloir de la mort de l'Ohio doivent être exécutés par injection létale. Cet État continue de défendre son protocole d'exécution, et plus généralement la peine de mort, malgré l'échec récent d'une tentative d'injection létale.
Lawrence Reynolds, un Blanc âgé de quarante-trois ans, doit être exécuté le 8 octobre.Il a été condamné à mort en juin 1994 pour le meurtre de sa voisine de soixante-sept ans, Loretta Foster, qui a été tuée chez elle le 11 janvier 1994. Darryl Durr, un Noir âgé de quarante-six ans, a été condamné à mort en janvier 1989 pour le meurtre d'une jeune fille de seize ans, Angel Vincent, commis en février 1988. Il doit être exécuté le 10 novembre. Kenneth Biros, un Blanc âgé de cinquante et un ans, doit être exécuté le 8 décembre pour le meurtre de Tami Engstrom, tuée en février 1991 à l'âge de vingt-deux ans. Il a été condamné en octobre 1991.
L'injection létale comme méthode d'exécution a fait l'objet de plusieurs actions en justice ces dernières années aux États-Unis, et des procédures judiciaires continuent d'avoir lieu même depuis que la Cour suprême fédérale a confirmé la constitutionnalité du protocole d'exécution du Kentucky, en avril 2007. La majorité des États américains non abolitionnistes, de même que l'État fédéral, recourent à la même association de trois substances chimiques que le Kentucky pour anesthésier, paralyser et tuer les condamnés à mort.
Le protocole d'injection létale de l'Ohio a suscité une attention accrue depuis le 15 septembre 2009, date à laquelle les autorités de cet État ont tenté d'exécuter Romell Broom. Pendant deux heures environ, l'équipe d'exécution a essayé en vain à maintes reprises de trouver une veine utilisable dans laquelle insérer l'aiguille pour administrer l'injection létale à ce condamné, avant d'abandonner finalement la procédure (voir l'AU 245/09, http://www.amnesty.org/fr/library/info/AMR51/104/2009/fr,et sa mise à jour, http://www.amnesty.org/fr/library/info/AMR51/105/2009/fr). L'exécution de Romell Broom a été suspendue, mais les autorités prévoient toujours d'ôter la vie aux trois autres hommes nommés ci-dessus.
Les avocats de Lawrence Reynolds ont demandé un sursis pour leur client.Dans un dossier déposé auprès de la cour fédérale d'appel du sixième circuit le 24 septembre, ils font valoir le fait que l'exécution ratée de Romell Broom constitue un nouvel élément révélateur d'« un ensemble de graves problèmes relatifs à l'administration de l'injection létale dans l'Ohio », notamment deux autres exécutions « bâclées »au cours des trois dernières années (voir ci-après). Ils soulignent également que les responsables des pouvoirs publics n'ont pas intégré de plan d'urgence dans le protocole d'injection létale de l'Ohio en cas de difficulté à accéder aux veines du prisonnier condamné, et qu'« ils veulent maintenant croiser les doigts en espérant que tout se passera bien le 8 octobre 2009 ». Ils ont présenté un recours similaire en faveur d'un sursis devant la cour suprême de l'Ohio le 28 septembre.
À l'issue d'une audience qui s'est déroulée le 10 septembre, le Comité des grâces et des libérations conditionnelles de l'Ohio a voté contre la recommandation d'une mesure de clémence en faveur de Lawrence Reynolds.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS, et que vous rédigerez (en anglais ou dans votre propre langue) en utilisant vos propres mots :
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déclarez-vous inquiet à l'idée que d'autres exécutions soient programmées dans l'Ohio ;
-
exhortez les autorités à instaurer un moratoire sur les exécutions dans cet État ;
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expliquez que vous ne cherchez aucunement à excuser la criminalité violente ni à minimiser les souffrances qu'elle cause à ses victimes.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 10 NOVEMBRE 2009 À :
Gouverneur de
l'Ohio :
Governor Ted Strickland
Governor's Office, Riffe Center, 30th Floor
77 South High Street, Columbus, OH
43215-6108
États-Unis
Fax : +1 614 466 9354
Formule d'appel : Dear Governor, / Monsieur le Gouverneur,
Directeur de
l'administration pénitentiaire de
l'Ohio :
Terry J. Collins, Director
Department of Rehabilitation and Correction
770 West Broad Street
Columbus, Ohio 43222, États-Unis
Formule d'appel : Dear Director Collins, / Monsieur,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques des États-Unis dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
TROIS NOUVELLES EXÉCUTIONS DANS L'OHIO AVANT LA JOURNÉE DES DROITS DE L'HOMME ?
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Amnesty International est opposée à la peine de mort en toutes circonstances et sans condition, quelle que soit la méthode choisie pour tuer le condamné. Ce châtiment est fondamentalement cruel et dégradant ; il est incompatible avec la dignité humaine. Mettre un terme à la peine capitale, c'est abandonner une politique qui détourne des vrais problèmes et sème la destruction et la division, une politique incompatible avec des valeurs largement partagées. Non seulement ce châtiment comporte un risque d'erreur irréparable, mais il coûte cher, que ce soit en deniers publics ou en termes sociaux et psychologiques. Il n'a jamais été prouvé qu'il ait un effet plus dissuasif que les autres peines. Il tend à être appliqué de manière discriminatoire, en fonction des origines ethniques et sociales, et il empêche toute possibilité de réconciliation et de réinsertion. En outre, la peine de mort prolonge la souffrance de la famille de la victime et l'étend aux proches du condamné. Enfin, elle accapare des ressources qui pourraient être utilisées plus efficacement pour lutter contre les crimes violents et aider ceux qu'ils affectent.
À l'heure actuelle, 139 pays sont abolitionnistes en droit ou en pratique. Néanmoins, depuis la reprise des exécutions judiciaires aux États-Unis en 1977, les autorités de ce pays ont ôté la vie à 1 175 personnes, dont 1 004 par injection létale, méthode actuellement présentée comme « humaine » par les partisans de la peine capitale.
Des exécutions « bâclées » ont régulièrement lieu aux États-Unis, notamment dans l'Ohio. Ainsi, en mai 2006 dans cet État, il a fallu vingt-deux minutes à l'équipe d'exécution pour trouver une veine utilisable sur le bras de Joseph Clark afin d'y insérer le cathéter. Au bout de quelques minutes, cette veine a éclaté et le bras du condamné a commencé à enfler. L'équipe a alors tenté de trouver une autre veine pendant encore trente minutes, tandis que les témoins entendaient « des gémissements, des cris et des bruits gutturaux » provenant de derrière le rideau. Le décès de Joseph Clark a été prononcé environ quatre-vingt-dix minutes après le début de son exécution. L'année suivante, également dans l'Ohio, l'équipe d'exécution a eu beaucoup de mal à trouver des veines utilisables sur les bras de Christopher Newton, et ce prisonnier n'a été déclaré mort que presque deux heures après le début de la procédure d'exécution.
Depuis le début de l'année 2009, 39 personnes ont été exécutées aux États-Unis, dont quatre dans l'Ohio. L'Ohio a exécuté 32 prisonniers depuis la reprise des exécutions dans cet État, en 1999. Tous ont été tués par injection létale.
AU 253/09, AMR 51/107/2009, 29 septembre 2009
