Documento - ¿Quienes son los detenidos de Guantánamo?. CASO 18
ÉTATS-UNIS
Qui sont les détenus de Guantánamo ?
CAS D'APPEL N°18
Fawzi al Odah
AMNESTY INTERNATIONAL
Document public
Index AI : AMR 51/156/2006
ÉFAI
Octobre 2006
Ressortissant koweïtien : Fawzi Khaled Abdullah Fahad al Odah
Numéro de détenu : 232
Âge : vingt-neuf ans
Profession : enseignant
«Ici, je suis devenu un vieil homme.
Je n'ai que vingt-neuf ans, mais après quatre ans de régime d'isolement cellulaire,
je suis devenu vieux et beaucoup plus faible»
Fawzi al Odah
Fawzi al Odah est l'un des quatre Koweïtiens qui sont toujours détenus à Guantánamo sans inculpation ni jugement. Selon sa famille, il s'était rendu au Pakistan en août 2001 puis avait travaillé en Afghanistan jusqu'à l'invasion étasunienne. Il avait alors gagné la frontière pakistanaise pour échapper aux bombardements. Il avait été capturé avec quatre autres Koweitiens en janvier 2002 à la frontière, sur le territoire pakistanais, puis emprisonné. Plus tard, il avait été remis aux forces étasuniennes, qui l'avaient détenu à Kandahar, en Afghanistan, avant de le transférer à Guantánamo.
Le 7 mai 2002 Fawzi al Odah a écrit à ses parents : «Actuellement je suis détenu par les forces étasuniennes et l'enquête se poursuit […]. Mon innocence sera bientôt reconnue et je pourrai alors retourner vers vous…». Plus de quatre ans plus tard ses parents attendent toujours son retour.
Arrestation et détention
Lors d'une enquête effectuée par Newsweeket que ce magazine a publié en juillet 2002, des villageois pakistanais ont dit se souvenir de l'arrivée, le 16 décembre 2001, de ces cinq Koweïtiens, qui avaient traversé la frontière. Selon le guide qui les avait conduits à travers la montagne, ces hommes étaient faibles, inquiets, mal vêtus, et étaient des grimpeurs inexpérimentés. Ils avaient trouvé refuge chez un chef de tribu pakistanais qui les avait bien traités, mais qui, plus tard, les avait vendus aux autorités pakistanaises. Celles-ci les avaient maintenus en détention pendant trois jours à la prison d'Alizai.
Fawzi al Odah et ses quatre compagnons auraient ensuite été cagoulés, enchaînés et jetés à l'arrière de camions qui les auraient transportés jusqu'à une prison de Kohat, au Pakistan. Un billet qu'ils étaient parvenus à remettre à l'un des gardes, mais qui n'avait jamais atteint son destinataire (l'ambassade du Koweit) a par la suite refait surface et a été transmis au reporter de Newsweek. Dans ce message, les hommes avaient écrit : «Nous avons été contraints d'aller à Tora Bora parce qu'il n'y avait aucun autre endroit sûr […]C'est notre troisième jour en prison et nous vivons dans des conditions inhumaines. Nous comptons sur votre compassion et espérons que vous ouvrirez une enquête sur notre cas.»Plus tard, Fawzi al Odah a déclaré qu'au cours de sa détention à Kandahar, avant son transfert à Guantánamo, il avait été cruellement torturé par les forces étasuniennes.
Transfert à Guantánamo
«Je sais, par expérience personnelle dans l'armée de l'air comme il devait faire froid : pendant des heures ils sont restés allongés sur le métal, à l'arrière de l'avion, pieds et poings liés, avec un révolver pointé sur eux et un drapeau américain flottant au dessus». Khaled, père de Fawzi al Odah, ancien pilote de l'armée koweïtienne.
Fawzi al Odah et trois autres détenus koweïtiens ont été transférés à Guantánamo en mai 2002. Comme les autres détenus, ils ont été vêtus de combinaisons oranges, enchaînés, attachés et ils ont eu les yeux bandés pendant le vol. Ils ont été détenus dans les cellules grillagées du camp X-Ray et ont dû pendant la journée supporter un soleil de plomb et de basses températures la nuit.
Lorsque les médias du monde entier ont commencé à rapporter des allégations selon lesquelles les violences étaient monnaie courante à Guantánamo, les parents de Fawsi sont devenus de plus en plus inquiets au sujet de leur fils. Ils n'ont reçu de lui que quelques billets largement censurés et comme les médias faisaient régulièrement état d'informations relatives aux sévices subis par les prisonniers, «chaque jour[nous] apportait de nouvelles raisons de désespérer[…]. L'idée que chaque jour de telles brutalités ont lieu nous plonge dans la douleur et la terreur.»
En mars 2006, la BBC a diffusé un entretien avec Fawzi al Odah qui avait été organisé par les soins de son avocat. Interrogé au sujet de sa détention, il a déclaré : «Le vrai problème est d'être ici sans raison, sans espoir, sans pouvoir être entendu[…]. Ils prennent les décisions. Il faut que nous soyons libérés ou que nous ayons la possibilité de montrer que nous sommes innocents…».
Grève de la faim
«L'infirmière m'a enfoncé un tube dans le nez si rapidement que j'ai commencé à étouffer, à saigner du nez et à cracher du sang. Ils n'ont pas utilisé d'anesthésiant.»(Fawzi al Odah, le 10 octobre 2005)
Fawzi al Odah a entrepris de participer à une grève de la faim à Guantánamo le 8 août 2005. À la mi-novembre son avocat lui a rendu visite et a constaté qu'il avait perdu du poids d'une manière spectaculaire malgré l'alimentation forcée. À cette époque, les médecins ont attiré l'attention sur le fait que Fawzi était en danger de mort ou, pour le moins, risquait de subir des dommages organiques irréversibles.
Le 10 octobre 2005, Fawzi al Odah a rédigé un texte sur ce qu'il avait vécu pendant sa grève de la faim et sur les méthodes d'alimentation forcée. Il y relate que pendant les deux premières semaines de son action, il n'a reçu ni soins médicaux ni aide psychologique. Personne n'est venu s'enquérir des raisons pour lesquelles il refusait de s'alimenter. Par la suite il a été alimenté de force à l'aide d'une sonde nasale alors qu'il était enchaîné. Il aurait souvent été exposé à des bruits assourdissants lorsqu'il essayait de dormir et aurait été traité brutalement par des gardiens et des infirmières.
Fawzi al Odah a mis fin à sa grève de la faim le 11 janvier 2006 après avoir été menacé d'être à nouveau enchaîné et nourri de force. Il indique que la veille il avait entendu les cris d'un détenu qui était soumis à ce traitement dans une pièce voisine, ainsi que les paroles d'un médecin qui disait à ce détenu : «Je suis obligé de vous faire çà, je suis obligé de vous faire mal». Ce même détenu aurait par la suite conseillé à Fawzi d'accepter de s'alimenter pour éviter une telle souffrance.
Fawsi al-Odah a raconté à son avocat que certains grévistes de la faim avaient été contraints d'uriner et de déféquer sur eux parce qu'ils demeuraient attachés sur des chaises d'immobilisation. Certains auraient vomi du sang. Selon l'avocat de Fawzi al Odah «Il ne fait aucun doute que les autorités ont eu recours à la force et aux méthodes les plus brutales pour faire cesser cette grève de la faim».
Actions menées au Koweït
«… quand je rentre chez moi après le travail, ma femme pleure dans un coin.
Je ne sais pas quoi faire.
Je tente de la consoler, mais il m'arrive de me réveiller la nuit et de la trouver dans la chambre de Fawzi.
Nous ne devons pas laisser cette chambre à l'abandon, elle doit rester accueillante jusqu'à ce qu'il revienne.»
Khaled al Odah
La famille de Fawzi al Odah n'a rien su de son arrestation au Pakistan jusqu'au jour où elle a vu son nom sur une liste publiée par Internet, citant les noms de personnes détenues à Kohat, parmi lesquels les ressortissants koweïtiens. Ses parents et ceux des autres Koweïtiens détenus ont aussitôt pris l'initiative de créer le Comité des familles de Koweïtiens détenus, avec son symbole, le ruban jaune. Depuis qu'il existe, ce Comité n'a pas cessé de faire campagne activement en faveur des détenus. Il a notamment créé un site sur Internet et a organisé des manifestations à Londres et dans la ville de Koweït. Le père de Fawzi est le porte-parole du Comité.
Huit des douze Koweïtiens initialement détenus à Guantánamo ont été renvoyés au Koweït. Certains y sont toujours inculpés, mais quatre d'entre eux ont été libérés sans inculpation et ont retrouvé leurs familles.
«Merci infiniment pour vos courriels, pour votre compassion et votre soutien ainsi que pour vos lettres aux autorités des États-Unis et du Koweït. Cela conforte nos espoirs, maintient notre moral et nous fait sentir que nous ne sommes pas seuls et abandonnés dans ce monde tourmenté.»Khaled al Odah, dans une réponse à une lettre de soutien envoyée par un membre d'Amnesty International au Danemark.
AGISSEZ EN FAVEUR DE
Fawzi al Odah
Dans vos lettres aux autorités des États-Unis :
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demandez instamment que Fawzi al Odah soit libéré de Guantánamo, à moins qu'il ne soit inculpé et jugé conformément aux normes internationales d'équité par un tribunal qui n'applique pas la peine de mort ;
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demandez-leur instamment d'ouvrir immédiatement une enquête sur toutes les allégations selon lesquelles Fawzi al Odah a été torturé et maltraité au cours de sa détention par les forces étasuniennes en Afghanistan et à Guantánamo, et de veiller à ce que tous les responsables présumés de ces actes soient sanctionnés ;
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exhortez-les à tenir la famille de Fawzi al Odah pleinement informée de son statut juridique, de son état de santé et de ses conditions de vie, et à veiller à ce qu'il puisse communiquer dans de bonnes conditions avec elle ;
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demandez-leur instamment de fermer le centre de détention de Guantánamo et de faire en sorte que les détenus soient libérés ou inculpés et jugés conformément aux normes internationales d'équité par un tribunal ne pouvant prononcer la peine de mort ;
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appelez-les à créer une commission indépendante et impartiale chargée d'enquêter sur tous les aspects de la politique et des pratiques en matière de détention dans le cadre de la «guerre contre le terrorisme» menée par les États-Unis.
Veuillez envoyer vos appels à :
Général de division
Major General Glenn F. Spears
Deputy Commander United States Southern Command
3511 NW 91st Ave., Miami, FL, 33172-1217
États-Unis
Fax : +1 305 437 1077
Formule d'appel :
Dear Major General/ Mon Général, (si c'est un homme qui écrit) ou Général, (si c'est une femme qui écrit)
Courriel :
http://www.southcom.mil/home/
Adjoint du ministre de la Défense chargé des questions relatives aux détenus
Charles D Stimson
Deputy Assistant Secretary of Defense for Detainee Affairs
2500 Defense Pentagon 5E420
Washington, DC 20301
États-Unis
Fax : +1 703 697 6166
Formule d'appel:
Dear Deputy Assistant Secretary of Defense/ Monsieur
Copies à :
Secrétaire d'État
The Honorable Condoleezza Rice
Secretary of State
U.S. Department of State
2201 C Street, N.W.
Washington DC 20520
États-Unis
Tél : + 1 202 647 4000
Fax : + 1 202 261 8577
Courriel : Secretary@state.gov
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