Documento - USA: Death penalty / Legal concern - Wanda Jean Allen
ACTION URGENTEi
DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 000739 – AMR 51/177/00
AU 355/00
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PEINE DE MORT / PRÉOCCUPATIONS D’ORDRE JURIDIQUE
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ÉTATS-UNIS (OKLAHOMA) |
Wanda Jean Allen (f), noire, 41 ans |
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Londres, le 17 novembre 2000
Wanda Jean Allen doit être exécutée dans l'État d'Oklahoma le 11 janvier 2001. Elle a été condamnée à mort en 1989 pour avoir tué sa maîtresse, Gloria Leathers, à Oklahoma City en 1988. L'audience consacrée à l'examen de son recours en grâce par le Comité des grâces et des libérations conditionnelles de l’Oklahoma est prévue pour le 15 décembre.
Ces deux femmes, qui s'étaient rencontrées en prison, entretenaient une relation tumultueuse ; chacune d'elle avait appelé la police à leur domicile plus d'une fois à la suite d'une violente scène de ménage. Gloria Leathers est morte au terme d'une querelle prolongée, qui avait commencé dans un magasin local, s'est poursuivie au domicile du couple et s'est conclue de manière tragique devant un poste de police. Wanda Jean Allen a affirmé qu'elle avait agi en situation de légitime défense, soutenant que Gloria Leathers l'avait frappée au visage avec un grattoir tandis qu'elles se querellaient à leur domicile, puis que sa compagne était revenue à la charge avec le même instrument devant le poste de police. Wanda Jean Allen a alors fait feu sur Gloria Leathers, qui est décédée quatre jours plus tard, le 5 décembre 1988. La blessure infligée à Wanda Jean Allen à l'aide du grattoir était toujours visible sur son visage le 6 décembre, lorsqu'elle a été photographiée en prison.
Les proches de Wanda Jean Allen ont pris contact avec un avocat qu'ils connaissaient. Pensant que la jeune femme n'encourait pas la peine capitale, il a accepté de se charger de sa défense pour une somme de 5 000 dollars (environ 5 700 euros). La famille lui a versé un acompte de 800 dollars. L'État a ensuite inculpé Wanda Jean Allen de meurtre avec circonstances aggravantes et annoncé qu'il allait requérir la peine de mort à son encontre. L'avocat a alors demandé au juge de lui permettre de se décharger de l'affaire, en faisant valoir qu'il ne disposait pas des ressources nécessaires pour représenter une personne passible de la peine capitale. Il avait appris que les proches de Wanda Jean Allen n'avaient pas les moyens de recourir aux services d'un enquêteur ni de quelque autre expert que ce soit susceptible de l'aider à défendre la jeune femme, et qu'ils ne pourraient pas non plus lui verser les 4 200 dollars dont ils lui étaient encore redevables. Il a déclaré que si un avocat commis d'office était chargé de défendre Wanda Jean Allen, il était prêt à le seconder gratuitement. L'accusation s'est opposée à la requête de l'avocat et la cour ne l'a pas autorisé à se décharger de l'affaire. Il a donc été contraint de défendre Wanda Jean Allen pour une somme totale de 800 dollars, sans bénéficier de l'assistance d'un autre juriste ou d'un enquêteur, et en étant privé des ressources nécessaires pour recourir aux services de témoins experts. En outre, c'était la première fois qu'il représentait une personne passible de la peine capitale.
Les éléments de preuve indiquant que Gloria Leathers s'était fréquemment illustrée par des comportements violents, notamment qu'elle avait tué une femme avec une arme blanche à Tulsa en 1979, devaient étayer de manière essentielle la thèse de la légitime défense, mise en avant par l'avocat de Wanda Jean Allen au cours du procès. L'accusée a déclaré sous serment qu'elle craignait Gloria Leathers car cette dernière s'était vantée d'avoir commis ce meurtre. La défense a tenté de corroborer ses affirmations en faisant citer à comparaître la mère de Gloria Leathers, à laquelle sa fille avait également parlé de cet homicide. L'accusation a toutefois soulevé une objection, et la cour a interdit la production de ce témoignage. Alors que le représentant du ministère public avait connaissance des faits qui s'étaient déroulés à Tulsa, il a déclaré au jury : « Quel que soit le nombre de fois où [la défense] vous dit que Gloria Leathers […] a tué quelqu'un, […] l'accusée est la seule personne à avoir prononcé devant vous ces allégations. Veuillez vous en souvenir, l'accusée est la seule personne à avoir prononcé devant vous ces allégations. » Le représentant du ministère public avait d'ores et déjà dépeint Wanda Jean Allen sous les traits d'une menteuse sans états d'âme. Ainsi, relevant que la jeune femme avait pleuré tout au long du procès, l'accusation avait suggéré aux jurés que ses larmes n'avaient rien de sincère et qu'elles ne faisaient que confirmer son hypocrisie.
Dans une déclaration faite sous serment en 1991, l'avocat de la défense a indiqué qu'après le procès, il avait appris que le quotient intellectuel (QI) de Wanda Jean Allen avait été évalué à 69 alors qu'elle était âgée de quinze ans, et que le médecin qui l'avait examinée avait recommandé qu'elle subisse des examens neurologiques, car elle présentait des symptômes de lésion cérébrale. L'avocat a ajouté qu'il n'avait « effectué aucune recherche sur les antécédents médicaux ou psychologiques [de sa cliente] ni sollicité l'assistance du moindre expert » pouvant contribuer à la défense de la jeune femme au cours du procès.
Un psychologue a fait subir un examen approfondi à Wanda Jean Allen en 1995 et découvert « des preuves claires et convaincantes de déficits cognitif et sensorimoteur ainsi que de dysfonctionnement cérébral » peut-être liés à une blessure à la tête datant de son adolescence. Alors qu'elle avait douze ans, Wanda Jean Allen avait perdu conscience après avoir été heurtée par un camion, et vers l'âge de quatorze ou quinze ans, elle avait été poignardée à la tempe gauche. Selon ce même expert, la jeune femme présentait des « déficiences intellectuelles prononcées » et avait un QI de 80. Il a décelé chez elle un « dysfonctionnement particulièrement marqué de l'hémisphère gauche », réduisant sa « capacité de compréhension, sa capacité de s'exprimer logiquement, [et] sa capacité d'analyser les relations de cause à effet ». Il est également parvenu à la conclusion que Wanda Jean Allen était « de manière chronique plus susceptible qu'autrui d'être désorganisée par les tensions de la vie quotidienne – et donc plus susceptible de perdre le contrôle de ses actes en situation de stress ».
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Depuis que les exécutions judiciaires ont repris aux États-Unis en 1977, 677 condamnés à mort ont été tués dans ce pays, parmi lesquels cinq femmes : Velma Barfield, exécutée en Caroline du Nord en 1984, Karla Faye Tucker, tuée au Texas en 1998, Judy Buenoano, exécutée en Floride en 1998, Betty Lou Beets, tuée au Texas en l'an 2000, et Christina Riggs, exécutée en Arkansas cette année également. D'après les informations dont dispose Amnesty International, la dernière Afro-Américaine ayant subi un tel sort sur le territoire américain est Betty Butler, qui a été exécutée dans l'Ohio en 1954. Tuée en 1903, Dora Wright est la dernière femme à laquelle les autorités de l'Oklahoma aient ôté la vie.
ACTION RECOMMANDÉE : fax / lettre exprès / lettre par avion / courrier électronique (en anglais, en français ou dans votre propre langue) :
Rédigez vos appels en utilisant vos propres mots et en vous inspirant des recommandations qui figurent ci-après :
– faites part de votre compassion pour les parents et amis de Gloria Leathers, et soulignez que vous ne cherchez en aucune manière à excuser l'homicide dont elle a été victime ;
– dites-vous préoccupé par le fait que l'avocat chargé de défendre Wanda Jean Allen au cours de son procès ne disposait pas des ressources nécessaires, que ce soit en termes d'investigations ou d'expertise, pour représenter de manière satisfaisante une personne passible de la peine de mort, tant pendant l'audience sur la détermination de la culpabilité que pendant l'audience sur la peine ;
– soulignez que le jury est demeuré dans l'ignorance des déficiences mentales prononcées dont souffre Wanda Jean Allen, qui ont été mises en évidence au cours d'examens réalisés après son procès, et faites valoir que ces déficiences auraient dû être prises en compte afin de déterminer le degré de responsabilité de l'accusée, et invoquées à titre de circonstances atténuantes ;
– mettez en avant le fait que l'exécution de toute personne affectée de troubles mentaux ainsi que de tout individu n'ayant pu bénéficier d'une assistance judiciaire appropriée est contraire aux normes internationales ;
– (avant le 15 décembre) exhortez le Comité des grâces et des libérations conditionnelles de l’Oklahoma à recommander au gouverneur Frank Keating d'accorder sa grâce à Wanda Jean Allen ;
– (après le 15 décembre) appelez le gouverneur Frank Keating à user de toute l'autorité et de toute l'influence dont il dispose pour empêcher l'exécution de cette femme.
APPELS À :
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Comité des grâces et des libérations conditionnelles de l’Oklahoma (appels à faire parvenir au destinataire avant le 15 décembre 2000) : Oklahoma Pardon and Parole Board 4040 North Lincoln Boulevard, Suite 219 Oklahoma City, OK 73105, États-Unis Fax : + 1 405 427 6648 Formule d'appel : Dear Board Members, / Mesdames et Messieurs, |
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Gouverneur de l’Oklahoma (appels à faire parvenir au destinataire après le 15 décembre 2000) : Governor Frank Keating Capitol Building, Oklahoma City OK 73105, États-Unis Fax : + 1 405 521 3353 Courriers électroniques : governor@oklaosf.state.ok.us Formule d'appel : Dear Governor, / Monsieur le Gouverneur, |
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COPIES aux représentants diplomatiques des États-Unis dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
iLa version originale a été publiée par
Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni. Seule la version anglaise fait foi.
La version française a été traduite et diffusée par les Éditions
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