Documento - Bangladesh. Tortura
DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 020200 – ASA
13/003/02
AU 91/02
Avertissement : Amnesty International
défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
TORTURE
|
BANGLADESH |
Bahauddin Nasim (h) |
________________________________________________________________________________________________________
Londres, le 26 mars 2002
D'après les informations recueillies, deux responsables du principal parti d'opposition du Bangladesh, l'Awami League (Ligue Awami), ont été sauvagement torturés alors qu'ils étaient détenus par la police et par l'armée. Il semble qu'ils aient été arrêtés pour des motifs politiques. Il est fortement à craindre qu'ils ne soient de nouveau victimes de sévices. Mohiuddin Alamgir est apparemment privé des médicaments requis par son diabète, sans lesquels il risque de tomber gravement malade et, finalement, de sombrer dans le coma.
Bahauddin Nasim travaille comme secrétaire particulier pour le dirigeant de l'Awami League, Sheikh Hasina. Alors qu'il était au pouvoir depuis juillet 1996, ce parti a été battu aux élections d'octobre 2001 par le Bangladesh Nationalist Party (BNP, Parti nationaliste du Bangladesh), dirigé par la bégum Khaleda Zia, qui est aujourd'hui Première ministre.
Bahauddin Nasim a été interpellé à l'aéroport international de Zia, à Dacca, le 28 février, alors qu'il s'apprêtait à se rendre en avion à New York. Il s'est vu déclarer qu'il était arrêté parce qu'il était soupçonné d'avoir organisé une attaque menée en juin 2001 contre un cortège d'automobiles à bord duquel se trouvait la bégum Khaleda Zia, alors dirigeante de l'opposition. Le lendemain, le 1er mars, un tribunal a ordonné son maintien en garde à vue. Ses avocats ont averti le tribunal qu'il risquait d'être torturé, si bien que le tribunal a formellement indiqué à la police qu'il ne devait pas être maltraité en garde à vue.
Tandis qu'il se trouvait aux mains de la police et de l'armée dans la capitale, Dacca, Bahauddin Nasim affirme que des membres des forces de sécurité lui ont lié les mains et les pieds, qu'ils lui ont recouvert la tête d'un sac, qu'ils l'ont suspendu la tête en bas à ce qui ressemblait à un ventilateur de plafond, et qu'ils l'ont fait tourner tout en le frappant sauvagement avec des bouteilles en verre remplies d'eau sur les fesses, les genoux, les coudes, les hanches et les parties génitales. Il affirme également qu'il a été soumis à des décharges électriques. Il aurait été torturé pendant cinq jours, dans la salle d'interrogatoire utilisée à la fois par l'armée et la police.
À la suite d'une décision de justice du 1er mars, il a été autorisé à recevoir la visite de ses avocats et de sa famille, et il a leur a fait part des violences dont il avait été victime. Lorsqu'il s'est plaint de vives douleurs, les autorités bangladaises ont chargé une commission médicale de l'examiner. La commission a remis une brève note au tribunal, indiquant simplement que Bahauddin Nasim souffrait « d'une douleur bénigne à la colonne vertébrale ». Elle ne faisait aucune allusion à ses allégations de torture, et certains éléments portent à croire que cette commission n'a pas gardé trace de la description des sévices dont Bahauddin Nasim affirme avoir été victime, ou qu'elle ne l'a pas incluse dans la note en question. Les proches de cet homme ont demandé qu'il puisse être soigné par une autorité médicale indépendante, mais en vain jusqu'ici.
Mohiuddin Alamgir a été, quant à lui, appréhendé à l'aéroport international de Zia le 15 mars, dans le cadre d'une enquête sur des allégations indiquant qu'il avait incité des responsables gouvernementaux et des fonctionnaires à participer début 1996 à un rassemblement contre le gouvernement BNP de l'époque, qui était dirigé par la bégum Khaleda Zia. L'actuel gouvernement BNP a ouvert des procédures disciplinaires contre plus de 180 fonctionnaires qui avaient pris part à ce rassemblement.
Le 24 mars, Mohiuddin Alamgir a été présenté à un tribunal après qu'eut été introduite en sa faveur une requête demandant que la police le conduise devant cette juridiction. Il a déclaré que tandis qu'il était en garde à vue, trois hommes masqués l'avaient battu avec des lathis (longues matraques en bambou) et des bouteilles en verre remplies d'eau. Il a affirmé qu'il avait été sauvagement frappé sur les pieds, les fesses et d'autres parties musculaires, et qu'il n'avait pas été autorisé à prendre les médicaments requis par son diabète. Il a demandé au magistrat d'enregistrer sa déclaration, mais celui-ci s'est apparemment contenté de noter qu'il avait été torturé et n'a ordonné aucune enquête.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que
vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés
ci-après (en anglais ou dans
votre propre langue) :
– dites-vous préoccupé par les informations selon lesquelles Bahauddin Nasim et Mohiuddin Alamgir ont été torturés en détention ;
– exhortez le gouvernement à veiller à ce que les allégations de torture de ces deux hommes donnent lieu à une enquête digne de ce nom, confiée à un organe indépendant ;
– appelez les autorités à traduire en justice tout membre des forces de sécurité soupçonné sur la base d'éléments probants d'avoir eu recours à la torture ;
– demandez instamment aux autorités de permettre à ces deux hommes de se faire examiner par une autorité médicale indépendante et impartiale.
APPELS À :
|
Première ministre : Prime Minister Begum Khaleda Zia Office of the Prime Minister Gona Bhaban Sher-e Bangla Nagar Dhaka, Bangladesh Télégrammes : Prime Minister Zia, Dhaka, Bangladesh Fax : + 880 2 811 3243 Formule d'appel : Dear Prime Minister, / Madame la Première Ministre,
|
|
Ministre de l’Intérieur : Mr Altaf Hossain Chowdhury Minister of Home Affairs Ministry of Home Affairs Bangladesh Secretariat, Building 4 Dhaka, Bangladesh Télégrammes : Minister of Home Affairs Chowdhury, Dhaka, Bangladesh Fax : + 880 2 861 9667 Formule d'appel : Dear Home Minister, / Monsieur le Ministre, |
Inspecteur général de la police :
Mr. Nurul Huda
Inspector General of Police
Police Headquarters, Fulbaria
Dhaka, Bangladesh
Télégrammes : Inspector General Huda, Fulbaria, Dhaka, Bangladesh
Fax : + 880 2 956 3362
Formule d'appel : Dear Inspector General, / Monsieur l’Inspecteur général,
COPIES aux représentants diplomatiques du Bangladesh dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 6 MAI 2002, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT
ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a
été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous trouverez les documents en français sur LotusNotes, rubrique
ÉFAI - IS documents
Vous pouvez également consulter le site Internet des ÉFAI :
www.efai.org