Informe anual 2012
El estado de los derechos humanos en el mundo

Documento - MALAYSIA. Temor por la seguridad / Tortura o malos tratos



Malaisie


Craintes pour la sécurité

Craintes de torture ou de mauvais traitements



Ayu(f), 44 ans

Autres personnes transsexuelles en Malaisie




ACTION URGENTE


DOCUMENT PUBLIC

Index AI : ASA 28/002/2007

AU 200/07

ÉFAI

03 août 2007


Ayu, transsexuelle, a été sévèrement battue par des responsables religieux accrédités par l'État ; ceux-ci l'ont arrêtée le 30 juillet vers 11 h 30 alors qu'elle discutait avec des amis à l'arrêt de bus du vieux Melaka, à Kota Melaka (État de Malacca), dans le sud-ouest du pays. Ayu risque encore de subir des violences, et d'autres personnes transsexuelles pourraient également être en danger.


Ayu aurait été abordée par trois membres des forces de l'ordre appartenant au Jabatan Agama Islam Melaka (JAIM, Département des affaires islamiques de l'État de Malacca), un organe du gouvernement local dont la tâche consiste à faire respecter les normes sociales fondées sur la charia. Les agents, tous habillés en civil, ont apparemment roué Ayu de coups de poing et de coups de pied lors de son arrestation. L'un d'entre eux lui aurait donné un violent coup de pied dans la région génitale. Ils ne se sont présentés comme des membres du JAIM que quand des passants sont intervenus pour tenter d'empêcher l'agression. Lorsqu'elle a dit qu'elle avait très mal, ils l'ont amenée au bureau local du JAIM d'où elle a rapidement été transférée à la polyclinique de Malacca. Elle a dû subir une intervention chirurgicale le 31 juillet : une hernie abdominale dont elle souffrait déjà auparavant s'était aggravée sous les coups.


Le JAIM a donné pour ordre aux responsables de l'hôpital de livrer les noms des autres transsexuels qui rendraient visite à Ayu durant son hospitalisation. On ignore si des noms ont été donnés, mais Amnesty International craint que d'autres personnes transsexuelles de l'État de Malacca, et en Malaisie en général, ne soient confrontées à des violences similaires.


Selon les informations diffusées par les médias, un responsable du JAIM aurait par la suite expliqué les raisons ayant motivé l'arrestation d'Ayu : elle avait commis l'infraction qui consiste, pour un homme, à s'habiller en femme dans un lieu public ; aux termes de l'article 72 du règlement relatif aux infractions contre la chariade l'État de Malacca, cette infraction est passible d'une amende de 1000 ringgits (un peu plus de 200 euros) ou d'une peine de six mois de prison, ou les deux. Cependant, un travailleur social de l'organisation non gouvernementale malaise Pink Triangle a déclaré que les agents du JAIM n'avaient pas respecté la procédure en n'emmenant pas Ayu au poste de police après l'avoir arrêtée.


Ayu est sortie de l'hôpital le 2 août. Il semblerait que le JAIM n'ait pas encore engagé de poursuites contre elle et aurait accepté de la libérer «par compassion», une personne de son cercle d'amis s'étant portée garant. Les responsables du JAIM auraient toutefois averti Ayu que si elle ne se présentait pas au tribunal après son inculpation, son garant devrait payer une amende de 1000 ringgits. En réponse aux questions des médias, un agent du JAIM aurait nié les accusations d'agression, affirmant qu'Ayu avait été envoyée à l'hôpital «parce qu'elle était malade».


INFORMATIONS GÉNÉRALES


Qu'elles soient le fait de la police régulière ou de soi-disant «polices religieuses»comme le JAIM, les violences commises à l'encontre des personnes transsexuelles semblent s'intensifier en Malaisie. Il est à craindre que de tels actes n'encouragent la création de milices au sein de certains groupes communautaires et de la société en général vis-à-vis de ceux dont la sexualité ou l'identité de genre sont perçues comme déviant de la «norme».


En avril 2007, selon certaines informations, les autorités de l'État de Terengganu prévoyaient de mettre en place un «centre de réhabilitation»pour transsexuels, en raison de leur peur de voir les hommes devenir de plus en plus «efféminés»et de nombreuses personnes transsexuelles «revenir à leurs vieilles habitudes»même après avoir purgé des peines de prison.


Les opérations des «polices religieuses»peuvent avoir des portées ou des cibles différentes selon les régions, mais toute personne dont le comportement est jugé «indécent»peut se voir imposer des sanctions, qu'il s'agisse de transsexuels, de couples homo- ou hétérosexuels qui s'embrassent dans la rue, de musulmanes vêtues d'une façon que ces polices estiment inappropriée ou même de jeunes gens portant des vêtements de style punk.


ACTION RECOMMANDÉE: dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en anglais, en malais ou dans votre propre langue) :


- exhortez les autorités à lancer immédiatement une enquête approfondie et indépendante sur les allégations selon lesquelles Ayu aurait été agressée par des responsables des affaires religieuses du JAIM, et à faire en sorte que les coupables soient traduits en justice ;


- exigez la garantie immédiate que ni Ayu, ni aucune autre personne transsexuelle de l'État de Malacca, ne soit de nouveau victime de violences de la part d'agents du JAIM ;


- appelez les autorités à ne retenir contre Ayu aucune charge qui repose sur son identité de genre et qui viole son droit fondamental à la liberté d'expression et à ne pas être exposée à des discriminations ;


- dites-vous inquiet de l'ordre donné à l'hôpital par le JAIM de signaler tous les autres transsexuels ayant rendu visite à Ayu et insistez auprès des autorités pour qu'elles garantissent aux personnes transsexuelles la possibilité de recevoir des visiteurs sans êtres victimes de harcèlement ou de discrimination, selon les pratiques hospitalières normales s'appliquant à tous les patients ;


- priez instamment les autorités de réformer toutes les lois, toutes les pratiques et tous les règlements porteurs de discriminations envers les personnes transsexuelles et qui violent ainsi leurs droits humains.


APPELS À


Premier ministre de l'État de Malacca

Datuk Seri Mohd Ali Mohd Rustam

Chief Minister of Melaka

Aras 1, Blok Temenggong,

Seri Negeri, Hang Tuah Jaya,

75450 Ayer Keroh, Melaka, Malaisie

Fax : +60 6232 8620

Formule d'appel :

Dear Chief Minister, / Monsieur le Premier ministre de l'État,

Directeur du département des affaires islamiques de l'État de Malacca

Dato' Alias bin Md. Saad

Director, Islamic Religious Department of Melaka

Jabatan Agama Islam Melaka (JAIM)

Imarah B, Kompleks MAIM, Bukit Palah, 75150 Melaka, Malaisie

Fax : +60 6283 4022

Courriers électroniques :

jaim@melaka.gov.my

Formule d'appel :

Dear Director, / Monsieur le Directeur,


Directeur de la police

ACP Johari bin Yahaya

Chief of Police

IPD Melaka Tengah

PDRM, Jalan Banda Kaba, 75561 Melaka, Malaisie

Fax : +60 6282 3848

Formule d'appel :

Dear Chief of Police, / Monsieur le Directeur de la police,


COPIES


Premier ministre :

Dato' Abdullah Haji Ahmad Badawi

Pejabat Perdana Menteri

Aras 1, Blok Utama, Bangunan Perdana Putra,

Pusat Pentadbiran Kerajaan Persekutuan, 62502 Putrajaya, Malaisie

Fax : +60 8888 3444

Courriers électroniques :

ppm@pmo.gov.my


ainsi qu'aux représentants diplomatiques de la Malaisie dans votre pays.


PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.

APRÈS LE 14 SEPTEMBRE 2007,

VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.

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