Documento - TURKMENISTÁN. Temor de tortura / Temor por la seguridad / Preocupación médica
DOCUMENT PUBLIC EUR 61/002/2004 – ÉFAI
AU 90/04
Avertissement : Amnesty International
défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
CRAINTES DE TORTURE / CRAINTES POUR LA SÉCURITÉ
/ PRÉOCCUPATIONS POUR LA SANTÉ
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TURKMÉNISTAN |
Rakhim Essenov (h), 78 ans, journaliste |
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Londres, le 2 mars 2004
Rakhim Essenov, écrivain et journaliste, Achirkouli Baïriev, journaliste également et ami de Rakhim Essenov, et Igor Kaprielov, le gendre de Rakhim Essenov, ont été arrêtés par des membres des services de sécurité et risqueraient d’être torturés ou soumis à d’autres formes de mauvais traitements. Rakhim Essenov aurait été victime d’un accident vasculaire cérébral depuis son arrestation.
Rakhim Essenov a été convoqué au ministère de la Sécurité nationale (MNB) le 23 février. Selon les informations recueillies, il a été accusé d’avoir « introduit clandestinement » au Turkménistan 800 exemplaires de son roman intitulé Ventsenosny Skitalets (Le monarque nomade). Ce livre a été interdit de publication pour une durée de dix ans au Turkménistan ; Rakhim Essenov n’a pu le faire publier qu’en 2003 à Moscou. Les livres ont été livrés en janvier à son appartement, à Achgabat, capitale du Turkménistan. Les douaniers les ont confisqués quelques jours plus tard, en alléguant qu’ils avaient été importés illégalement.
Le roman se déroule sous l’Empire Moghol fondé au seizième siècle. Il présente le personnage turkmène de Baïram Khan, qui est décrit comme étant un poète, un philosophe et un général de l’armée ayant empêché l’Empire de s’effondrer. En février 1997, le président Saparmourad Niazov a critiqué publiquement ce livre et a déclaré que l’auteur avait commis des « erreurs historiques » mais Rakhim Essenov a refusé d’apporter les « corrections » demandées par le président.
Au cours d’un interrogatoire, il aurait été demandé à Rakhim Essenov de fournir les noms de ses « complices » de l’opération de contrebande ainsi que l’identité des personnes ayant financé la publication du roman. Rakhim Essenov a été victime d’une attaque cérébrale à la suite de cet interrogatoire et a été conduit à l’hôpital. Il avait récemment eu une crise cardiaque et son état de santé était par conséquent déjà préoccupant avant son arrestation.
Rakhim Essenov a été interrogé à nouveau deux jours après son attaque cérébrale et a été placé dans un service de soins intensifs à l’hôpital, sous la surveillance permanente de membres des services de sécurité. Le lendemain, vers 13 heures, des agents des services de sécurité l’ont fait sortir de l’hôpital et un enquêteur a indiqué à sa fille qu’il avait été arrêté et emmené au centre de détention au secret pour enquête du ministère de la Sécurité nationale.
Le 2 mars, il est apparu que Rakhim Essenov avait été inculpé d’« incitation à la haine sociale, nationale et religieuse » au moyen des médias (en vertu de l’article 177, paragraphes 1 et 2 du Code pénal turkmène).
Le 23 ou le 24 février, Igor Kaprielov, le gendre de Rakhim Essenov, a été emmené au ministère de la Sécurité nationale et accusé d’avoir comploté avec Rakhim Essenov en vue de faire passer les livres en contrebande. On ignore où se trouve Igor Kaprielov actuellement.
Le journaliste Achirkouli Baïriev a été convoqué au ministère de la Sécurité nationale dans la soirée du 1er mars. Achirkouli Baïriev est un ami proche de Rakhim Essenov ; il est donc possible que cette convocation ait été liée à sa relation avec l’écrivain. Environ trois heures et demie plus tard, un agent des services de sécurité a téléphoné à l’épouse d’Achirkouli Baïriev pour l’informer de l’arrestation de son mari. On ignore la nature des accusations portées à l’égard de cet homme.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Cela fait plusieurs années que la situation des droits humains est désastreuse au Turkménistan. La situation s’est encore aggravée après la tentative d’assassinat présumée contre le président Niazov, le 25 novembre 2002, qui a déclenché une nouvelle vague de répression au Turkménistan.
Le régime ne tolère aucune forme de dissidence et restreint sévèrement l'exercice des libertés civiles et politiques. Les partis politiques indépendants et les organisations de défense de droits humains ne peuvent pas agir ouvertement au Turkménistan. Des opposants au régime et des militants de la société civile ont été contraints à l’exil ; ceux qui sont restés sont menacés d’emprisonnement et de persécution. La liberté de religion et la liberté de mouvement sont sévèrement restreintes. Les minorités ethniques sont victimes de harcèlement et de discrimination. Les autorités de ce pays quasiment fermé au reste du monde contrôlent les médias de façon très stricte.
La domination exercée par le président Niazov sur tous les aspects de la vie de son peuple, ainsi que le culte de la personnalité dont il s’est entouré, sont les principaux facteurs de la généralisation des atteintes aux droits humains et de l’impunité qui règne dans le pays.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous
ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés
ci-après (en anglais, en russe, en turkmène ou dans votre propre
langue) :
– dites-vous préoccupé par les informations selon lesquelles Rakhim Essenov a été victime d’une attaque cérébrale à la suite d’un interrogatoire avec des membres des services de sécurité le 23 février et a été à nouveau interrogé le 25 février en dépit de sa mauvaise santé ;
– demandez instamment aux autorités de faire en sorte que Rakhim Essenov, Achirkouli Baïriev et Igor Kaprielov soient traités avec humanité, et, notamment, qu’ils ne soient pas soumis à des actes de violence ;
– engagez les autorités à révéler le lieu de détention d’Igor Kaprielov.
APPELS À :
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Président du Turkménistan : Saparmurad Niyazov 744000 g. Ashgabat Apparat Prezidenta Prezidentu Turkmenistana Niyazovu S.A. Fax : +993 12 35 51 12 Formule d'appel : Dear President, / Monsieur le Président du Turkménistan, |
Ministre des Affaires étrangères : Rashit Meredov 744000 g. Ashgabat pr. Magtymguly, 83 Ministerstvo inostrannykh del Turkmenistana Ministru Meredovu R. Turkménistan Fax : +993 12 35 42 41 Courriers électroniques : mfatm@online.tm Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre, |
COPIES : aux représentants diplomatiques
du Turkménistan dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 13 AVRIL 2004, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL
FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a
été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
Vous pouvez consulter le site Internet des ÉFAI à l'adresse
suivante : http://www.efai.org