Documento - Irán: Erudito Iraní,detenido
AU 233/09, MDE 13/094/2009 – Iran 2 septembre 2009
ACTION URGENTE
un universitaireiranien dÉtenu
Mohammad Maleki, soixante-seize ans, universitaire iranien et ancien président de l'université de Téhéran, est actuellement détenu. En tant que journaliste indépendant, il critique depuis de nombreuses années les politiques des gouvernements successifs. Il est détenu pour avoir, semble-t-il, critiqué le déroulement de la récente élection présidentielle et Amnesty International le considère donc comme un prisonnier d'opinion.
Mohammed Malekia été arrêté chez lui le 22 août par cinq agents du ministère du Renseignement. Ils ont perquisitionné à son domicile et saisi des objets personnels tels qu'un ordinateur, un téléphone portable, des carnets et quelque 80 livres. Ces agents ont filmé la perquisition et, dès que celle-ci a été achevée, Mohammad Maleki a été arrêté. Selon certaines informations, il a été conduit à la section 209 de la prison d'Evin à Téhéran, qui est sous le contrôle du ministère du Renseignement.
Mohammad Maleki était en mauvaise santé au moment de son arrestation ; il se remettait, semble-t-il, d'une grave maladie et il était incapable de marcher sans aide en raison d'une violente douleur aux jambes. Il souffre également d'un cancer de la prostate, d'une anomalie du rythme cardiaque et du diabète. Il a été autorisé à emporter des médicaments lors de son arrestation mais Amnesty International craint qu'il ne puisse pas bénéficier de soins médicaux adaptés en prison. Les autorités iraniennes privent fréquemment les détenus de soins médicaux, y compris de médicaments, ou retardent leur accès à ces soins afin de faire pression sur eux. Inquiète pour sa santé, l'épouse de Mohammad Maleki, Ghodsi Mir Moez, l'a encouragé à coopérer sans réserve avec les agents des forces de sécurité et à prendre part à une « conversation »télévisée si des représentants du ministère du Renseignement en faisaient la demande. Des « aveux » obtenus de cette manière sont régulièrement diffusés à la télévision depuis les récentes vagues d'arrestations.
Mohammad Maleki n'appartient à aucun parti politique et n'aurait même pas voté lors de l'élection présidentielle controversée du 12 juin. Il a critiqué le déroulement de l'élection mais n'a pas exprimé publiquement son opinion au sujet de l'un ou l'autre des quatre candidats.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en persan, en arabe, en anglais ou dans votre propre langue) :
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dites-vous préoccupé par le fait que Mohammad Maleki soit détenu pour avoir critiqué le déroulement de la récente élection présidentielle et demandez, le cas échéant, sa libération immédiate et inconditionnelle ;
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exhortez les autorités à le protéger de la torture et de toute autre forme de mauvais traitement pendant sa détention ;
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demandez instamment aux autorités de lui permettre sans délai d'entrer en contact avec ses proches, de consulter son avocat et de bénéficier de tous les soins médicaux dont il pourrait avoir besoin.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 14 OCTOBRE 2009 À :
Guide spirituel de la République islamique d'Iran :
Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei
The Office of the Supreme Leader
Islamic Republic Street – End of Shahid Keshvar Doust Street, Tehran, République islamique d'Iran
Courriers électroniques : par l'intermédiaire de son site Internet : http://www.leader.ir/langs/en/index.php?p=letter (en anglais)
http://www.leader.ir/langs/fa/index.php?p=letter (en persan)
Formule d'appel : Your Excellency, / Excellence,
Responsable du pouvoir judiciaire :
Ayatollah Sadeqh Larijani
Howzeh Riyasat-e Qoveh Qazaiyeh (Office of the Head of the Judiciary)
Pasteur St., Vali Asr Ave., south of Serah-e Jomhouri, Tehran 1316814737, République islamique d'Iran
Courriers électroniques : par l'intermédiaire de son site Internet : http://www.dadiran.ir/tabid/81/Default.aspx (premier champ comportant une étoile : prénom ; deuxième champ : nom de famille ; troisième champ : adresse électronique)
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Copies à :
Président de l'Assemblée consultative islamique :
His Excellency Ali Larijani
Majles-e Shoura-ye Eslami
Baharestan Square, Tehran, République islamique d'Iran
Fax : +98 21 3355 6408
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Iran dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
un universitaire iranien dÉtenu
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Mohammad Maleki a été le premier président de l'université de Téhéran après la révolution de 1979 et a déjà été détenu à plusieurs reprises pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d'expression. Il a été incarcéré avant la révolution pour s'être montré ouvertement critique à l'égard du shah d'Iran, puis entre 1982 et 1987, après quoi il n'a plus été autorisé à quitter le pays pendant plusieurs années, et plus récemment en 2001.
Au cours des jours qui ont suivi l'annonce, le 13 juin 2009, de la victoire du président sortant Mahmoud Ahmadinejad à l'élection présidentielle, des centaines de milliers d'Iraniens ont pris part à des manifestations massives et généralement pacifiques dans tout le pays afin de contester l'issue du scrutin. Les autorités ont rapidement restreint les libertés d'expression, d'association et de réunion ; les télécommunications et l'accès à Internet ont été fréquemment interrompus. Elles ont interdit aux journaux iraniens de publier des informations sur les troubles affectant l'ensemble du territoire et les journalistes étrangers n'ont plus été autorisés à circuler dans la rue, leurs visas n'ont pas été renouvelés et certains ont même été expulsés d'Iran.
En réaction aux manifestations massives, les forces de sécurité – notamment les bassidji (miliciens volontaires) – ont été largement déployées. Environ 4 000 personnes ont été arrêtées dans les trois ou quatre semaines qui ont suivi l'élection du 12 juin, parmi lesquelles des politiciens de premier plan proches des candidats à l'élection présidentielle Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karroubi, ou de l'ancien président Khatami, qui soutenait la campagne de Mir Hossein Moussavi. Certains défenseurs des droits humains, ainsi que des journalistes, ont aussi été arrêtés. Ils n'ont pas pu consulter d'avocat mais ils ont reçu, pour la plupart, la visite de membres de leur famille.
Les forces de sécurité ont eu recours a une force excessive et fait usage d'armes létales : des dizaines de manifestants ont été tués et des centaines d'autres ont été blessés. Certains sont morts des suites de leurs blessures. D'autres encore, blessés ou morts, ont été victimes des actes de torture infligés pendant leur détention.
Les procès collectifs de centaines de personnes qui ont débuté le 1er août 2009, notamment le dernier en date qui s'est tenu le 25 août, étaient totalement iniques. Des détenus ont passé des « aveux » relatifs à des accusations formulées en termes imprécis au sujet de faits qui ne sont souvent pas des infractions pénales prévues par la loi. Ces « aveux » – obtenus, semble-t-il, sous la contrainte – ont été déclarés recevables par la cour. Certaines de ces séances d'« aveux » ont été diffusées à la télévision, souvent avant la tenue du procès. Certains accusés pourraient être condamnés à mort.
Des responsables iraniens ont confirmé que certaines des personnes arrêtées à la suite des manifestations qui ont suivi l'élection avaient été torturées ou soumises à d'autres mauvais traitements et que ces violations s'étaient déroulées dans un centre de détention au moins, celui de Kahrizak, à la périphérie de Téhéran. Le 29 juillet, le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, en a ordonné la fermeture et le directeur d'un centre de détention ainsi que trois gardiens, qui travaillaient probablement à Kahrizak, auraient été démis de leurs fonctions, et peut-être arrêtés. Le 15 août, Parviz Sorouri, le responsable du Comité parlementaire spécial pour le réexamen des arrestations effectuées après l'élection, a indiqué à l'agence de presse ILNA que 12 policiers et un juge impliqués dans le transfert des détenus à Kahrizak seraient arrêtés et jugés « car ce centre de détention était destiné à accueillir des trafiquants de stupéfiants ».
Amnesty International a recueilli des informations corroborant une déclaration de Mehdi Karroubi dans laquelle il a dénoncé les actes de torture, y compris les viols, infligés à des détenus – hommes et femmes – par des membres des forces de sécurité. Dans un premier temps, ses allégations ont été niées par Farhad Tajari, un membre du Comité parlementaire spécial, mais le 26 août 2009, un autre membre de cette instance a déclaré au site Internet Parleman News, sous couvert d'anonymat : « Il est désormais absolument évident pour nous que certains des détenus arrêtés après l'élection ont été violés au moyen de matraques et de bouteilles. »
AU 233/09 MDE 13/094/2009, 2 septembre 2009
