Documento - Iran: Periodista Iraní, condenada.
Action complémentaire sur l'AU 231/09, MDE 13/129/2009 – Iran 10 décembre 2009
ACTION URGENTE
UNE JOURNALISTE IRANIENNE CONDAMNÉE
La journaliste Hengameh Shahidi a été condamnée à six ans, trois mois et un jour d'emprisonnement sur la base d'accusations liées à l'exercice pacifique de ses droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion. Elle demeure en liberté sous caution en attendant qu'il soit statué sur son appel mais, si elle était incarcérée, Amnesty International la considèrerait comme une prisonnière d'opinion et demanderait sa libération immédiate et inconditionnelle.
Le 30 novembre, l'avocat de Hengameh Shahidi, Mohammad Mostafaei, s'est rendu à la 26e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran. Il a appris que sa cliente avait été condamnée à cinq ans d'emprisonnement pour « rassemblement et collusion en vue de nuire à la sûreté de l'État », un an pour « propagande contre le régime »et quatre-vingt-onze jours pour « outrage au président ».Mohammad Mostafaei a déclaré le jour même qu'il avait l'intention d'interjeter appel de la peine prononcée contre cette femme.
Lors de son procès, Hengameh Shahidi, conseillère du candidat vaincu Mehdi Karroubi chargée des questions relatives aux femmes pendant la campagne présidentielle, a été accusée d'avoir participé – entre le 13 et le 17 juin – à des manifestations dénonçant le résultat controversé de l'élection, d'avoir accordé une interview aux médias, d'avoir recueilli des signatures pour la campagne Un million de signatures (également appelée Campagne pour l'égalité, qui vise à mettre fin à la discrimination contre les femmes dans le droit iranien), d'avoir soutenu une campagne en faveur de l'abolition des exécutions par lapidation en Iran, d'avoir signé de nombreuses déclarations adressées aux organes des Nations unies compétents en matière de droits humains au sujet des violations des droits fondamentaux commises dans ce pays, et d'avoir publié des articles sur son blog.
Elle a été arrêtée le 30 juin et placée à l'isolement pendant cinquante jours à la prison d'Evin, à Téhéran, avant d'être transférée dans une cellule avec une autre femme. Ses interrogateurs ont menacé d'arrêter des membres de sa famille et, à plusieurs reprises, on a menacé de l'exécuter. On lui a même fait subir un simulacre d'exécution. Elle a finalement été libérée moyennant une caution de 900 millions de rials (soit plus de 62 000 euros) le 1er novembre 2009, après avoir entamé une grève de la faim pour protester contre sa détention prolongée. Elle a été jugée le 4 novembre.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en persan, en arabe, en anglais, en français ou dans votre propre langue) :
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exhortez les autorités à réviser la condamnation et la peine prononcées contre Hengameh Shahidi car, si elle était incarcérée, elle serait une prisonnière d'opinion, détenue uniquement pour avoir exercé pacifiquement ses droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion ;
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rappelez qu'il est autorisé, en vertu de la Constitution iranienne et du droit international, de participer à des manifestations pacifiques, d'accorder des interviews et de signer des pétitions demandant que les droits humains soient mieux respectés, et que ces actions ne constituent pas des infractions ;
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demandez qu'une enquête approfondie et impartiale soit ouverte sans délai sur les allégations de torture en détention formulées par Hengameh Shahidi, et que tous les responsables présumés de ces atteintes soient rapidement traduits en justice dans le cadre d'une procédure équitable.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 21 JANVIER 2010 À :
Responsable des autorités judiciaires provinciales à Téhéran :
Mr Ali Reza Avaei
Karimkhan Zand Avenue
Sana'i Avenue, Corner of Ally 17, No
Tehran, République islamique d'Iran
Courriers électroniques : avaei@Dadgostary-tehran.ir
Formule d'appel : Dear Mr Avaei, / Monsieur,
Responsable du pouvoir judiciaire :
Ayatollah Sadeqh Larijani
Howzeh Riyasat-e Qoveh Qazaiyeh (Office of the Head of the Judiciary)
Pasteur St., Vali Asr Ave., south of Serah-e Jomhouri
Tehran, 1316814737
République islamique d'Iran
Courriers électroniques : via son site Internet : http://www.dadiran.ir/tabid/75/Default.aspx (1er champ comportant une étoile : prénom ; 2e champ : nom de famille ; 3e champ : adresse électronique)
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Copies à :
Secrétaire général du Parti de la confiance nationale :
Mehdi Karroubi
Courriers électroniques : via son site Internet : http://www.etemademelli.ir/contactus/
(1er champ : nom ; 5e champ : objet ; texte dans le grand cadre)
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Iran dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci. Ceci est la deuxième mise à jour de l'AU 231/09 (MDE 13/093/2009 et MDE 13/115/2009). Pour plus d'informations : www.amnesty.org/fr/library/info/MDE13/093/2009/fr et http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE13/116/2009/fr.
ACTION URGENTE
UNE JOURNALISTE IRANIENNE CONDAMNÉE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Hengameh Shahidi a été arrêtée le 30 juin et placée à l'isolement pendant cinquante jours à la prison d'Evin, à Téhéran, avant d'être transférée dans une cellule avec une autre femme. Ses interrogateurs ont menacé d'arrêter des membres de sa famille et, à plusieurs reprises, on a menacé de l'exécuter. On lui a même fait subir un simulacre d'exécution. Elle a finalement été libérée moyennant une caution de 900 millions de rials (soit plus de 62 000 euros) le 1er novembre 2009, après avoir entamé une grève de la faim pour protester contre sa détention prolongée. Elle a été jugée le 4 novembre.
Avant sa libération, des responsables de la prison ont menacé Hengameh Shahidi de la punir si elle poursuivait sa grève de la faim. Cela contraste avec l'impunité dont jouissent les membres des forces de sécurité responsables de violations des droits humains. Selon le site Internet Norooz, elle aurait demandé : « Les personnes qui m'ont battue dans les sous-sols de la prison d'Evin ont-elles été traduites devant la commission disciplinaire [pénitentiaire] ? » À la connaissance d'Amnesty International, aucune enquête officielle n'a été ouverte.
Les autorités ont eu recours à une force excessive afin de réprimer les manifestations – pour la plupart pacifiques – qui ont eu lieu à la suite de l'annonce de la victoire du président sortant Mahmoud Ahmadinejad à l'élection du 12 juin, résultat contesté par de nombreuses personnes. Les autorités ont reconnu 36 décès, alors que l'opposition affirme que 70 personnes ont trouvé la mort. Plus de 4 000 personnes ont été arrêtées et beaucoup ont été torturées ou soumises à d'autres mauvais traitements dans les centres de détention de tout le pays. Certaines ont déclaré avoir été violées, bien que les autorités aient démenti ces allégations après des enquêtes sommaires et d'autres mesures qui semblent destinées à masquer, plutôt qu'à découvrir, la vérité. Plus de 80 personnes ont été condamnées à des peines d'emprisonnement ou à la flagellation à la suite des troubles du mois de juin, notamment à l'issue des procès collectifs « pour l'exemple » qui ont débuté en août. Au moins cinq personnes ont été condamnées à mort.
Les autorités ont continué à utiliser la force pour disperser les manifestants réunis à l'occasion de dates revêtant une importance particulière sur le plan national. Récemment, les manifestants qui ont commémoré, le 7 décembre, les homicides de plusieurs étudiants commis par les anciennes forces du chah en 1953, ont été battus et attaqués au moyen de gaz lacrymogènes par les forces de sécurité. Plus de 200 manifestants ont été arrêtés rien qu'à Téhéran. Des défenseurs des droits humains ont également été pris pour cible : le 5 décembre, quelque 29 membres du groupe des Mères en deuil, qui se réunit tous les samedis pour protester contre les homicides de manifestants et les autres violations des droits humains commises depuis l'élection, ont été arrêtés à Téhéran. Tous ont été libérés depuis.
Pour obtenir plus d'informations au sujet des événements qui ont suivi les élections, veuillez consulter le document Iran: Election contested, Repression compounded (MDE 13/123/2009, décembre 2009), disponible en anglais à l'adresse suivante : http://www.amnesty.org/en/library/info/MDE13/123/2009/en.
Action complémentaire sur l'AU 231/09, MDE 13/129/2009, 10 décembre 2009
