Documento - Iran: Mourners arrested on way to cleric's funeral
AU 347/09, MDE 13/132/2009 – Iran 22 décembre 2009
ACTION URGENTE
DES PERSONNES SE RENDANT AUX FUNÉRAILLES D'UN RELIGIEUX ONT ÉTÉ ARRÊTÉES
Au moins cinq personnes, parmi lesquelles des défenseurs des droits humains, ont été arrêtées en Iran alors qu'elles se rendaient aux funérailles du grand ayatollah Hosseinali Montazeri, un religieux éminent qui a critiqué la répression engagée par le gouvernement iranien contre des manifestants après l'élection présidentielle controversée du mois de juin. Amnesty International ignore où se trouvent ces personnes et craint qu'elles ne subissent des actes de torture ou d'autres formes de mauvais traitements.
Shiva Nazar Ahariet Kouhyar Goudarzi, deux défenseurs des droits humains et membres du Comité des reporters des droits humains, ainsi que Saeed Jalalifar, ont été arrêtés par des policiers et des représentants du ministère du Renseignement le 20 décembre à Téhéran.Ils ont été contraints à descendre d'un bus qui s'apprêtait à partir pour la ville de Qom, dans le nord du pays, où les funérailles du grand ayatollah Montazeri ont eu lieu le 21 décembre. Des militants de la société civile et des proches de certaines des personnes arrêtées à la suite de l'élection présidentielle controversée du 12 juin 2009 se trouvaient également à bord du bus.
Deux autres hommes ont été arrêtés le 20 décembre dans d'autres circonstances. Selon des articles de presse, Ahmad Qabel, universitaire religieux et disciple du grand ayatollah Hosseinali Montazeri, a été arrêté avec des membres de sa famille. Il se rendait à Qom depuis Meched, une ville du nord-est du pays, où il serait détenu. Mohammad Nourizad, réalisateur et ancien journaliste au quotidien Kayhan, basé à Téhéran, a aussi été arrêté.Depuis l'élection présidentielle de juin 2009, il écrit sur des blogs critiquant les autorités. On l'a peut-être arrêté pour l'empêcher d'écrire des articles au sujet du grand ayatollah Montazeri.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en persan, en anglais ou dans votre propre langue) :
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demandez aux autorités iraniennes de libérer immédiatement et sans condition Shiva Nazar Ahari, Kouhyar Goudarzi, Saeed Jalalifar, Ahmad Qabel et Mohammad Nourizad s'ils ont été arrêtés pour avoir exprimé pacifiquement leurs opinions ou participé à des rassemblements pacifiques tels que les funérailles du grand ayatollah Hosseinali Montazeri, car il s'agirait de prisonniers d'opinion ;
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exhortez-les à révéler sans délai où se trouvent ces personnes et à faire en sorte qu'elles soient protégées contre la torture et toute autre forme de mauvais traitements et puissent consulter un avocat, entrer en contact avec leurs proches et bénéficier de tous les soins médicaux dont elles pourraient avoir besoin ;
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appelez-les à cesser de restreindre illégalement les libertés d'expression, d'association et de réunion en Iran.
VEUILLEZ ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 2 FEVRIER 2010 :
Guide spirituel de la République islamique d'Iran :
Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei,
The Office of the Supreme Leader
Islamic Republic Street – End of Shahid Keshvar Doust Street, Tehran, République islamique d'Iran
Courriers électroniques : info_leader@leader.ir
via son site Internet : http://www.leader.ir/langs/en/index.php?p=letter (en anglais)
Formule d'appel : Your Excellency, / Excellence,
Responsable des autorités judiciaires à Téhéran :
Mr Ali Reza Avaei
Karimkhan Zand Avenue
Sana'i Avenue, Corner of Ally 17, No
Tehran, République islamique d'Iran
Courriers électroniques : avaei@Dadgostary-tehran.ir
Formule d'appel : Dear Mr Avaei, / Monsieur,
Copies à :
Chef du Comité des droits de l'homme au sein du pouvoir judiciaire :
His Excellency Mohammad Javad Larijani
Bureau of International Affairs, Office of the Head of the Judiciary, Pasteur St., Vali Asr Ave. south of Serah-e Jomhouri, Tehran 1316814737, République islamique d'Iran
Courriers électroniques : bia.judi@yahoo.com
Fax : + 98 21 5 537 8827 (Merci de vous montrer persévérant)
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de l'Iran dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
DES PERSONNES SE RENDANT AUX FUNÉRAILLES D'UN RELIGIEUX ONT ÉTÉ ARRÊTÉES
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Shiva Nazar Ahari, Kouhyar Goudarzi et Saeed Jalalifar ont été arrêtés après avoir reçu l'ordre de descendre d'un bus loué par plusieurs personnes souhaitant se rendre aux funérailles du grand ayatollah Hosseinali Montazeri. Cinq ou six agents en civil sont, semble-t-il, montés dans le bus à Téhéran et en ont fait descendre six personnes en se référant à une liste. Deux d'entre elles ont été libérées immédiatement et sont remontées dans le bus mais les personnes nommées ci-dessus, ainsi qu'une défenseure des droits humains, Mahboubeh Abbasgholizadeh, ont été arrêtées. Cette dernière a été libérée le lendemain.
Lors de l'arrêt forcé du bus, Fakhrossadat Mohtashemipour, l'épouse de l'homme politique de premier plan Mostafa Tajzadeh, actuellement en détention, aurait demandé aux agents des forces de sécurité – probablement du ministère du Renseignement et des organes chargés du maintien de l'ordre public – de produire leurs cartes mais s'est entendu répondre : « Qui êtes-vous pour nous demander nos cartes ? » Les agents ont confisqué les papiers d'identité et les téléphones portables des personnes présentes dans le bus et leur ont indiqué qu'elles pourraient les récupérer le lendemain.
Le grand ayatollah Hosseinali Montazeri s'était exprimé ouvertement contre les exécutions collectives qui ont eu lieu principalement en 1988 et, plus récemment, il avait critiqué haut et fort la répression du gouvernement iranien contre les manifestants pacifiques.
Amnesty International a mené une campagne en faveur de l'ayatollah Montazeri, qui a été arrêté et torturé entre 1974 et 1976 sous le régime de Mohammad Reza, le dernier chah d'Iran. En 1976, Amnesty International a signalé qu'un certain nombre de ses disciples avaient été conduits dans sa cellule et contraints à le battre. Lorsqu'ils refusaient, ils étaient eux-mêmes passés à tabac. Par ailleurs, son père de quatre-vingt-cinq ans a été emmené en prison par des membres des forces de sécurité et on a tenté de le forcer à rédiger une requête en grâce de la part de son fils. Il a refusé mais on l'a ensuite obligé à en signer une déjà préparée par les forces de sécurité.
Depuis l'annonce de la victoire du président sortant Mahmoud Ahmadinejad à l'élection présidentielle du 12 juin, résultat contesté par de nombreuses personnes, l'Iran connaît une vague de manifestations antigouvernementales. Depuis le début de ces troubles, les autorités ont reconnu 36 décès, alors que l'opposition affirme que 70 personnes ont trouvé la mort. Plus de 4 000 personnes ont été arrêtées et beaucoup ont été torturées ou soumises à d'autres mauvais traitements dans les centres de détention de tout le pays. Certaines ont déclaré avoir été violées, bien que les autorités aient démenti ces allégations après des enquêtes sommaires et d'autres mesures qui semblent destinées à masquer, plutôt qu'à découvrir, la vérité. Néanmoins, selon certaines informations, trois responsables auraient été inculpés de meurtre après ces décès en détention. Plus de 80 personnes ont été condamnées à des peines d'emprisonnement ou à la flagellation à la suite des troubles du mois de juin, notamment à l'issue des procès collectifs « pour l'exemple » qui ont débuté en août. Au moins cinq personnes ont été condamnées à mort.
Pour obtenir plus d'informations au sujet des événements qui ont suivi les élections, veuillez consulter le document Iran: Election contested, Repression compounded (index AI : MDE 13/123/2009, décembre 2009), disponible en anglais à l'adresse suivante : http://www.amnesty.org/en/library/info/MDE13/123/2009/en.
AU 347/09, MDE 13/132/2009, 22 décembre 2009
