Informe anual 2012
El estado de los derechos humanos en el mundo

Documento - Iran: Fear for safety / fear of torture or ill treatment / possible prisoners of conscience


ACTION URGENTE

DOCUMENT PUBLIC Index AI : MDE 13/142/2008 – ÉFAI

23 septembre 2008


AU 271/08 Craintes pour la sécurité / Craintes de torture et d'autres mauvais traitements / Prisonniers d'opinion présumés


IRAN Maqsoud Ahdi (h) ]

Mansour Aminian (h) ]

Dariush Hatemi (h), 29 ans ]

Aydin Khajei (h), 23 ans ] étudiants militant pour les droits

Amir Mardani (h) ] culturels des Azéris d'Iran

Majid Makuyi (h) ]

Sejjad Radmehr (h) ]

Feraz Zahtab (h), 23 ans ]

Les militants étudiants nommés plus haut ont été interpellés dans une série d'arrestations lancée en juillet 2008. D'après l'Association de défense des prisonniers politiques azerbaïdjanais (ADAPP), basée à Vancouver, leurs proches ne sont pas autorisés à les voir, bien que certains aient eu des contacts téléphoniques irréguliers. Aucun de ces étudiants n'a pu bénéficier des services d'avocats de leur choix et Amnesty International craint qu'il ne s'agisse de prisonniers d'opinion arrêtés uniquement parce qu'ils ont exprimé leurs convictions profondes.


Les revendications de ces militants étudiants en matière de droits culturels et linguistiques se sont faites de plus en plus fortes au fil du temps. Ils réclament en particulier le droit de bénéficier d'une éducation en turc azéri, qui est inscrit, selon eux, dans la Constitution iranienne, et celui de célébrer la culture et l'histoire des Azéris.


Sejjad Radmehr, étudiant diplômé en génie mécanique à l'Université de Tabriz, et ses amis Feraz Zahtab et Aydin Khajei, tous deux étudiants en droit et membres de l'Association des étudiants islamiques au sein du même établissement, ont été appréhendés le 17 juillet 2008 à l'entrée de l'Université. On ignore où ils ont été conduits, bien que chacun ait été autorisé à passer de brefs appels téléphoniques à sa famille. Après leur arrestation, des représentants des forces de sécurité ont fouillé leur domicile et saisi des effets personnels.


Sejjad Radmehr avait participé à une grève de la faim, le 11 mai, afin de protester contre la suspension temporaire de certains étudiants de l'Université de Tabriz. Cet acte lui avait valu d'être exclu de l'université et privé de ses droits d'étudiant pendant un mois, sur décision des responsables de l'établissement. Feraz Zahtab et Aydin Khajeiavaient également pris part au mouvement de protestation contre les mesures de suspension prises à l'encontre de leurs camarades. Par ailleurs, tous trois avaient été exclus de l'université pendant un trimestre pour avoir participé à une manifestation en mai 2006.


Dariush Hatemi, proche ami de Sejjad Radmehr, Feraz Zehtab et Aydin Khajei, a lui aussi été arrêté le 17 juillet, alors qu'il effectuait son service militaire. Le 13 août, le militant étudiant Amir Mardani a été appréhendé à l'Université de Tabriz. Il a été autorisé à téléphoner deux fois à ses proches mais n'a pas pu les voir, non plus qu'un avocat. Amnesty International craint qu'il ne soit soumis à un traitement particulièrement sévère car il aurait refusé de « collaborer avec les représentants des forces de sécurité ».


Mansour Aminian est étudiant en génie mécanique et Maqsoud Ahdi en géographie. Ils appartiennent tous les deux à l'Association des étudiants islamiques de l'Université de Tabriz. Ils ont été arrêtés dans la matinée du 20 août, Mansour Aminian dans un bureau du ministère du Renseignement où il avait été convoqué, et Maqsoud Ahdi chez lui. Les résidences des deux étudiants ont été fouillées après leur interpellation. Pendant leur détention, ils ont été autorisés à téléphoner à deux reprises à leurs proches et ont comparu devant un juge qui a prolongé de deux mois leur période de détention, ce qui est contraire à la loi iranienne.


Le 31 août, Majid Makuyi, étudiant en dernière année de génie maritime à l'Université Malek Ashtar de technologie à Ispahan, a été interpellé chez son père à Khoy, dans la province de l'Azerbaïdjan occidental. Ses affaires personnelles ont été passées au crible et saisies. Selon des sources de l'ADAPP, il est possible qu'on l'ait emmené dans un centre de détention du ministère du Renseignement à Orumiyeh. Le ministère l'a convoqué à de multiples reprises, ces deux derniers mois, , à Orumiyeh et à Khoy, afin de l'interroger. Il a aujourd'hui été transféré à Tabriz.


La sœur de Sejjad Radmehr, Elahe Radmehr, qui étudie à l'Université d'Orumiyeh, a été menacée par des représentants des forces de sécurité. Des responsables de l'Université dont Amnesty International ignore l'identité lui ont promis l'exclusion si elle communiquait des informations au sujet de l'arrestation de son frère. D'autres parents des militants étudiants ont été menacés par le ministère du Renseignement. La mère de Sejjad Radmehr a reçu des menaces après s'être enquise, auprès de l'Université de Tabriz, de la situation de son fils au regard de la loi, le 23 août. Dans un entretien à radio Farda, la mère de Feraz Zehtab a déclaré : « Ils ne nous donnent pas de réponses correctes. J'ai demandé à des employés de la prison, ils affirment ne rien savoir. Je me suis également adressée au ministère du Renseignement, mais ils ne m'ont pas répondu. J'ignore où mon fils est détenu et je n'ai entendu sa voix qu'une seule fois. »

INFORMATIONS GÉNÉRALES

Les Turcs azéris d'Iran, de confession musulmane chiite pour la plupart, constituent la plus importante minorité du pays et représentent, selon certaines estimations, entre 25 et 30 p. cent de la population. Ils vivent essentiellement dans les provinces du nord et du nord-ouest. Bien qu'ils soient généralement bien intégrés dans la société, leurs revendications en matière de droits culturels et linguistiques se sont faites de plus en plus fortes ces dernières années ; ils réclament en particulier le droit de bénéficier d'une éducation en turc azéri, qui est inscrit, selon eux, dans la Constitution iranienne, et celui de célébrer la culture et l'histoire des Azéris dans le cadre de manifestations culturelles.


ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires mentionnés ci-après (en persan, en français, en anglais ou dans votre propre langue) :

- priez instamment les autorités de s'assurer que les huit militants azéris nommés plus haut ne soient pas torturés ni soumis à d'autres formes de mauvais traitements ;

- engagez les autorités à leur permettre de recevoir sans délai des visites régulières de leurs proches et d'avocats qu'ils auront choisis, ainsi que de bénéficier de tous les soins médicaux qui pourraient leur être nécessaires ;

- faites observer que si ces étudiants ne sont détenus que pour avoir exercé leur liberté d'expression et de réunion, il s'agit de prisonniers d'opinion qui doivent être libérés immédiatement et sans condition.


APPELS À :

Responsable du pouvoir judiciaire :

Ayatollah Mahmoud Hashemi Shahroudi

Howzeh Riyasat-e Qoveh Qazaiyeh / Office of the Head of the Judiciary

Pasteur St., Vali Asr Ave., south of Serah-e Jomhouri, Tehran 1316814737, République islamique d'Iran

Courriers électroniques : info@dadgostary-tehran.ir (dans le champ réservé à l'objet, veuillez écrire : « FAO Ayatollah Shahroudi »)

Formule d'appel : Your Excellency / Monsieur,


COPIES À :

Chef du Comité des droits de l'homme au sein du pouvoir judiciaire :

His Excellency Mohammad Javad Larijani

Howzeh Riyasat-e Qoveh Qazaiyeh (Office of the Head of the Judiciary)

Pasteur St, Vali Asr Ave., south of Serah-e Jomhouri, Tehran 1316814737, République islamique d'Iran

Fax : +98 21 3390 4986 (Merci de vous montrer persévérant)

Courriers électroniques : int_aff@judiciary.ir (dans le champ réservé à l'objet, veuillez écrire : « FAO Mohammad Javad Larijani »)

Formule d'appel : Your Excellency / Monsieur,


ainsi qu'aux représentants diplomatiques de l'Iran dans votre pays.


PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT. APRÈS LE 4 NOVEMBRE 2008, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.



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