Documento - Argelia. Posible «desaparición», detención no reconocida y temor de tortura o malos tratos
DOCUMENT PUBLIC ÉFAI – 020464 – MDE
28/015/02
AU 219/02
Avertissement : Amnesty International
défend des individus sans prendre position ni sur leurs idées
ni sur les organisations auxquelles ils pourraient adhérer.
CRAINTES DE « DISPARITION » /
DÉTENTION SECRÈTE /
CRAINTES DE TORTURE OU DE MAUVAIS TRAITEMENTS
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ALGÉRIE |
Mohammed Yahi (h), 28 ans |
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Londres, le 17 juillet 2002
Mohammed Yahi a été arrêté le 25 juin par des agents de la sécurité militaire à son domicile de Lassouaf, un quartier de la ville de Delles, dans le nord-est de l’Algérie. Il est maintenu en détention secrète dans un lieu qui n’a pas été divulgué et risque d’être soumis à des actes de torture.
Mohammed Yahi est employé dans la boucherie familiale de Fateh Ladada, à Delles. Ce dernier, arrêté le 23 mars 2002, a été placé en détention secrète et torturé à la base de la sécurité militaire de Ben Aknoun, près d’Alger, la capitale (voir l’AU 102/02, MDE 28/008/02, du 4 avril 2002 et sa mise à jour, MDE 28/012/02, du 24 avril 2002). Son frère Azzedine, vingt-huit ans, qui travaille aussi dans l’entreprise familiale, a été arrêté le 2 juillet, une semaine après Mohammed Yahi. Placé lui aussi en détention secrète pendant onze jours, il a ensuite été présenté à un tribunal et est maintenant incarcéré à la prison d’El Harrache, à Alger.
Mohammed Yahi a été arrêté par des hommes en civil armés que sa famille a identifiés comme faisant partie de la base locale de la sécurité militaire. Les motifs de son interpellation n’ont pas été précisés et son lieu de détention n’a pas été indiqué, mais selon les rumeurs il pourrait s’agir de la base de la sécurité militaire de Blida.
Le nom officiel de la Sécurité militaire (SM) est le Département du renseignement et de la sécurité. Ces dix dernières années, des membres de ce service ont été accusés à maintes reprises de graves violations des droits humains telles que des actes de torture, des exécutions extrajudiciaires et des « disparitions ». Toutefois, les autorités s’abstiennent d’enquêter sur ce type d’allégations.
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Aux termes de l'article 51 du Code de procédure pénale algérien, une personne peut être maintenue en garde à vue sans inculpation pendant une période pouvant aller jusqu'à douze jours. Pendant ce temps, ses proches doivent être informés du lieu où elle se trouve et autorisés à communiquer avec elle. Cependant, les dispositions de cet article sont régulièrement violées, les personnes arrêtées étant systématiquement maintenues en détention secrète, souvent bien au-delà de cette limite de douze jours, jusqu’à ce qu’elles soient présentées à un juge d’instruction ou libérées sans inculpation. C’est pendant que ces personnes sont détenues secrètement par la police, la gendarmerie ou la sécurité militaire qu’elles risquent le plus d’être victimes de torture ou d'autres formes de mauvais traitements, ou de « disparaître ».
Depuis 1993, 4 000 personnes environ ont « disparu » après avoir été arrêtées par les forces de sécurité et manquent toujours à l’appel. Les familles n’ont cessé depuis lors de tenter de découvrir ce qu’elles étaient devenues. Bien que le gouvernement ait promis à maintes reprises de mener des investigations sur ces « disparitions », aucune d'elles n’a donné lieu à une enquête exhaustive et indépendante. Des cas de « disparition » sont toujours signalés, même si leur nombre a considérablement diminué depuis 1998.
ACTION RECOMMANDÉE : dans les appels que
vous ferez parvenir le plus vite possible aux destinataires
mentionnés
ci-après (en arabe, en
français ou dans votre propre langue) :
– exprimez vos préoccupations concernant le fait que Mohammed Yahi, qui a été arrêté le 25 juin, est maintenu en détention secrète, apparemment dans la base de la sécurité militaire de Blida. Rappelez qu’il s’agit là d’une violation de l'article 51 du Code de procédure pénale algérien ;
– priez les autorités de veiller à ce qu’il soit bien traité en détention et protégé contre tout acte de torture et toute autre forme de mauvais traitements ;
– appelez les autorités à confirmer son lieu de détention et à autoriser immédiatement cet homme à entrer en contact avec sa famille et à recevoir des soins médicaux si son état de santé le requiert ;
– demandez instamment qu’il soit immédiatement relâché, à moins qu'il ne soit inculpé d'une infraction prévue par la loi et traduit sans délai devant une autorité judiciaire, conformément à la législation algérienne et aux traités internationaux relatifs aux droits humains ratifiés par l'Algérie.
APPELS À :
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Ministre de l'Intérieur : M. Yazid Zerhouni Ministre de l'Intérieur Ministère de l'Intérieur et des Collectivités locales Palais du gouvernement 16001 Alger Centre Algérie Télégrammes : Ministre de l’Intérieur, Palais du gouvernement, 16001 Alger Centre, Algérie Fax : +213 21 736106 Formule d'appel : Monsieur le Ministre,
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Ministre de la Justice : M. Mohammed Charfi Ministre de la Justice Ministère de la Justice 8 place Bir Hakem 16030 El Biar, Alger Algérie Télégrammes : Ministre de la Justice, 8 place Bir Hakem, 16030 El Biar, Alger, Algérie Fax : +213 21 922195 / 921243 (L’obtention de cette ligne peut s’avérer difficile. Merci de vous montrer persévérant.) Formule d'appel : Monsieur le Ministre, |
Responsable de la sécurité militaire :
Général-Major Mohamed Mediene
Département du renseignement et de la sécurité
Ministère de la Défense nationale
Les Tagarins
16030 El Biar, Alger
Algérie
Télégrammes : Général Mohamed Mediene, Les Tagarins, 16030 El Biar, Alger, Algérie
Fax : +213 21 650997 (L’obtention de cette ligne peut s’avérer difficile. Merci de vous montrer persévérant.)
Formule d'appel : Général, (si c’est une femme qui écrit) ou Mon Général, (si c’est un homme qui écrit)
COPIES À :
Président de la Commission nationale consultative
de promotion et de
protection des droits de l'homme (organisme gouvernemental) :
Maître Mustapha Farouk Kasentini
Commission nationale consultative de
promotion
et de protection des droits de l'homme
Palais du Peuple
Avenue Franklin Roosevelt
Alger, Algérie
Fax : +213 21 239005 / 239037
ainsi qu'aux représentants diplomatiques de
l'Algérie dans votre pays.
PRIÈRE D'INTERVENIR IMMÉDIATEMENT.
APRÈS LE 28 AOÛT 2002, VÉRIFIEZ AUPRÈS DE VOTRE SECTION
S'IL FAUT ENCORE INTERVENIR. MERCI.
La version originale a
été publiée par Amnesty International,
Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW,
Royaume-Uni.
La version française a été traduite et diffusée par Les Éditions
Francophones d'Amnesty International - ÉFAI -
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