Documento - Marruecos y el Sáhara Occidental: Se impide a defensora de los derechos humanos regresar a casa.
AU 326/09, MDE 29/014/2009 – Maroc / Sahara occidental 4 décembre 2009
ACTION URGENTE
PERMETTEZ À UNE DÉFENSEURE DES DROITS HUMAINS DE RENTRER CHEZ ELLE
Les autorités marocaines ont confisqué le passeport d'Aminatou Haidar, une défenseure des droits humains sahraouie, le 13 novembre et l'ont expulsée le lendemain. Elle est bloquée à l'aéroport de Lanzarote, aux Canaries (Espagne). Depuis le 15 novembre, elle observe une grève de la faim en signe de protestation.
Aminatou Haidar, âgée de quarante-deux ans et mère de deux enfants, a été arrêtée le13 novembre à l'aéroport de Laayoune, au Sahara occidental, alors qu'elle rentrait d'un voyage d'un mois dans plusieurs pays, notamment les États-Unis, où elle a reçu en 2009 le prix du Courage civique, décerné chaque année à une personne qui a fait preuve d'une « résistance indéfectible au péril de sa vie ». Elle a été interrogée sur les raisons pour lesquelles elle avait indiqué comme lieu de résidence « Sahara occidental »et non « Sahara marocain »sur sa carte de débarquement ; on l'a également questionnée sur son voyage, ainsi que sur ses opinions et ses liens politiques. Sa carte d'identité et son passeport marocains ont alors été confisqués et elle a été détenue à l'aéroport jusqu'au lendemain. Elle a déclaré que, le 14 novembre, des hauts responsables avaient proposé de la libérer si elle reconnaissait publiquement la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. Elle a refusé de le faire et, quelques heures plus tard, elle a dû embarquer sur un vol à destination de Lanzarote, aux Canaries.
Depuis le 15 novembre, elle observe une grève de la faim en signe de protestation.Selon sa famille, elle est très affaiblie ; sa santé est particulièrement menacée car elle souffre d'anémie et d'un ulcère à l'estomac. Elle refuse de prendre son traitement régulier contre l'ulcère en raison de sa grève de la faim. Elle a rejeté la possibilité d'obtenir le statut de réfugié en Espagne, en insistant sur le fait qu'elle avait le droit de retourner au Sahara occidental. Sans papiers d'identité, Aminatou Haidar est, de fait, bloquée à Lanzarote. Ni sa famille ni elle ne peut accéder à son compte bancaire, ce qui complique encore davantage la situation. Une source, qui a demandé à rester anonyme, a indiqué à sa famille qu'un agent de haut rang des services de sécurité avait ordonné à la banque de bloquer son compte.
Amnesty International pense que l'expulsion d'Aminatou Haidar et la confiscation de sa carte d'identité et de son passeport marocains sont motivées par des raisons politiques et visent à la punir pour sa prise de position en faveur de l'autodétermination du Sahara occidental.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS RAPIDEMENT POSSIBLE AUX DESTINATAIRES CI-APRÈS (en arabe, en anglais, en français ou dans votre propre langue) :
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appelez les autorités à restituer à Aminatou Haidar son passeport et sa carte d'identité, et à lui permettre immédiatement et sans condition de retourner au Sahara occidental ;
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exhortez-les à faire en sorte que l'accès de cette femme à son compte bancaire ne soit pas bloqué par les forces de sécurité.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 15 JANVIER 2010 À :
Roi du Maroc :
Mohammed VI
Bureau de Sa Majesté le Roi
Palais Royal
Rabat, Maroc
Fax : +212 537 73 07 72
Formule d'appel : Your Majesty, / Sire, (puis Votre Majesté, dans le corps du texte)
Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération :
Taieb El Fassi Fihri
Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération
Avenue Franklin Roosevelt
Rabat, Maroc
Fax : +212 537 76 46 79
Courriers électroniques : mail@maec.gov.ma
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,
Copies à :
Président du Conseil consultatif des droits de l'homme :
Ahmed Herzenni
Conseil consultatif des droits de l'homme
Place Ach-Chouhada
Boîte Postale 1341
Rabat 10000, Maroc
Fax : +212 537 72 68 56
Courriers électroniques : ccdh@ccdh.org.ma
Formule d'appel : Dear Mr Herzenni, / Monsieur,
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques du Maroc dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
PERMETTEZ À UNE DÉFENSEURE DES DROITS HUMAINS DE RENTRER CHEZ ELLE
INFORMATIONS GÉNÉRALES
Depuis de nombreuses années, Aminatou Haidar, présidente du Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l'homme (CODESA), a joué un rôle de premier plan dans plusieurs campagnes réclamant la libération des prisonniers d'opinion et des prisonniers politiques sahraouis, ainsi que dans la sensibilisation de l'opinion marocaine et internationale aux violations des droits humains commises au Sahara occidental. Le 20 octobre, elle a reçu le prix du Courage civique, qui s'accompagne d'une récompense de 50 000 dollars (près de 34 000 euros). Il lui a été décerné par la fondation John Train, à New York. Dans un entretien téléphonique accordé à Amnesty International le 3 décembre, Aminatou Haidar a déclaré : « Je suis déterminée à poursuivre mon combat pacifique pour la défense des droits humains [...]. Cette génération et ces enfants [au Sahara occidental] voient de leurs propres yeux l'oppression policière […]. Imaginez simplement, beaucoup d'enfants, au lieu de dessiner des jouets, dessinent un policier avec un pistolet et une matraque, en train de frapper des gens […]. Je crains qu'ils ne deviennent violents et qu'ils incitent à la violence. »
Aminatou Haidar – mère de deux enfants – a été détenue dans un lieu secret, sans inculpation ni jugement, de 1987 à 1991. En 2005, elle a été condamnée à sept mois d'emprisonnement, à l'issue d'un procès inique, pour des infractions liées à sa participation présumée à des manifestations au Sahara occidental. Avant son arrestation, elle avait besoin de soins médicaux pour des blessures consécutives à une agression commise, semble-t-il, par les forces de sécurité alors qu'elle se rendait à une manifestation à Laayoune.
Les autorités marocaines se montrent peu tolérantes à l'égard des personnes qui s'expriment ouvertement en faveur de l'autodétermination du Sahara occidental, qui était un territoire espagnol jusqu'à ce que le Maroc l'annexe en 1975. Elles semblent adopter une position de plus en plus répressive face aux activités des défenseurs des droits humains sahraouis, en violation des obligations qui leur incombent aux termes des traités internationaux relatifs aux droits humains, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques et la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'homme.
Le Sahara occidental fait l'objet d'une querelle territoriale entre le Maroc, qui revendique sa souveraineté, et le Front Polisario, qui appelle à la création d'un État indépendant et a établi un gouvernement autoproclamé en exil dans les camps de réfugiés du sud-ouest de l'Algérie.
AU 326/09, MDE 29/014/2009, 4 décembre 2009
