Documento - LLAMADA INTERNACIONAL. AGOSTO DE 2002
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Amnesty InternationalDOCUMENT PUBLIC |
APPELS MONDIAUX
Août 2002
Index AI : NWS 22/002/02
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ÉFAI
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AMNESTY INTERNATIONAL ÉFAI
Index AI : NWS 22/002/02
DOCUMENT PUBLIC
Londres, août 2002
APPELS MONDIAUX
Août 2002
sommaire
Chine 2
Ukraine 4
Trinité-et-Tobago 5
Chine
Un historien ouïghour derrière les barreaux
TOHTI TUNYAZ, un membre de la communauté ouïghoure de la région autonome ouïghoure du Xinjiang, dans le nord-ouest de la Chine, purge actuellement une peine de onze ans d’emprisonnement en raison de ses travaux de recherche sur l’histoire ouïghoure. Amnesty International considère qu’il s’agit d’un prisonnier d’opinion.
Tohti Tunyaz, qui écrit sous le pseudonyme de Tohti Muzart, prépare un diplôme de troisième cycle au Japon en vue de se spécialiser dans l’histoire de la politique chinoise à l’égard des groupes minoritaires.
Il a été arrêté en février 1998 alors qu’il s’était rendu dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang pour effectuer des recherches dans le cadre de sa thèse, puis a été inculpé d’« incitation au séparatisme » et d’« acquisition illégale de secrets d’État ».
Tohti Tunyaz a été reconnu coupable en mars 1999 par le tribunal populaire intermédiaire d’Ürümqi. La condamnation et la peine ont été confirmées en appel en mars 2000.
Au cours du procès, le tribunal a cité des documents que Tohti Tunyaz a obtenus dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang ainsi qu’un livre favorable au « séparatisme ethnique » qu’il est accusé d’avoir publié au Japon.
Son professeur au Japon, Tsugitaka Sato, a clairement affirmé que lesdits « secrets d’État » n’étaient rien d’autre qu’une liste de documents vieux de cinquante ans fournis par une bibliothèque officielle et que Tohti Tunyaz n’avait publié aucun livre prônant le « séparatisme ethnique ».
L’emprisonnement de Tohti Tunyaz survient à un moment où la répression gouvernementale s’intensifie dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, principalement contre la population ouïghoure, à majorité musulmane.
À la suite des attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, la Chine a fait monter d’un cran la répression politique en fermant des mosquées, en faisant brûler des livres ouïghours et en qualifiant les partisans de l’indépendance de la région de « séparatistes ethniques » ou de « terroristes ».
En mai 2001, le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire est parvenu à la conclusion que l’incarcération de Tohti Tunyaz était arbitraire et violait les droits de cet homme à la liberté de pensée, d’expression et d’opinion.
Veuillez écrire aux autorités chinoises pour demander la libération immédiate et inconditionnelle de Tohti Tunyaz et réclamer que le droit à la liberté d’expression soit garanti à tous dans la région autonome ouïghoure du Xinjiang, sans distinction d’origine ethnique, de croyance religieuse ou d’opinion politique.
Envoyez vos appels au président du gouvernement populaire de la région autonome ouïghoure du Xinjiang :
Abdulahat Abdurixit
Chair of the Xinjiang Uighur Autonomous Region People’s
Government
Xinjiang Weiwuer Zizhiqu Renmin Zhengfu
2 Zhongshanlu
Wulumuqishi 830041
Xinjiang Weiwuer Zizhiqu
République populaire de Chine
Télégrammes : Chair of Regional Government, Wulumuqishi, Xinjiang, Chine
Photo :
Tohti Tunyaz © DR
Risque de représailles policières contre un prisonnier
TIMUR FLORES LOPEZ, un jeune homme de dix-neuf ans, aurait été roué de coups en présence d’une trentaine d’autres détenus le 14 juin 2002, après qu’un groupe de policiers masqués eut apparemment fait irruption dans sa cellule. La police de la ville de Vinnitsa faisait l’objet d’une enquête, Timur Flores Lopez ayant accusé certains de ses membres de l’avoir torturé en septembre 2000.
Les agents de police, qui auraient été autorisés par des responsables de l’administration pénitentiaire à pénétrer dans la prison n° 1, auraient battu Timur Flores Lopez puis l’auraient placé dans une petite cellule d’isolement désignée sous le nom de « taule ». Amnesty International pense que l’objectif était de sanctionner ce dernier et de le dissuader de maintenir la plainte pour torture et mauvais traitements qu’il a déposée contre la police locale.
Cette plainte se fonde sur les mauvais traitements infligés à Timur Flores Lopez par des agents de police en septembre 2000. Le jeune homme était alors âgé de dix-sept ans. Soupçonné de vol, il a été arrêté et aurait subi des tortures visant à le contraindre à faire des « aveux » qui ont ensuite été utilisés au cours de son procès pour obtenir sa condamnation, en novembre 2001, à cinq ans d’emprisonnement pour vol.
Amnesty International a exhorté les autorités ukrainiennes à enquêter sur ces graves accusations, puis les services du médiateur chargé des droits humains sont intervenus. En avril 2002, une cour d’appel de Vinnitsa a annulé la condamnation et renvoyé l’affaire pour complément d’information. Amnesty International craint que cette nouvelle enquête n’expose sérieusement Timur Flores Lopez à d’autres actes de torture et mauvais traitements.
Veuillez écrire aux autorités ukrainiennes pour exprimer vos préoccupations au sujet des mauvais traitements qui auraient été infligés à Timur Flores Lopez le 14 juin 2002. Demandez-leur de prendre immédiatement des mesures pour garantir la sécurité de ce prisonnier et veiller à ce qu’il ne fasse pas l’objet de nouvelles représailles. Exhortez-les à mener, dans un délai raisonnable, une enquête approfondie et impartiale sur les allégations selon lesquelles la condamnation de Timur Flores Lopez en novembre 2001 reposait sur des « aveux » forcés.
Envoyez vos appels au procureur général :
Prosecutor General Svyatoslav Piskun
ul. Reznitskaya 13/15
252601 Kyiv-II
Ukraine
Fax : +380 44 290 2603
Photo :
Timur Flores Lopez © DR
Pas d’enquête sur la mort d’un détenu
ANTON COOPER a été retrouvé mort dans sa cellule, au petit matin du 26 juin 2001, seulement vingt-quatre heures après son placement en détention provisoire. Son corps était nu et humide et portait des traces de coups indiquant qu’il avait subi un passage à tabac. La mort a résulté d’une « asphyxie et de multiples lésions traumatiques provoquées par des instruments contondants ». D’autres détenus du centre de détention provisoire de Golden Grove ont déclaré avoir vu des gardiens rouer de coups Anton Cooper. Plusieurs d’entre eux sont prêts à risquer des représailles pour témoigner devant le tribunal.
Rhonda Kernahan, la sœur d’Anton Cooper, qui a vu le corps avant l’enterrement, a constaté qu’il portait des blessures béantes à l’arrière du crâne, une coupure sur le visage, des hématomes sous les yeux, les bras et les jambes, et que son pénis était tuméfié. La famille est convaincue qu’il n’a pu s’infliger lui-même ces blessures.
Après la mort d’Anton Cooper, le directeur des prisons par intérim a promis publiquement qu’un dirigeant de l’établissement pénitentiaire ouvrirait une enquête sur cette affaire, mais il a maintenu qu’aucun fonctionnaire de la prison n’avait roué de coups Anton Cooper. À ce jour, aucun rapport complet de pathologiste ni aucun résultat d’une quelconque enquête n’ont été rendus publics malgré les nombreuses préoccupations exprimées notamment par les médias.
Veuillez écrire aux autorités de Trinité-et-Tobago pour demander qu’une enquête approfondie et impartiale soit menée dans les meilleurs délais sur la mort d’Anton Cooper afin que les responsables présumés soient déférés à la justice.
Envoyez vos appels au directeur de la police :
Mr Hilton Guy
Commissioner of Police
Police Administration Building
Sackville Street
Port of Spain
Trinité-et-Tobago
Fax : +1 868 623 2585
Photo :
La mère et la sœur d’Anton Cooper pleurent le défunt © DR
La version originale en langue anglaise de ce document a été publiée par Amnesty International, Secrétariat international, 1 Easton Street, Londres WC1X 0DW, Royaume-Uni, sous le titre World Wide Appeals. August 2002.
La version française a été traduite et diffusée aux sections francophones et au Secrétariat international par LES ÉDITIONS FRANCOPHONES D'AMNESTY INTERNATIONAL – ÉFAI – août 2002.
Vous pouvez également consulter le site Internet des ÉFAI :www.efai.org
Pour toute information complémentaire, veuillez vous adresser à :
