Informe anual 2013
El estado de los derechos humanos en el mundo

Comunicados de prensa

4 junio 2013

Salvador. Plus aucune femme ne doit subir le traitement discriminatoire réservé à Beatriz, qui s’apparente à de la torture

Aucune femme ne doit se voir refuser des soins médicaux vitaux – notamment un avortement si cela est nécessaire –, a déclaré Amnesty International après que les autorités salvadoriennes aient attendu pendant des semaines pour agir afin de sauver la vie d’une femme enceinte gravement malade.

La vie de « Beatriz » n’est plus en danger, le gouvernement salvadorien l’ayant finalement autorisée lundi 4 juin à subir une césarienne anticipée afin qu'elle ne succombe pas aux complications causées par une grossesse non viable et une grave maladie.

Beatriz – dont le cas a galvanisé des militants du monde entier – a ainsi souffert pendant de longues semaines tandis que les tribunaux et responsables salvadoriens débattaient de la possibilité de lui offrir un traitement.

« Nous souhaitons à Beatriz un prompt rétablissement après cette expérience difficile et inutilement prolongée », a indiqué Esther Major, spécialiste du Salvador à Amnesty International.

« Dans le même temps, nous tenons à affirmer avec force qu’aucune femme ou jeune fille ne doit subir le genre de discrimination, assimilable à de la torture, infligé à Beatriz, qui a dû lutter pour rester en vie tandis qu’on lui refusait un avortement susceptible de la sauver et de préserver sa santé. »

« Chaque femme – au Salvador comme partout ailleurs dans le monde – doit avoir accès à des soins médicaux vitaux quand elle en a besoin », a insisté Amnesty International.

« Le gouvernement salvadorien doit immédiatement agir afin d’en finir avec l'interdiction totale de l'avortement, et de mettre la législation du pays en conformité avec les normes internationales en matière de droits humains. Les lois ne doivent pas lier les mains des médecins, ou empêcher les femmes et les jeunes filles d’obtenir les soins requis, comme dans ce cas, pour leur sauver la vie ou préserver leur santé », a ajouté Esther Major.

« On n’aurait jamais dû en arriver à cette situation épouvantable. Jouer ainsi avec la vie et la santé de Beatriz était un acte d’une cruauté inimaginable de la part du gouvernement salvadorien. Pendant plus de deux mois, elle a attendu dans l’angoisse, malade, ne sachant pas si elle survivrait à un autre jour de grossesse. Il est incroyable qu'elle ait été forcée à faire campagne pour sauver sa propre vie et sa santé. Nous sommes émus par le courage de Beatriz face à cette cruauté », a-t-elle poursuivi.

Beatriz n’était pas seule. Outre l’Agrupación Ciudadana, une organisation ayant inlassablement œuvré en sa faveur, des centaines de milliers de personnes du monde entier ont joint leur voix aux appels au respect des droits fondamentaux de cette jeune femme. Beaucoup d'entre elles ont répondu aux différentes actions lancées par les bureaux d'Amnesty International dans le monde.


Complément d’information


Beatriz récupère actuellement à l’hôpital. La jeune femme de 22 ans – déjà mère d’un petit garçon – est atteinte de plusieurs maladies graves, dont le lupus, ainsi que de troubles rénaux ; en raison de ces problèmes, mener à son terme une grossesse non viable – le fœtus était anencéphale – représentait un risque grave pour sa vie et sa santé. Des médecins ont déclaré que Beatriz pourrait mourir si on n’interrompait pas sa grossesse. Ils ne l'ont cependant pas traitée, de peur d'être poursuivis en vertu de l'interdiction totale de l'avortement dans le pays.

Comme les médecins l’avaient prédit, le bébé, à qui il manquait une grande partie de la tête et du cerveau, n'a survécu que quelques heures après sa naissance.

Índice AI: PRE01/264/2013
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