30 avril 2010
Il faut régler les problèmes de transport qui empêchent les femmes des régions rurales de jouir de leur droit à la santé

Les autorités sud-africaines doivent supprimer de toute urgence l'un des principaux obstacles qui empêchent les femmes de jouir de leur droit à la santé : l'absence de transports fiables, abordables et sûrs, en particulier pour les femmes pauvres qui vivent dans des régions rurales. L'État semble négliger cette question critique dans ses efforts croissants visant à lutter contre l'épidémie de VIH et la violence faite aux femmes.

L'épidémie de VIH qui sévit en Afrique du Sud touche les femmes de manière disproportionnée. Le taux d'infection chez les femmes âgées de 15 à 34 ans est deux à quatre fois plus élevé que chez les hommes de la même tranche d'âge, et près de 30 % des femmes suivies dans les services de consultation prénatale sont séropositives.


Le vice-président sud-africain, Kgalema Motlanthe, a souligné fin 2009 que cet écart de prévalence flagrant entre hommes et femmes était lié au manque d'autonomie des femmes, qui représente l'une des « principales causes de l'épidémie ».

Des études portant sur l'Afrique du Sud montrent que les femmes victimes de violences au sein de leur foyer présentent un risque accru d'infection par le VIH sur le long terme. En effet, elles ont plus de difficultés à refuser des relations non protégées. De plus, les hommes qui commettent des violences ont souvent des pratiques à risque comme, par exemple, des relations sexuelles non protégées avec des partenaires multiples.

Bien que plusieurs lois aient été modifiées afin de renforcer la protection des femmes contre les violences sexuelles et autres violences liées au genre et d'améliorer leur accès à la justice, ces atteintes sont toujours monnaie courante. Les femmes issues de milieux ruraux pauvres n'ont souvent pas la possibilité de se réfugier dans un endroit sûr ni de bénéficier d'autres services d'urgence. Les longues distances ainsi que les transports relativement coûteux et peu fréquents, surtout tard le soir, constituent des obstacles majeurs pour elles.

Ces obstacles doivent être surmontés afin de permettre aux femmes qui subissent des violences liées au genre d'avoir accès à des lieux sûrs et de recevoir rapidement des soins médicaux, notamment pour réduire le risque d'infection par le VIH.

Ces mêmes obstacles relatifs aux transports empêchent les femmes vivant avec le VIH dans des conditions similaires d'avoir régulièrement accès à des traitements, des soins et des services de soutien. Les autorités sanitaires continuent à élargir l'accès aux services assurant une prise en charge complète du VIH/sida – qui englobe notamment les traitements antirétroviraux. Néanmoins, ce sont toujours les hôpitaux qui assurent la majorité de ces services. Le coût du transport vers ces structures éloignées est souvent élevé, en particulier pour les femmes touchées par la pauvreté et le chômage.

En février 2010, l'État a annoncé l'augmentation du budget consacré à la lutte contre le VIH. En avril, le gouvernement et le Conseil national sud-africain de lutte contre le sida ont lancé un plan visant à multiplier les programmes de prévention et de traitement du VIH. Les objectifs de ce plan correspondent à une stratégie approuvée à la grande majorité, mise en place en 2007.
Cependant, bien que tous les ministères aient été exhortés à participer à ces efforts redoublés, le rôle du ministère des Transports n'a pas été reconnu.

Le gouvernement a mobilisé des ressources afin d'améliorer le système de transports urbains en vue de la Coupe du monde qui débutera en juin 2010. Il doit également prendre suffisamment en compte les besoins de transport des femmes économiquement et socialement marginalisées, qui vivent en zone rurale et risquent d'être infectées par le VIH ou le sont déjà.

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