18 décembre 2009
Corée du Sud : les travailleurs migrants doivent être protégés

Manifestation organisée à l'occasion de la Journée internationale des migrants devant la gare de Séoul (Corée du Sud, 13 décembre 2009).La Corée du Sud a été l'un des premiers pays asiatiques à garantir les droits des travailleurs migrants. Or, les travailleurs migrants sont actuellement exposés dans ce pays à des conditions de travail abusives qui incluent la discrimination et des violences physiques ou verbales.

Près de 500 000 travailleurs migrants non qualifiés sont employés en Corée du Sud dans les usines, dans le bâtiment et dans l'agriculture, notamment.

Ils doivent accomplir de longues journées de travail et travailler de nuit. Dans de nombreux cas les heures supplémentaires ne sont pas payées et leurs salaires sont souvent retenus. Leur rémunération est en moyenne inferieure, pour les mêmes emplois, à celle des travailleurs sud-coréens, ils sont davantage exposés au risque d'accident du travail et, en cas de blessure, ils ne sont pas correctement soignés ou indemnisés.

Les femmes risquent tout particulièrement d'être exploitées. Un grand nombre d'entre elles sont harcelées ou agressées sexuellement par les cadres ou par leurs collègues, et certaines sont livrées à des trafics par leur employeur.

Le gouvernement sud-coréen a annoncé en septembre 2008 qu'il allait « prendre des mesures sévères contre les étrangers en situation irrégulière » et réduire leur nombre de moitié d'ici 2012.

Cela s'est traduit par une augmentation considérable du nombre d'inspections menées par les services de l'immigration sur les lieux de travail, dans la rue, à proximité des gares d'échange des transports en commun, sur les marchés et au domicile de travailleurs migrants. Le nombre d'arrestations de travailleurs migrants en situation irrégulière a augmenté de 50 % entre 2007 et 2008.

Entre janvier et mai 2009, plus de 11 000 travailleurs migrants en situation irrégulière ont été arrêtés et placés en détention, et plus de 11 000 autres ont été expulsés.

Amnesty International a fait état de cas d'arrestations arbitraires, d'expulsions collectives et de violations des procédures en vigueur en matière de maintien de l'ordre observés lors de ces opérations de répression.

Cette répression massive a fait peser une forte pression sur les centres de détention : elle a contribué à la surpopulation et aux mauvaises conditions de vie, et rallongé le délai d'accès aux soins médicaux.

Certains migrants en situation irrégulière sont incarcérés dans d'anciens immeubles de bureaux reconvertis en centres de rétention. Ces locaux sont totalement inappropriés car ils n'ont pas été conçus pour recevoir et héberger des détenus. Ils sont mal ventilés – certains n'ont pas de fenêtre donnant sur l'extérieur – et ne disposent pas d'une cour à l'air libre pour les activités de détente.

Légende photo : Manifestation organisée à l'occasion de la Journée internationale des migrants devant la gare de Séoul (Corée du Sud, 13 décembre 2009).

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