Une adolescente violée au Burundi : demandez justice !

21 juillet 2008

Kaneza [le prénom a été changé], une adolescente de treize ans de la province de Bujumbura-rural, a été violée par un homme de vingt-deux ans en septembre 2007. Kaneza n’en a parlé à personne, jusqu’à ce qu’elle se rende compte qu’elle était enceinte. Elle a alors raconté ce qui s’était passé à la femme de son oncle, qui a immédiatement signalé les faits à la police.

Des victimes de viol dans le centre de Médecins sans frontières (MSF) à Bujumbura (Burundi).Arrêté et interrogé, le violeur présumé a avoué. La famille de Kaneza pensait que cela suffirait à engager des poursuites judiciaires, bien que le jeune homme ait été libéré au bout de quelques jours. Des militants locaux des droits humains ont indiqué que le père du garçon avait contacté le procureur de Bujumbura-rural pour proposer un accord à l’amiable.

Lorsque les proches de la victime ont parlé au procureur, celui-ci les a obligés à accepter cet accord et à abandonner les poursuites. La famille de Kaneza s’est plainte auprès des autorités judiciaires de Bujumbura, la capitale du Burundi. Le procureur a ensuite reçu l’ordre de réarrêter le violeur présumé, mais au lieu de se plier à cette injonction il a retenu Kaneza pendant plusieurs heures et l’a menacée.

La jeune fille a accouché récemment. Son violeur présumé est toujours en liberté.

Le viol est une pratique répandue au Burundi et de nombreux cas, comme celui de Kaneza, ne donnent lieu à aucune poursuite. Souvent, les femmes n’osent même pas porter plainte, de peur d’être rejetées par leur famille et leur entourage.

Le système judiciaire est marqué par des dysfonctionnements. La police et le parquet enquêtent rarement sur les informations faisant état de viol ou d’autre agression sexuelle, de même qu’il est rare que les personnes accusées de tels actes soient poursuivies en justice. Parfois, les victimes sont contraintes de retirer leur plainte et d’accepter un accord négocié avec l’agresseur ou sa famille en dehors du cadre judiciaire formel. La victime peut également être forcée à se marier avec son agresseur.

Passez à l'action   
Écrivez au procureur général de la République du Burundi pour demander que le viol présumé de Kaneza donne lieu à une enquête et que le suspect soit traduit en justice.