14 février 2008
Le risque de viol est omniprésent pour les femmes au Darfour
Femmes en train de transporter des fagots de bois pour le feu dans le camp de réfugiés de Kalma pour personnes déplacées (Soudan). « Il n'y a pas assez de bois aux alentours du camp. Mais les Arabes jammala dominent la région et nous n'osons pas nous éloigner. Les hommes sont battus et les femmes sont violées. » Déclaration faite en 2007 par un homme vivant dans un camp de déplacés


Pendant le conflit au Darfour, au moins 2,3 millions de personnes ont été déplacées. La plupart de celles qui ont été chassées de chez elles et de leur communauté vivent à présent dans plus de 65 camps dispersés dans le Darfour.

En 2003 et 2004, des centaines de milliers de personnes ont été chassées de chez elles par des attaques marquées non seulement par des homicides mais aussi par un nombre sans précédent de viols.

Les milices janjawids ont utilisé le viol comme arme afin d’humilier et de punir les communautés qu’elles attaquaient. Les femmes étaient souvent violées en public et certaines étaient enlevées et séquestrées pendant des mois dans des camps de miliciens où elles étaient assujetties à l’esclavage sexuel.

Les femmes sont plus nombreuses que les hommes dans les camps et elles risquent systématiquement d’être violées lorsqu'elles en sortent. Un grand nombre de camps sont entourés d'une bande de désert où quasiment rien ne pousse. Les femmes sont violées lorsqu'elles quittent le camp pour aller chercher du bois ou pour aller au marché. Les viols sont commis par les milices janjawids, par les soldats des forces gouvernementales, par les groupes d’opposition armée et parfois même par d’autres personnes déplacées.

Une jeune fille déplacée au cours du conflit a signalé qu’elle avait été violée par un groupe de soldats de l'armée soudanaise alors qu'elle était allée ramasser du bois pour le feu. Son frère l’a accompagnée au poste de police local pour qu’elle dénonce cette agression mais le policier qui les a reçus a refusé d’enregistrer la plainte. Comme il protestait contre la procédure, le frère de la victime a été arrêté.

« J’ai toujours en tête les images de ce jour-là. Je ne peux pas dire que je suis complètement guérie. Le choc est terrible. Je ne fais pas confiance à la police et je ne pourrai jamais le faire », a déclaré la jeune fille à Amnesty International.

La plupart des femmes qui sont violées au Darfour ne portent pas plainte. En effet, il est tellement improbable que les violeurs soient déférés à la justice qu’elles ne prennent pas le risque de ruiner leur réputation et leurs chances de se marier.

La police enquête rarement sur les viols qui lui sont signalés ; lorsque les violeurs présumés appartiennent à l'armée soudanaise, il est impossible d'obtenir justice. Parfois, c’est la personne qui porte plainte qui est arrêtée.

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