26 janvier 2010
Agissez en faveur de familles roms victimes d'expulsions forcées en Roumanie

Il y a six ans, une centaine de Roms qui vivaient à Miercurea Ciuc, une ville du centre de la Roumanie, ont été expulsés de force de chez eux. La plupart ont été réinstallés par les autorités à la périphérie de la ville, près d'une station d'épuration. Environ 75 d'entre eux vivent toujours là, dans des conditions d'hygiène déplorables, dans des cabanes et des baraques en tôle. Certains ont décidé de s'installer près d'une décharge à quelques kilomètres de là plutôt que d'habiter à côté de la station d'épuration. Il a été dit à ces personnes que cette situation serait temporaire ; or, plus de six ans après, les autorités locales ne prévoient pas de les réinstaller dans des logements décents.

En 2004, une centaine de Roms ont été expulsés de force de leur logement appartenant à la municipalité, rue Pictor Nagy Imre, où ils vivaient depuis les années 1970. Les autorités n'avaient pas fait réparer le bâtiment depuis de nombreuses années. Elles leur ont affirmé qu'ils étaient expulsés pour leur propre sécurité et que l'immeuble allait être détruit. La plupart de ces personnes ont été relogées à la périphérie de la ville, au bout de la rue Primaverii, derrière une station d'épuration. Les autorités n'ont pas tenté d'étudier avec elles les possibles solutions alternatives à l'expulsion ni les sites de réinstallation envisageables, ce qui constitue une violation des normes internationales en matière d'expulsion.

Désormais contraintes d'habiter aux limites de la ville, ces familles sont exclues de la société et vivent dans des conditions inhumaines. Les cabanes en métal sont surpeuplées et ne protègent pas de l'humidité, du froid, de la chaleur ou de la pluie. Les installations sanitaires sont totalement inadaptées, avec seulement quatre cabines de toilettes pour 75 personnes et un robinet d'eau potable.

Le droit roumain dispose que personne ne doit vivre à moins de 300 mètres d'une source éventuelle de risques toxiques ; ces familles roms sont pourtant installées dans une zone dangereuse. Les autorités n'ont rien fait pour étudier le risque potentiel que pose le fait de vivre si près de la station d'épuration. La puanteur des excréments humains envahit l'air autour des cabanes et des baraques. De nombreux Roms installés là ont évoqué les conséquences négatives que cette odeur a sur leur vie quotidienne, ainsi que leurs peurs concernant le danger sanitaire pour toute la communauté.

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