24 août 2009
Les autorités soudanaises doivent abolir la flagellation et abroger les lois discriminatoires

[asset|aid=3668|format=image|formatter=asset|title=L'ancienne journaliste Lubna Hussein quitte le café de Khartoum où elle a été interpellée parce qu'elle portait un pantalon.|width=204|heig

L'ancienne journaliste Lubna Hussein quitte le café de Khartoum où elle a été interpellée parce qu'elle portait un pantalon.La police de Khartoum a fait irruption dans un restaurant le 5 juillet et arrêté 13 femmes et jeunes filles parce qu'elles portaient un pantalon dans un lieu public. Après deux jours de garde à vue, 10 d'entre elles, qui n'ont pas bénéficié de l'assistance d'un avocat, ont été déclarées coupables de comportement indécent. Elles ont été condamnées à recevoir 10 coups de fouet et à verser une amende d'environ 70 euro. Deux d'entre elles sont âgées de seize et dix-sept ans. Amnesty International s'oppose à la flagellation en tant que traitement cruel, inhumain et dégradant, et a déjà condamné publiquement l'utilisation de ce châtiment au Soudan.

Lubna Ahmed al Hussein et deux autres femmes ont sollicité une assistance juridique. Tandis que ces deux femmes ont accepté la grâce présidentielle qui leur était offerte, Lubna Ahmed al Hussein l'a refusée. Elle a déclaré qu'elle allait démissionner de son poste auprès de la Mission des Nations unies au Soudan (MINUS), afin de ne pas bénéficier de l'immunité accordée au personnel des Nations unies. Elle souhaite être jugée en tant que citoyenne soudanaise.

Lubna Ahmed al Hussein, en tant que journaliste, a écrit des articles sur les lois utilisées pour harceler les femmes, qui, dans la majorité des cas, ne portent pas plainte par peur d'être mises à l'index. Afin d'attirer l'attention sur ce problème généralisé mais rarement dénoncé, Lubna Ahmed al Hussein souhaite mettre à profit sa présence au tribunal pour faire pression en faveur de l'abrogation de cette loi qui autorise à fouetter les femmes portant « des vêtements indécents ou immoraux qui heurtent les sentiments du public ». La loi actuelle sur les comportements indécents, qui prévoit une peine de 40 coups de fouet au maximum ou d'une amende, se prête à diverses interprétations de la part des policiers, ce qui aboutit à des arrestations arbitraires et autres mesures de harcèlement.

Lubna Ahmed al Hussein a comparu devant le tribunal à deux reprises, soutenue par une cinquantaine de manifestants, majoritairement des femmes.
Nombre d'entre elles portaient des pantalons en signe de soutien à Lubna et d'opposition à la loi. La prochaine audience est prévue le 7 septembre.

La position qu'a adoptée Lubna Ahmed al Hussein a permis de braquer les projecteurs sur la violation systématique des droits des femmes et des jeunes filles en vertu de la loi. Amnesty International la considère comme une défenseure des droits humains.

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