11 mai 2009
Soutenez les proches des victimes et les rescapés du tremblement de terre du Sichuan

« Dans le canton de Beichuan, à l'exception de l'école, aucun bâtiment ne s'est effondré lors du tremblement de terre. De quel genre de tremblement de terre s'agit-il ? », demande le père d'un adolescent de quinze ans mort dans le collège de Beichuan.

Il y a un an, le 12 mai 2008 à 14 h 28, un violent tremblement de terre de magnitude 8 sur l'échelle de Richter frappait le canton de Wenchuan, dans la province du Sichuan (sud-ouest de la Chine). Le séisme a fait des victimes et des dégâts matériels dans plusieurs provinces, notamment le Sichuan, le Gansu, le Shaanxi et le Yunnan.

Communiqués le 25 septembre 2008, les chiffres officiels les plus récents font état de 69 227 morts, 17 923 disparus et 374 643 blessés. Un grand nombre des personnes tuées ou blessées étaient des écoliers et des collégiens.

Le 6 mai 2009, deux jours après la publication du rapport d'Amnesty International intitulé China: Justice Denied: Harassment of Sichuan earthquake survivors and activists, les autorités chinoises ont pour la première fois rendu public un chiffre officiel sur le nombre d'élèves présents dans les établissements scolaires qui ont péri lors du séisme : 5 355. Les autorités du Sichuan ont une nouvelle fois nié toute responsabilité dans la mort de ces jeunes et affirmé que seule la violence du tremblement de terre avait provoqué l'effondrement d'une grande quantité de bâtiments scolaires.

Selon de nombreux rescapés et parents de victimes, les établissements scolaires ont été endommagés de manière disproportionnée en comparaison d'autres bâtiments officiels ou de locaux d'habitation.

Les familles pensent qu'en raison de la corruption au niveau local, les établissements d'enseignement ont été bâtis selon des normes de piètre qualité, et elles estiment que la mort de leurs enfants aurait pu être évitée.

La question du nombre d'élèves qui ont péri dans leur salle de classe pendant le tremblement de terre est par conséquent très sensible pour les autorités chinoises.

Des centaines de parents qui ont voulu protester et demander au gouvernement d'enquêter sur l'effondrement des établissements scolaires ont été harcelés par la police. Un grand nombre ont été arrêtés arbitrairement et placés dans des « prisons noires » ou forcés à suivre des « sessions d'étude ».

« La municipalité de Yinghua a déclaré que les bâtiments scolaires s'étaient effondrés à cause du tremblement de terre, a indiqué à Amnesty International un père endeuillé.

« J'ai répondu que les écoles n'étaient pas aux normes et j'ai demandé qu'une expertise soit conduite par le service de l'urbanisme. Une enquête a été menée. […] Mais les autorités n'ont jamais répondu à nos requêtes et ne nous ont jamais communiqué le rapport. »

Le père d'une autre victime, qui a été détenu dans une « prison noire », a déclaré : « Une fois, j'ai été détenu [par la police locale] pendant deux jours. [Les policiers] m'ont enfermé dans une petite pièce et m'ont imposé des séances d'éducation politique. […] Ils m'ont mis en garde quant à mes démarches vis-à-vis de la justice, et m'ont menacé d'arrestation si je n'y renonçais pas. »

« Je n'ose plus aller travailler dans ma boutique, maintenant je ne bouge plus de chez moi, parce que j'étais le seul à travailler là, a déclaré un autre parent. Ils pourraient venir m'arrêter, à tout moment. J'ai très peur. »

Un an après le tremblement de terre du Sichuan, Amnesty International a demandé aux autorités chinoises de prendre immédiatement des mesures pour que les rescapés et les parents de victimes aient véritablement accès à la justice, en leur permettant de saisir librement des tribunaux impartiaux et indépendants et de consulter sans entraves les avocats et les militants qui ont proposé de les assister.

« En plaçant illégalement sous les verrous des parents d'enfants qui sont morts dans le tremblement de terre du Sichuan, le gouvernement crée davantage de souffrance encore pour des personnes dont certaines ont indiqué qu'elles avaient tout perdu lors de la catastrophe, a déclaré Roseann Rife, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.

« Les autorités chinoises doivent cesser de harceler les survivants du séisme qui cherchent des réponses à leurs questions et tentent de recoller les morceaux d'une vie brisée. »

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