25 novembre 2009
Il faut stopper et renverser la progression du VIH en Afrique du Sud

En Afrique du Sud, l'épidémie de VIH touche les femmes de manière disproportionnée. Selon des statistiques officielles, 5,2 millions de personnes sont infectées par le VIH dans ce pays. Le taux d'infection chez les femmes âgées de quinze à trente-quatre ans est deux à quatre fois plus élevé que chez les hommes de la même tranche d'âge, et près de 30 % en moyenne des femmes suivies dans les services de consultation prénatale sont séropositives.

Le vice-président sud-africain, Kgalema Motlanthe, a récemment souligné que cet écart de prévalence flagrant entre hommes et femmes est lié au manque d'autonomie des femmes, qui représente l'une des « principales causes de l'épidémie ». Les femmes n'ont souvent pas la possibilité de contraindre leur compagnon à utiliser un préservatif pour se protéger des risques de transmission du VIH quand elles dépendent économiquement ou socialement de ce partenaire ou lorsqu'elles risquent de subir des violences.

Les femmes sont également touchées par la pauvreté de manière disproportionnée. Les deux tiers d'entre elles vivent avec moins de 500 rands (environ 67 dollars des États-Unis) par mois, cette proportion étant nettement plus élevée que chez les hommes, selon une étude réalisée en 2008. Le gouvernement a élargi l'accès aux services assurant une prise en charge complète du VIH, y compris la fourniture d'un traitement antirétroviral pour le sida, mais ces services sont très généralement fournis dans les hôpitaux. Pour les femmes pauvres qui vivent en milieu rural, le coût du transport jusqu'à ces établissements souvent éloignés est élevé par rapport à leurs revenus. Il leur est donc particulièrement difficile de commencer ou de poursuivre un traitement quotidien sous surveillance médicale.

De plus, les systèmes de transport en milieu rural sont souvent peu fiables. P, qui dirige une organisation apportant une assistance aux femmes infectées par le VIH dans plusieurs villages, a fait part de ses préoccupations à Amnesty International : « Quand vous vivez dans [un village pauvre] qui n'est pas relié par le car, il vous faut attraper le seul véhicule qui peut vous emmener, a-t-elle expliqué. Si vous le ratez, il n'y a plus rien après, il n'y a plus d'autre moyen de transport [pour la journée]. »

Les obstacles et les délais qui empêchent de recevoir le traitement nécessaire peuvent entraîner une grave dégradation de l'état de santé des personnes infectées par le VIH ou risquant de l'être.

L'Afrique du Sud a mis en place en 2007 pour lutter contre l'épidémie une stratégie qui a fait l'objet d'un large consensus. Lors d'une allocution devant le Parlement en octobre 2009, le président Jacob Zuma a annoncé que la Journée mondiale de lutte contre le sida 2009 devait marquer le point de départ du renversement de la progression du VIH. Il a souligné que la bataille contre le VIH n'était pas encore gagnée, et appelé tous les échelons du gouvernement à participer à la mise en œuvre de cette stratégie.

Cet engagement renouvelé du gouvernement en faveur de la lutte contre le VIH et le sida – qui constitue l'un des Objectifs du millénaire pour le développement – est un point positif. Le gouvernement devra cependant veiller, dans le cadre de cet élan nouveau donné au combat contre le VIH/sida, à répondre aux besoins spécifiques des femmes, en particulier pour celles qui vivent dans les campagnes pauvres. L'amélioration de l'accès aux services de santé dépend dans une large mesure de l'existence de moyens de transport accessibles, abordables et fiables ; le gouvernement doit prendre davantage conscience du caractère crucial de cet élément dans la lutte contre le VIH/sida.

Passez à l'action ! Écrivez au ministre sud-africain des Transports pour lui demander de renforcer, notamment pour les femmes, l'accès aux services de santé liés au VIH en améliorant la régularité et l'accessibilité des moyens de transport dans les zones rurales.

POUR EN SAVOIR PLUS
Lire le mémoire(en anglais) adressé par Amnesty International au gouvernement sud-africain en août 2009.

 

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Tunisia

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