23 septembre 2008
Le Queer Festival de Sarajevo se déroule dans un climat de violence

(mise à jour 30 septembre 2008) 

Le 24 septembre 2008 s’est ouvert le premier Queer Festival de Sarajevo, qui présentait un programme d'expositions, de spectacles, de débats publics et de films. Des attaques sont toutefois intervenues à la fin de la première journée, faisant huit blessés et contraignant l'ONG organisatrice Udruženje Q à fermer au public les portes de la manifestation, puis à annuler celle-ci purement et simplement.

Dans la période qui a précédé l’ouverture du festival, des responsables politiques et certains médias de Bosnie-Herzégovine ont instauré un climat d’hostilité qui a permis les agressions contre les participants et les organisateurs. Plusieurs sites web ont appelé à lyncher, lapider, asperger d'essence ou expulser du pays ces derniers. Des appels ont également été lancés à la population pour qu’elle perturbe le rassemblement, et l’on craignait que ce discours ne provoque des violences.

Avant l’ouverture de la manifestation, Amnesty International avait adressé une lettre au Premier ministre de Bosnie-Herzégovine, Nikola Špiric, dans laquelle elle exprimait sa préoccupation à propos du climat d’intimidation qui se développait dans le pays contre les lesbiennes, les gays et les personnes bisexuelles ou transgenres ; elle l’avait appelé à assurer la protection des droits de ces personnes.

L’organisation n’a pas reçu à ce jour de réponse à son courrier. L’insuffisance manifeste des mesures prises par les autorités pour empêcher les actes d’intimidation et de violence pendant le festival montre que ses recommandations n’ont pas été entendues.

Amnesty International est préoccupée par les menaces de mort visant individuellement des défenseurs des droits des homosexuels, qui n’ont cessé d’être diffusées sur Internet. On a pu voir notamment sur YouTube une vidéo montrant des images truquées sur lesquelles l’une des organisatrices du festival apparaît décapitée. La presse locale, notamment Dnevni Avaz, Nezavisne Novine et Oslobodjenje, a mis en danger la sécurité des participants en publiant les noms de toutes les personnes blessées lors des agressions.

Amnesty International demande aux autorités de mener sans délai une enquête exhaustive sur les agressions perpétrées, de traduire les responsables présumés de ces actes devant la justice et de veiller à ce que les organisateurs du festival et les personnes qui y ont pris part bénéficient de la sécurité appropriée, y compris maintenant que le rassemblement s’est terminé.

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