Le Zimbabwe doit abandonner les poursuites engagées contre d'anciens prisonniers d'opinion
10 mars 2009
Les prisonniers d'opinion Jestina Mukoko et Broderick Takawira ont respectivement été libérés le 2 mars et le 28 février, après plusieurs mois de détention subis à la suite de leur disparition forcée début décembre 2008.
Ils ont tous les deux été victimes d'une disparition forcée, d'une arrestation et d'une détention illégales, et d'actes de torture aux mains d'agents des services de sécurité de l'État. Ils ont été libérés après le paiement d'une caution s'élevant pour chacun à près de 470 euros. Ils ont également dû remettre leur passeport aux autorités et faire un dépôt de garantie, sous forme de titres de propriété, équivalant à au moins 15 600 euros. Ils doivent en outre se présenter deux fois par semaine au poste de police le plus proche de chez eux.
Amnesty International est soulagée par la libération de ces deux défenseurs des droits humains, mais elle reste préoccupée par le fait qu'ils ont été arrêtés et détenus uniquement en raison de leurs activités pourtant légitimes en faveur des droits humains.
L'organisation a demandé au procureur général de lever toutes les conditions fixées pour la libération des deux prisonniers d'opinion et d'abandonner immédiatement les poursuites engagées contre eux.
Jestina Mukoko et Broderick Takawira font partie d'un groupe d'une trentaine de défenseurs des droits humains et militants politiques victimes d'une disparition forcée et d'une détention illégale. Certains sont accusés par l'État d'avoir recruté des personnes pour un entraînement militaire au Botswana. D'autres sont accusés d'attentats à l'explosif contre des postes de police à Harare et sur une ligne de chemin de fer. Ils nient ces accusations.

Légende photo : Jestina Mukoko, directrice de Projet de paix pour le Zimbabwe, a été libérée début mars après plusieurs mois de détention. Copyright : Projet de paix pour le Zimbabwe
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