Témoin

LES HISTOIRES PERSONNELLES

 

LE PARAGUAY

Au Paraguay, les Yakyes Axas et les Sawhoyamaxas, des peuples indigènes, vivent dans des logements temporaires le long d’une autoroute très fréquentée, avec des possibilités d’accès très limitées à l’eau potable, à la nourriture et aux médicaments. Leurs terres ancestrales sont aux mains de propriétaires privés. En 2005 et en 2006, la Cour interaméricaine des droits de l'homme a jugé que les terres devaient être restituées aux Yakyes Axas et aux Sawhoyamaxas.

Sous l'influence de puissants propriétaires terriens, des membres du gouvernement paraguayen se sont opposés à l'application des jugements. En octobre 2009, le Sénat paraguayen a voté contre la restitution des terres aux Yakyes Axas. Le gouvernement cherche maintenant à leur offrir d'autres terres plutôt qu'à leur restituer celles qui ont pour eux une signification culturelle très forte. 

Les délais fixés par la Cour pour la restitution de ces terres sont dépassés depuis longtemps, mais les terres n’ont toujours pas été rendues. En attendant, ces deux communautés souffrent des effets conjugués du manque de services essentiels, comme l’enseignement et les soins médicaux, et de l’accès limité à l’eau et à la nourriture. 

L'INDE

En Inde, en avril 2001, l'Union populaire pour les libertés publiques, une ONG, a saisi la Cour suprême indienne. L'ONG affirmait que le gouvernement violait le droit à l'alimentation en ne prenant aucune mesure pour lutter contre la malnutrition chronique. Il existait des programmes de financement des déjeuners de midi à l'école et des rations alimentaires pour les familles se situant en-dessous du seuil de pauvreté dans de nombreux États, mais certaines inefficacités faisaient que la qualité et la portée de ces programmes restaient souvent limitées.

En novembre 2001, la Cour a exigé que les rations alimentaires minimum garanties aux familles vivant sous le seuil de pauvreté soient considérés comme des droits juridiques et pleinement appliqués. La Cour a demandé aux autorités des États de fournir des repas de midi cuisinés, avec un apport calorique et protéique spécifique, à tous les écoliers, au moins 200 jours par an.

Cette décision a renforcé le poids des groupes de la société civile qui font campagne pour le droit à l'alimentation. En outre, la Cour a désigné des commissaires chargé de surveiller l'application de la décision. Depuis, on a estimé que 350 000 jeunes filles supplémentaires s'inscrivaient à l'école chaque année. 

L'AFRIQUE DU SUD

En Afrique du Sud, en 2000, le gouvernement avait refusé de fournir la Névirapine – un médicament antirétroviral utilisé pour prévenir la transmission du VIH de la mère à l'enfant – aux personnes qui avaient besoin de ce traitement, alors que 70 000 nouveau-nés étaient contaminés chaque année. Les autorités avaient décidé que le médicament ne serait fourni que sur certains sites pilotes, jusqu'à ce que des programmes nationaux soient mis en place.

Or, le fabricant avait offert le médicament gratuitement au gouvernement pendant cinq ans et les avis scientifiques, notamment ceux de l’OMS et du Conseil de contrôle médical d’Afrique du Sud, étaient favorables à son utilisation.

L’ONG sud-africaine Treatment Action Campaign a organisé une importante mobilisation sur cette question et assigné le gouvernement en justice. En 2002, la Cour constitutionnelle sud-africaine a décidé que le gouvernement devait autoriser et mettre en place l'utilisation de la Névirapine dans tout le secteur public afin de garantir le droit à la santé. Cette décision a permis d'affaiblir la position du gouvernement, hostile à la fourniture généralisée des médicaments antirétroviraux. En outre, elle a renforcé le travail de pression de Treatment Action Campaign visant à généraliser les traitements antiviraux.

En 2003, le gouvernement sud-africain a adopté un plan opérationnel de lutte contre le VIH/sida dont l’un des principaux volets portait sur le traitement antirétroviral.

LES ÉTATS-UNIS

 Aux États-Unis, malgré une législation récente visant à étendre de façon significative la couverture de l'assurance santé, on s'attend à ce que plus de 20 millions de personnes restent sans assurance. Le programme américain Medicaid, destiné aux personnes à faibles revenus, impose un parcours bureaucratique difficile à suivre. De ce fait, les femmes remplissant les conditions pour en bénéficier tardent souvent à recevoir des soins pendant la grossesse. Certaines femmes à faibles revenus n'ont pas la possibilité de payer des soins et doivent donc se passer de tout traitement prénatal.

L'éducation en matière de santé publique est inadéquate, et les informations concernant la contraception sont insuffisantes. Comme les États-Unis ne reconnaissent pas le droit à la santé au niveau national, les femmes n'ont que des recours limités pour exiger un accès correct aux soins de santé. 

LA RÉPUBLIQUE TCHÈQUE

En République tchèque, les enfants roms sont souvent exclus de l'éducation classique et placés dans des écoles et classes dites pratiques, destinées aux élèves présentant des « handicaps mentaux légers », et dont les programmes scolaires sont considérablement réduits. En 2007, la Cour européenne des droits de l'homme a exigé des autorités qu'elles mettent un terme à cette ségrégation dans les écoles et accorde des réparations.

Le gouvernement tchèque a demandé aux directeurs d'école et aux autorités régionales de cesser de placer les enfants roms dans les écoles pratiques. Mais ces instructions n'ont pas été correctement appliquées, et le gouvernement n'a pas mis en place de garanties légales ou pratiques, ni pris de mesures spéciales pour inclure les Roms dans les circuits éducatifs classiques.



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