La peine de mort au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en 2008

Témoignage de Mohamed Tarawneh au sujet de la peine de mort

© Amnesty International

La région Moyen-Orient et Afrique du Nord s’est placée au deuxième rang puisqu’elle a totalisé 21 p. cent des exécutions ayant eu lieu en 2008.

À la connaissance d’Amnesty International, les neuf pays suivants ont procédé à l’exécution d’au moins 508 personnes : Iran (au moins 346), Arabie saoudite (au moins 102), Irak (au moins 34), Yémen (au moins 13), Libye (au moins 8), Égypte (au moins 2), Bahreïn (1), Syrie (au moins 1) et Émirats arabes unis (au moins 1).

À la connaissance d’Amnesty International, les 10 pays suivants ont condamné à mort au moins 609 personnes :  Irak (au moins 285), Algérie (au moins 200), Égypte (au moins 87), Jordanie (au moins 14), Syrie (au moins 7), Koweït (au moins 6), Libye (+), Maroc et Sahara occidental (au moins 4), Iran (+), Arabie saoudite (+).

Aucune exécution n’a eu lieu depuis plusieurs années en Algérie, au Maroc et Sahara occidental et dans les territoires relevant de l’Autorité palestinienne.

Amnesty International demeure préoccupée par l’application de la peine de mort en Iran. En 2008, au moins 346 personnes y ont été exécutées, notamment par lapidation et pendaison. Le nombre de pendaisons sur la place publique a diminué en 2008, depuis que le président de la Cour suprême a promulgué un décret les interdisant.

En 2008, les autorités en Iran ont proposé d'élargir davantage encore le champ d’application déjà vaste de la peine de mort. Une nouvelle loi a été adoptée qui autorise l'imposition de ce châtiment contre des personnes reconnues coupables d’activités audiovisuelles illégales (pornographie). En 2008, était rédigé un projet de loi prévoyant la peine de mort en cas d’apostasie, d’hérésie et de sorcellerie, ainsi que pour certaines cyber-infractions liées à la promotion « de la corruption et de l’apostasie » .

En Arabie saoudite, la nette augmentation des exécutions constatée en 2007 s’est poursuivie en 2008. Les autorités ont procédé à pas moins de 102 exécutions – ce qui représente deux exécutions par semaine en moyenne. En Arabie saoudite, les prisonniers sont condamnés à l’issue de procès le plus souvent secrets et iniques. Les accusés, particulièrement les travailleurs migrants sans ressources originaires d’Afrique et d’Asie, bénéficient rarement des services d’un avocat et ne comprennent pas la procédure, qui se déroule en arabe.

POUR EN SAVOIR PLUS :
Condamnations à mort et exécutions en 2008 – ce document résume l’évolution de l’application de la peine de mort dans le monde en 2008.