La peine de mort au Moyen-Orient et en Afrique du Nord en 2009

Bien que les autorités de différents États aient pratiqué un grand nombre d'exécutions, certains autres pays, tels que l'Algérie, le Liban, le Maroc et le Sahara occidental ainsi que la Tunisie, ont maintenu des moratoires de longue durée sur les exécutions, et ce bien que la peine de mort reste en vigueur pour un certain nombre de crimes et que des condamnations à mort soient toujours prononcées.

D'après les informations disponibles, au moins 624 exécutions ont été pratiquées dans sept pays du Moyen-Orient et d'Afrique du Nord en 2009 : Arabie Saoudite (au moins 69), Égypte (au moins 5), Iran (au moins 388), Irak (au moins 120), Libye (au moins 4), Syrie (au moins 8), Yémen (au moins 30).

L'Iran comme l'Arabie saoudite ont exécuté des mineurs délinquants, bien que le droit international interdise explicitement le recours à la peine capitale pour les personnes accusées d'avoir commis un crime alors qu'elles étaient âgées de moins de 18 ans. Au moins sept mineurs délinquants ont été exécutés en 2009 (deux en Arabie saoudite et cinq en Iran).


Au moins 863 condamnations à mort ont été prononcées dans 15 pays du Moyen Orient et d'Afrique du Nord en 2009 : Algérie (au moins 100), Arabie Saoudite (au moins 11), Autorité palestinienne (17), Égypte (au moins 269), Émirats arabes unis (au moins 3), Iran (+), Irak (au moins 366), Jordanie (au moins 12), Koweït (au moins 3), Libye (+), Maroc et Sahara occidental (13), Qatar (au moins 3), Syrie (au moins 7), Tunisie (au moins 2), Yémen (au moins 53).

Amnesty International a recensé 388 exécutions en Iran. Les autorités iraniennes ne publient pas de statistiques officielles sur les exécutions et le chiffre réel est probablement plus élevé. Au moins 14 exécutions ont été pratiquées en public. D'autre part, Amnesty International a recensé 112 exécutions sur la période de huit semaines qui s'est écoulée entre l'élection présidentielle du 12 juin et le 5 août, date de l'investiture de Mahmoud Ahmadinejad pour son deuxième mandat de président. À titre de comparaison, au moins 196 exécutions avaient été pratiquées en cinq mois et demi, entre le 1er janvier et le 12 juin.

En Irak, les autorités ont procédé à au moins 120 exécutions en 2009, la plupart du temps pour de prétendus crimes « terroristes ». Le Premier ministre irakien Nouri al Maliki a publiquement appelé à l'exécution de tous les membres de l'ancienne administration Baas de Saddam Hussein. D'autres ministres du gouvernement irakien ont également soutenu le recours à la peine capitale.

Fin 2009, on estime que plus de 900 personnes, dont 17 femmes, risquaient d'être exécutées à tout moment en Irak. Elles auraient épuisé toutes les formes de recours et leurs condamnations à mort auraient été ratifiées par le Collège présidentiel irakien.

En Arabie saoudite, au moins 69 personnes ont été décapitées en public en 2009. À la fin de l'année 2009, selon les informations recueillies par Amnesty International, il y avait dans le pays au moins 141 personnes dans l'attente de leur exécution, dont au moins 104 ressortissants étrangers, pour la plupart originaires de pays en voie de développement d'Afrique, d'Asie et du Moyen-Orient.

Au Yémen, les autorités ont exécuté au moins 30 prisonniers. Des centaines d'autres prisonniers se trouveraient dans le quartier des condamnés à mort ; plus de 70 d'entre eux seraient détenus dans la seule prison centrale de Taiz. En Égypte, les autorités ont pratiqué au moins cinq exécutions. En Libye, au moins quatre exécutions ont eu lieu.

POUR EN SAVOIR PLUS
Condamnations à mort et exécutions recensées en 2009

Lorsque le signe « + » précédé d'un nombre apparaît après un pays, cela signifie que les chiffres calculés par Amnesty International sont une estimation a minima. Lorsque le signe « + » apparaît après un pays sans être précédé d'aucun nombre, cela signifie qu'il y a bien eu des exécutions ou des condamnations à mort (au moins une) dans ce pays, mais qu'il n'a pas été possible de faire une estimation.