La peine de mort en Afrique subsaharienne en 2009

Seuls deux pays de l'Afrique subsaharienne on pratiqué des exécutions : le Botswana (1) et le Soudan (au moins 9). La peine capitale a été abolie au Burundi et au Togo.

Selon les informations disponibles, au moins 194 condamnations à la peine capitale ont été prononcées dans 19 pays d'Afrique subsaharienne en 2009 : Bénin (au moins 5), Botswana (2), Burkina Faso (au moins 6), Éthiopie (au moins 11), Gambie (au moins 1), Ghana (au moins 7), Kenya (+), Liberia (3), Mali (au moins 10), Mauritanie (au moins 1), Nigeria (58), Ouganda (+), République démocratique du Congo (+), Sierra Leone (au moins 1), Somalie (12, dont six dans le Puntland et six dans la juridiction du gouvernement fédéral de transition) , Soudan (au moins 60), Tanzanie (+),Tchad (+),Zimbabwe (au moins 7).

En avril, le Burundi a adopté un nouveau Code pénal qui ne prévoit pas la peine capitale. Le Togo a aboli la peine de mort au mois de juin.

L'État soudanais a exécuté neuf hommes en avril 2009 ; tous ont déclaré que des aveux leur avaient été extorqués sous la torture. Ils avaient été reconnus coupables du meurtre, en 2006, de Mohamed Taha, rédacteur en chef d'un quotidien et auteur d'articles considérés comme hostiles aux Darfouriens.

Amnesty International est préoccupée par le fait que le recours à la torture en vue d'obtenir des aveux est inscrit dans le droit soudanais.

Entre les mois d'avril et de janvier 2010, 56 personnes supplémentaires ont été condamnées à la peine capitale pour leur prétendue appartenance au Mouvement pour la justice et l'égalité (MJE), un groupe d'opposition armé basé au Darfour, et pour leur participation présumée à une attaque sur Khartoum, la capitale, en mai 2008.

Ces nouvelles condamnations à la peine capitale ont donc porté le nombre de personnes condamnées à mort dans le cadre des attaques de Khartoum à 106 au 19 janvier 2010. Toutes ont été jugées coupables d'appartenance à des organisations terroristes et de faits de guerre contre l'État ; elles ont été condamnées par des tribunaux antiterroristes d'exception.

Au Kenya, le gouvernement a annoncé en août que plus de 4 000 prisonniers condamnés à la peine capitale verraient leur peine commuée en peines d'emprisonnement. À la connaissance d'Amnesty International, cela représente la commutation de peine la plus importante de l'histoire. Le Kenya continue à prononcer des condamnations à la peine capitale, bien qu'il n'ait procédé à aucune exécution depuis 1987.

Des commutations de peine ont également eu lieu au Nigeria. En juin, le gouverneur de l'État de Lagos a gracié et fait libérer trois condamnés à mort. Vingt neuf autres prisonniers de l'État de Lagos ont vu leur condamnation à la peine capitale commuée en emprisonnement à perpétuité et huit autres à différentes peines de prison. L'enlèvement est toutefois devenu passible de la peine capitale dans six États du Nigeria (Abia , Akwa Ibom, Anambra, Ebonyi, Enugu et Imo) au cours de l'année 2009.

POUR EN SAVOIR PLUS
Condamnations à mort et exécutions recensées en 2009

Lorsque le signe « + » précédé d'un nombre apparaît après un pays, cela signifie que les chiffres calculés par Amnesty International sont une estimation a minima. Lorsque le signe « + » apparaît après un pays sans être précédé d'aucun nombre, cela signifie qu'il y a bien eu des exécutions ou des condamnations à mort (au moins une) dans ce pays, mais qu'il n'a pas été possible de faire une estimation.