Données sur la peine de mort

Juan Melendez a passé 17 ans dans le couloir de la mort en Floride pour un crime qu’il n’a pas commis.

© Amnesty International

La peine de mort est la négation absolue des droits humains. C'est un meurtre commis par l'État, avec préméditation et de sang-froid, au nom de la justice. Cette peine viole le droit à la vie inscrit dans la Déclaration universelle des droits de l'homme. Quelle que soit la forme utilisée — électrocution, pendaison, gazage, décapitation, lapidation, peloton d'exécution ou injection létale –, c'est un châtiment cruel, inhumain et dégradant par définition, qui n'a pas sa place dans un système judiciaire moderne.

Rien ne peut justifier la torture ni d'autres formes de traitements cruels. Or, à l'instar de la torture, l'exécution est une agression physique et psychologique extrême. La douleur physique ressentie par un être humain lors de son exécution ne peut être quantifiée, pas plus que les souffrances psychologiques d'une personne qui sait qu'elle va être tuée par l'État.

La peine de mort est appliquée de manière discriminatoire et elle touche souvent de manière disproportionnée les pauvres, les minorités et les membres de certains groupes raciaux, ethniques et religieux. Elle est prononcée et appliquée de façon arbitraire. Dans certains pays, c'est un moyen de répression permettant de réduire au silence l'opposition politique.

Dans d'autres pays, des faiblesses existantes du système judiciaire sont exacerbées par la discrimination, les déficiences du parquet et la qualité médiocre de la représentation juridique.

L'être humain étant faillible, le risque de commettre une erreur judiciaire, et donc d'exécuter des innocents, ne peut être écarté.

La peine de mort :

  • empêche toute possibilité de réconciliation et de réinsertion ;
  • offre des réponses simplistes à des problèmes humains complexes, au lieu d'inciter à chercher des explications susceptibles d'inspirer des stratégies constructives ;
  • prolonge la souffrance de la famille de la victime et l'étend aux proches du condamné ;
  • accapare des ressources et de l’énergie qui pourraient être utilisées plus efficacement pour lutter contre les crimes violents et aider ceux qui sont touchés par ces crimes ;
  • loin d’être une solution à la violence, est le symptôme d'une culture marquée par celle-ci ; elle constitue une atteinte à la dignité humaine ;
  • doit être abolie. Maintenant.