Communiqués de presse
Pakistan. Volte-face «particulièrement cruelle» concernant une condamnation à mort
Le Pakistan a annulé sa décision de commuer en réclusion à perpétuité la peine capitale prononcée à l'encontre de Sarabjit Singh. Ce revirement est un terrible coup porté à ce ressortissant indien et à sa famille, a déclaré Amnesty International mercredi 27 juin.
Mardi 26 juin, les autorités avaient annoncé que Sarabjit Singh, derrière les barreaux depuis 20 ans, serait libéré à la suite de la commutation de sa peine.
Cependant, il s'est avéré le lendemain que le détenu concerné était en réalité Surjit Singh, qui a passé plus de 20 ans en prison depuis que la peine capitale prononcée à son encontre a été commuée en réclusion à perpétuité, en 1989.
« La décision d'annuler la commutation de la peine de mort infligée à Sarabjit Singh, qu'elle soit imputable à une erreur ou à un autre facteur, est particulièrement cruelle pour cet homme et les membres de sa famille, qui se réjouissaient déjà de son retour parmi eux, dans l'État indien du Pendjab, a expliqué Catherine Baber, directrice du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.
« Nous déplorons vivement que Sarabjit Singh soit toujours sous le coup d'une condamnation à mort alors qu'il a déposé cinq demandes de grâce.
« Nous nous félicitons évidemment de la libération prochaine de Surjit Singh, autre ressortissant indien. Néanmoins, les autorités ne doivent pas s'arrêter là : il faut qu'elles s'en tiennent à l'annonce faite hier et commuent la peine capitale infligée à Sarabjit Singh, ainsi que celles de toutes les personnes sous le coup d'une condamnation à mort au Pakistan », a-déclaré Catherine Baber.
Behram Khan, ressortissant pakistanais, doit être exécuté à Karachi samedi 30 juin. Il a été condamné à mort le 23 juin 2003 par un tribunal antiterroriste pour le meurtre de l'avocat Mohammad Ashraf.
« L'exécution de Behram Khan, qui serait la première au Pakistan depuis près de quatre ans, ouvrirait la voie à de nouvelles exécutions. Il y a urgence à ce que le président Zardari commue la peine capitale prononcée à l'encontre de cet homme. »
« Amnesty International est opposée en toutes circonstances à la peine capitale, qui constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit. »
Au Pakistan, plus de 8 300 personnes sont actuellement sous le coup d'une condamnation à mort.
« Les autorités pakistanaises et indiennes doivent immédiatement commuer toutes les condamnations à mort et instaurer un moratoire officiel sur les exécutions, première étape vers l'abolition de ce châtiment », a conclu Catherine Baber.
Note aux rédacteurs
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