Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

2 mai 2013

Le Pakistan doit améliorer la protection des prisonniers indiens

Les autorités pakistanaises doivent protéger les prisonniers indiens de la violence dans les prisons, a déclaré Amnesty International jeudi 2 mai, après qu'un condamné à mort indien a été tué lors d'une attaque dans une prison de Lahore.

Sarabjit Singh aurait été frappé à coups de brique et de barre de fer par d'autres détenus dans la prison de Kot Lakhpat, vendredi 26 avril. L'avocat de Sarabjit Singh a déclaré que les autorités pénitentiaires savaient qu'il avait reçu des menaces de mort.

Accusé d'implication dans des attentats ayant provoqué la mort de 14 personnes, Sarabjit Singh avait été condamné à mort en 1991 alors que sa famille a toujours soutenu son innocence. Il est le deuxième ressortissant indien à mourir dans une prison pakistanaise cette année.

« Les autorités pénitentiaires pakistanaises ont apparemment manqué à leur devoir de protéger Sarabjit Singh, bien que cette personne ait visiblement reçu des menaces de mort », a déclaré Polly Truscott, directrice adjointe du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.

« Le gouvernement doit maintenant procéder à une enquête impartiale et publique sur cette attaque, et faire en sorte que les responsables soient rapidement traduits en justice selon une procédure équitable. Cela s'applique au personnel pénitentiaire, s'il s'avère qu'il pourrait avoir facilité cette agression. »

Les tensions politiques entre l'Inde et le Pakistan font que des ressortissants de chaque nationalité se retrouvent dans les prisons des deux pays. Ces derniers risquent d'être agressés par des codétenus ou des gardiens de prison.

L'avocat de Sarabjit Singh a dit que son client avait reçu des menaces de mort de détenus depuis l'exécution par l'Inde de Kashmiri Afzal Guru en février, après un attentat contre le Parlement indien en 2001.

Selon diverses sources, Sarabjit Singh était détenu avec d'autres prisonniers pakistanais dans le quartier des condamnés à mort, au lieu d'être maintenu à l'écart dans un service de haute sécurité.

Depuis l'attaque du 26 avril, il était dans le coma dans un hôpital de Lahore. Il est décédé hier de ses blessures.

Jusqu'à présent, deux détenus ont été accusés de meurtre dans le cadre de cette attaque et des membres du personnel de la prison, notamment son directeur, ont été suspendus pour négligence.

Sarabjit Singh avait été arrêté au Pakistan en 1990. Il était accusé d'espionnage pour le compte du gouvernement indien. Il avait été reconnu coupable de quatre attentats à l'explosif ayant tué 14 personnes en 1990 à Lahore et à Faisalabad. Sa famille affirme que Sarabjit Singh était un simple agriculteur égaré sur le territoire pakistanais.

Un autre prisonnier indien reconnu coupable d'espionnage, Chamel Singh, est également mort à la prison de Kot Lakhpat en janvier.

Un détenu avait dit qu'il avait vu Chamel Singh être battu à mort par le personnel pénitentiaire. L'autopsie avait montré des traces de torture.

Les autorités de la prison ont affirmé que Chamel Singh était décédé des suites d'un accident vasculaire cérébral, mais aucune enquête approfondie n'a été menée sur sa mort.

Des centaines de prisonniers indiens et pakistanais ont été transférées entre les deux pays en vertu d'un accord conclu par les deux gouvernements en septembre 2012.

Cependant, des centaines d'autres restent en prison, y compris des commerçants, des agriculteurs, des pêcheurs et des soldats détenus comme « prisonniers de guerre ». Ils sont souvent arrêtés pour espionnage et condamnés ensuite à des peines d'emprisonnement ou à la peine capitale.

Les proches et les avocats de ces personnes signalent souvent que les autorités indiennes et pakistanaises ne leur accordent pas un droit de visite adapté.

« Les autorités indiennes et pakistanaises doivent veiller à ce que les proches et les avocats des détenus disposent d'un droit de visite adéquat », a déclaré Polly Truscott.

« Conformément à leurs promesses d'avril dernier, les autorités indiennes et pakistanaises doivent rapatrier rapidement les prisonniers accusés, entre autres délits mineurs, d'avoir dépassé la durée de leurs visas ou pêché dans les eaux de l'autre pays, ainsi que l'a recommandé le comité judiciaire indo-pakistanais chargé d'examiner ces détentions.

« Les gouvernements pakistanais et indiens doivent également commuer immédiatement toutes les condamnations à mort et instaurer un moratoire officiel sur les exécutions, en vue d'abolir la peine de mort. »

Le Pakistan a repris les exécutions en novembre 2012, avec la mise à mort par les autorités militaires de Muhammed Hussain, un soldat, pour le meurtre d'un supérieur et de deux autres personnes.

Il s'agissait de la première exécution par ce pays depuis 2008. Le même mois de la même année, l'Inde a procédé à sa première exécution depuis plus de huit ans et exécuté par pendaison Ajmal Kasab, le seul survivant parmi les auteurs des attentats perpétrés à Mumbai en 2008.

Index AI : PRE01/220/2013
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