Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

25 mai 2013

Russie. Des militants en faveur des droits des LGBTI ont été arrêtés alors qu'ils avaient été visés par des actes de violence

Le fait que la police de Moscou n’ait pas protégé contre les agressions physiques les personnes qui manifestaient, samedi 25 mai, en faveur des droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres et intersexuées renforce l’impression que l’État autorise la violence et la discrimination, a déclaré Amnesty International.

Amnesty International a été témoin de l’arrestation d’au moins 30 manifestants en faveur des droits des LGBTI dans trois endroits différents du centre de Moscou : devant le Parlement, près de l’hôtel de ville et devant le parc Gorky.

Les militants tentaient de mettre en place des piquets pour protester contre des lois homophobes, notamment contre un projet de loi fédérale interdisant la « propagande de l’homosexualité », et pour attirer l’attention sur la discrimination et la violence persistantes dont sont victimes les personnes LGBTI dans le pays.

« Au lieu d’arrêter des manifestants pacifiques, les autorités russes devraient les protéger des attaques extrémistes dues au comportement discriminatoire de certaines personnes », a déclaré David Diaz-Jogeix, directeur adjoint du programme Europe et Asie centrale d’Amnesty International.

Le fait de ne pas protéger les militants face à des agressions violentes menées par des contre-manifestants et de ne pas engager de poursuites judiciaires contre les responsables de violences envers des personnes LGBTI va à l’encontre des obligations de la Russie au regard du droit international relatif aux droits humains.

« Des enquêtes devraient être ouvertes rapidement sur les agressions dont ces militants ont été victimes, de même que sur le fondement juridique des arrestations de manifestants pacifiques auxquelles a procédé la police », a affirmé David Diaz-Jogeix.

« Si les autorités ne prennent aucune mesure pour protéger les personnes LGBTI, et si les auteurs d’agressions violentes contre ces personnes continuent de bénéficier de l’impunité, certains pourraient penser que l’État autorise la violence et la discrimination. »

Les trois événements ont été marqués par des violences physiques et des brutalités envers les défenseurs des droits des lesbiennes, des gays et des personnes bisexuelles, transgenres et intersexuées. Un des militants a été attaqué par un groupe de contre-manifestants. Ceux-ci l’ont roué de coups et aspergé avec du gaz poivre avant que la police n’intervienne et n’arrête le militant. Ses blessures nécessitaient des soins médicaux.

Une fois de plus, la police n’a donc pas empêché les violences et n’a pas protégé les manifestants pacifiques en faveur des droits des LGBTI. En outre, il semble que parmi les personnes arrêtées il y ait eu plus de militants que d’auteurs d’agressions.

De telles manifestations de violence visant ces militants sont désormais fréquentes, tout comme le fait que la police ne respecte pas l’obligation qui lui incombe d’enquêter sur ces agressions et de traduire les responsables en justice.

Même lorsque les auteurs d’attaques sont identifiés et arrêtés, aucune mesure n’est prise malgré les témoignages, voire, parfois, les photos ou les vidéos prouvant les faits.

Des défenseurs des droits des LGBTI avaient averti les autorités de leur intention d’organiser des défilés le 25 mai à Moscou, à Khimki (une ville de la région de Moscou) et à Kostroma. Cependant, dans les trois cas, les autorités locales ont refusé d’autoriser ces rassemblements pour des raisons incompatibles avec les obligations de la Russie aux termes du droit international.

Les militants ont tenté de contester ces refus devant les juridictions appropriées mais les tribunaux ont maintenu les interdictions, en dépit d’un arrêt rendu peu de temps auparavant par la Cour européenne des droits de l’homme concernant les marches des fiertés en Russie. Dans cet arrêt, la Cour considérait qu’il y avait violation des droits à la liberté de réunion pacifique et à la liberté d’expression, ainsi que de l’interdiction de discrimination.

Les agressions qui ont eu lieu le 25 mai s’inscrivent dans un contexte de violences persistantes dirigées contre les personnes LGBTI. Des meurtres perpétrés récemment à Volgograd et des agressions commises à Irkoutsk auraient eux aussi pour motif l’homophobie.

Les mesures administratives et juridiques des autorités locales et fédérales encouragent, de fait, les comportements discriminatoires et la violence envers les personnes LGBTI au lieu de protéger les droits fondamentaux de chacun.

Index AI : PRE01/247/2013
Région ou pays Europe et Asie centrale
Pays Russie
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