Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

19 janvier 2012

Il faut que l'Ukraine libère des demandeurs d'asile somaliens

Amnesty International demande aux autorités ukrainiennes de relâcher des ressortissants somaliens, qui observent actuellement une grève de la faim afin de protester contre leur placement en détention pour une période pouvant atteindre un an « en vue d'une expulsion », à la suite d'une décision de justice rendue en décembre 2011.

Une soixantaine de Somaliens – parmi lesquels figureraient jusqu'à 20 mineurs – mènent cette grève de la faim au centre pour migrants de Jouravitchi, dans l'ouest du pays, où ils sont actuellement incarcérés.

Ils ont été appréhendés par la police fin décembre 2011, puis placés en détention en raison de leur présence illégale sur le territoire ukrainien.

« Les Somaliens se trouvant en Ukraine sont conduits au désespoir par les arrestations et le harcèlement policier, constants, ainsi que par un système d'asile qui ne les protège pas », a déclaré Heather McGill, spécialiste de l'Ukraine à Amnesty International.

« Tout le monde sait – la police, le ministère de l'Intérieur et les Somaliens eux-mêmes – qu'ils ne seront jamais expulsés. Ils ont besoin de protection – et y ont droit –, pas de châtiments à répétition pour avoir fui la famine et la guerre. »

« Nombre d'entre eux essaient de gagner l'Union européenne en passant la frontière, avant d'être renvoyés en Ukraine. Beaucoup ont été incarcérés à plusieurs reprises " en vue d'une expulsion " au centre pour migrants de Jouravitchi. »

Dans une lettre au ministre ukrainien de l'Intérieur, Amnesty International a exhorté les autorités ukrainiennes à honorer leurs obligations en veillant à ce que ces Somaliens puissent bénéficier d'une procédure d'asile, ainsi que d'une protection complémentaire s'ils ne peuvent être reconnus comme réfugiés.

Sultan Haib, l'un des ressortissants somaliens se trouvant actuellement à Jouravitchi, a déclaré à Amnesty International que la détention en vue d'une expulsion était absurde :
« Personne ne rentre au pays et personne ne vous expulse. Au bout de 12 mois, ils vous laissent sortir. Nous ne sommes pas des criminels. Pourquoi le gouvernement nous traite-t-il comme ça ? »

« Des mineurs font partie des détenus. Les mineurs ne doivent être incarcérés qu'en dernier recours et les demandeurs d'asile mineurs non accompagnés sont particulièrement vulnérables et doivent se voir offrir une protection supplémentaire », a ajouté Heather McGill.

« Il ne peut être question de systématiquement renvoyer ces Somaliens dans leur pays, où le conflit armé en cours mettrait leur vie en danger. En vertu du droit international, l'Ukraine a l'obligation de s'abstenir de renvoyer quiconque dans un pays où cette personne risquerait d'être victime de graves violations des droits humains. »

« Les autorités ukrainiennes doivent immédiatement libérer toutes les personnes dont elles ne peuvent justifier, sur le plan pratique ou éthique, l'expulsion et faire le nécessaire pour qu'elles aient accès aux procédures d'asile. »

Index AI : PRE01/025/2012
Région ou pays Europe et Asie centrale
Pays Ukraine
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