Rapport 2013
La situation des droits humains dans le monde

Communiqués de presse

16 mars 2013

Droits des femmes. L’ONU garde le cap, mais il reste beaucoup à faire

Les droits des femmes ont connu quelques avancées modestes vendredi 15 mars 2013 à l’occasion de la réunion de la Commission de la condition de la femme (CSW) des Nations unies, lorsque des gouvernements se sont engagés à mettre en place une série de mesures visant à lutter contre les violences liées au genre, thème prioritaire cette année.

Le document final ressortant de la réunion de la CSW exhorte les gouvernements à adopter un large éventail de mesures visant à combattre les violences s’exerçant contre les femmes et les jeunes filles dans le monde entier, notamment la violence domestique et les abus commis dans les situations de conflit et d’après-conflit.

Les conclusions concertées sur lesquelles cette session a débouché appellent les États à veiller à ce que les droits des femmes, notamment leurs droits reproductifs, soient protégés et concrétisés. Les États doivent proposer des services de santé sexuelle et reproductive, et la Commission a, pour la première fois, recommandé l’accès à une contraception d’urgence. Les gouvernements doivent par ailleurs élaborer et mettre en place des programmes complets d’éducation à la sexualité humaine fondés sur des faits scientifiques et destinés à tous les adolescents et jeunes.

Chose importante, les conclusions concertées contiennent en outre une référence à la nécessité de soutenir et protéger les défenseures des droits des humains.

« En notre qualité de membre de la Coalition internationale des femmes défenseures des droits humains, nous nous réjouissons que la CSW reconnaisse les défenseures des droits humains, et s’engage à les soutenir et à les protéger », a déclaré Danna Ingleton, de l’équipe personnes en danger d’Amnesty International. Les défenseures qui se sont exprimées aux Nations unies ont souligné à quel point permettre à ces militantes d’agir sans craintes de représailles, de menaces ou d’agressions est essentiel à la lutte contre la violence à l’égard des femmes et des jeunes filles. « Comment mettre un terme à la violence contre les femmes et les jeunes filles, quand les personnes défendant les droits humains sont elles-mêmes menacées ou victimes de violences ? », s’est interrogée Danna Ingleton.

Un grand nombre des engagements pris à New York lors de la réunion de la Commission reflètent les obligations auxquelles sont soumis les gouvernements en vertu des traités internationaux en matière de droits humains. « Il est rassurant de voir la CSW réaffirmer que les États doivent s’abstenir d’invoquer toute coutume, tradition ou considération en rapport avec la religion afin de se soustraire à leurs obligations concernant l’éradication de la violence contre les femmes », a indiqué Nicole Bjerler, du bureau d’Amnesty International auprès de l’ONU à New York.

Les gouvernements ne sont cependant pas parvenus à trouver d’accord dans plusieurs domaines importants essentiels à l’éradication et à la prévention de la violence contre les femmes et les jeunes filles.

« Il est profondément décevant que des questions importantes comme les violences conjugales et les droits sexuels et reproductifs, entre autres, ne figurent plus dans le texte », a précisé Nicole Bjerler. « Nous sommes par ailleurs atterrés que certains – notamment la délégation du Saint-Siège – continuent à ne pas vouloir reconnaître ni combattre les violences subies par certains du fait de leur orientation sexuelle ou identité de genre. »

Comme au cours des années précédentes, le travail de la CSW se heurte à la résistance et à l’opposition de certaines délégations et de groupes religieux. Les propos tels que ceux tenus dans une déclaration diffusée par les Frères musulmans ont été vivement réfutés par des organisations de la société civile et des organes de défense des droits des femmes de la région.

Des organisations de la société civile du monde entier ont suivi de près les positions exprimées par leur gouvernement lors des négociations. Beaucoup ont fait part de leurs craintes face à des propositions gouvernementales qui, si elles avaient été adoptées, auraient porté atteinte à l’universalité et l’indivisibilité des droits humains ou rouvert le débat sur des accords internationaux établis concernant les droits fondamentaux des femmes. Des centaines d’organisations de la société civile ont ainsi signé durant la réunion de la CSW une déclaration faisant état de leur préoccupation ; ce texte est disponible à l’adresse suivante : http://cwgl.rutgers.edu/program-areas/gender-based-violence/csw57/statement-on-outcome-document

Heureusement, de nombreux gouvernements ont tenu leurs engagements en faveur des droits des femmes et permis l’adoption de conclusions concertées conformes aux normes en vigueur. Les gouvernements doivent désormais traduire leurs paroles en actes en mettant en œuvre ces conclusions concertées.

« Les conclusions concertées constituent un outil pour ceux qui ont la tâche de concrétiser les droits des femmes et des jeunes filles – des législateurs aux décideurs politiques, en passant par les enseignants, les policiers et les professionnels de santé. Elles sont également un outil pour ceux qui souhaitent rappeler aux gouvernements leur obligation consistant à mettre fin aux violences liées au genre dont les femmes et les jeunes filles sont victimes », a expliqué Stephanie Schlitt, spécialiste des questions de genre à Amnesty International.

La Commission de la condition de la femme des Nations unies se réunit annuellement à New York. En 2013, les débats ont porté sur l’éradication de la violence contre les femmes. Composée de 45 États membres, la CSW est le principal organe mondial décisionnaire dédié exclusivement aux questions d’égalité entre les genres et de promotion des femmes, avec pour but ultime de faire avancer les droits des femmes dans les domaines politique, économique, civil, social et éducatif. Elle a pour mission de garantir la pleine application des accords internationaux existants sur les droits des femmes et l’égalité entre les genres.

Index AI : PRE01/132/2013
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