Document - PLEINS FEUX SUR LES AU (mars 2005). Une militante des droits humains prise pour cible au Bangladesh. Sumi Khan : «Ce qui fait ma force, c'est mon intégrité et ma
Pleins feux sur les AU
Une militante des droits humains
prise pour cible au Bangladesh
Sumi Khan :
«Ce qui fait ma force, c’est mon intégrité et ma détermination.»
Mars 2005
AMNESTY INTERNATIONAL
DOCUMENT PUBLIC
Index AI : ACT 60/006/2005
ÉFAI
Le 8 mars 2005, Sumi Khan, une journaliste bangladaise, s’est rendue à la section britannique d’Amnesty International pour évoquer son expérience de militante en faveur des droits humains. Peu après son retour au Bangladesh, elle a reçu une lettre de menaces de mort, émanant apparemment de groupes islamistes locaux. Ceux-ci lui interdisaient de parler à nouveau de leurs agissements dans ses articles, faute de quoi son domicile et son bureau feraient l’objet d’attaques à la grenade (cf. AU 51/05, ASA 13/003/2005 du 14 mars 2005).
Correspondante de l’hebdomadaire Shaptahik 2000à Chittagong, ville portuaire du sud du Bangladesh, Sumi Khan a publié un certain nombre d’articles dans lesquels elle dénonçait les responsables de délits tels que la traite des enfants et le trafic d’armes. Le 1er mars 2005, l’association Index on Censorship luia accordé une reconnaissance internationale en lui décernant un prix pour son intégrité de journaliste et son engagement exceptionnel en faveur de la liberté d’expression.
L’an dernier, cet engagement a bien failli lui coûter la vie. Le 27 avril 2004, alors qu’elle se rendait à la poste pour envoyer un article à son rédacteur en chef, un taxi à trois roues s’est arrêté à sa hauteur ; trois hommes en sont descendus, l’ont rouée de coups et lui ont tailladé les mains et le visage. Sumi s’est défendue, mais elle a fini par perdre connaissance. Ses agresseurs lui avaient crié qu’elle serait tuée si elle continuait à publier. Ils l’ont délibérément blessée aux mains, afin qu’elle ne puisse plus écrire.
Les cicatrices laissées par cette attaque étaient encore visibles lorsque Sumi a rendu visite au personnel de la section britannique, après avoir reçu son prix. Elle s’est dite résolue à continuer à dénoncer la corruption et les atteintes aux droits humains.
La perspective de nouvelles attaques ne lui fait pas peur : «Le criminel, qui est-ce ?», a-t-elle déclaré. «C’est aux criminels d’avoir peur, pas à moi. Ce qui fait ma force, c’est mon intégrité et ma détermination.»
Bien que quatre journalistes, sinon plus, aient été tués l’année dernière au Bangladesh, Sumi Khan garde confiance en l’avenir. Elle pense que les pressions exercées sur les autorités par Amnesty International et par d’autres organisations donneront aux journalistes et aux défenseurs des droits humains le courage de continuer à travailler : «Le soutien d’Amnesty International est très précieux : il nous permet de poursuivre le travail que nous menons[…] pour révéler les agissements des criminels. Pour arrêter ces individus, la seule chose que nous puissions faire, c’est agir de manière pacifique. Sans l’aide d’Amnesty International, cela serait trop difficile.»
Sumi Khan a remercié tous ceux qui étaient intervenus pour les défendre, elle et d’autres militants des droits humains, expliquant que ce soutien leur avait apporté l’énergie nécessaire pour poursuivre leur combat. «Surtout, continuez ; n’abandonnez pas !»,a-t-elle déclaré.«Sachez que dans le monde entier, les gens comme nous vous sont infiniment reconnaissants.»
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