Rapport 2012
La situation des droits humains dans le monde

Document - Tchad: Que sont devenus la centaine de militaires arrêtés?


AMNESTY INTERNATIONAL

COMMUNIQUÉ DE PRESSE



AI Index: AFR 20/001/2006 (Document Public)

Nr du Service de Presse : 088

4 avril 2006


Tchad: Que sont devenus la centaine de militaires arrêtés?



Amnesty International appelle les autorités tchadiennes à indiquer au plus vite l'identité exacte et le lieu de détention de la centaine de militaires détenus au secret depuis plus de quinze jours à N'Djaména, capitale du Tchad, et à assurer leur sécurité.


Si l'arrestation de ces militaires, soupçonnés d'être impliqués dans une tentative d'assassinat du président Idriss Déby, a été confirmée, le 20 mars 2006, par le ministre tchadien de la sécurité, aucune information quant à l'identité de ces personnes ni le lieu de leur détention n'a été officiellement communiquée. Selon certaines sources, ces personnes seraient détenues au secret à la Présidence, d'autres parlent de cas de « disparitions ». Le ministre de la sécurité s'est contenté de préciser que ces militaires allaient être traduits en cour martiale.


« Au vu de la gravité des faits qui leur sont reprochés et compte tenu de la situation tendue que connaît le Tchad, pays confronté à une rébellion armée à l'est du pays, il est à craindre que certains, voire tous ces militaires, ne risquent d'être torturés ou exécutés de manière extrajudiciaire », affirme aujourd'hui Amnesty International.


L'organisation s'inquiète par ailleurs des possibles atteintes aux droits humains commises dans le cadre des combats qui opposent depuis décembre dernier l'armée régulière tchadienne à des groupes d'opposition armés et à des miliciens soudanais dans l'extrême est du pays.


« Toutes les parties au conflit sont tenues de respecter les principes du droit humanitaire international, notamment ceux figurant dans l'article 3 commun aux quatre Conventions de Genève de 1949, qui oblige à traiter humainement les civils et toutes les personnes ne participant pas directement aux combats et empêcher tout recours aux exécutions illégales et à la torture », rappelle aujourd'hui Amnesty International.


Contexte

Au pouvoir depuis 1990, le président Deby est confronté depuis plusieurs mois à des mouvements de rébellion, dont le Socle pour le changement, l'unité et la démocratie (SCUD), le Rassemblement pour la démocratie et la liberté (RDL) et le Front uni pour le changement (FUC), constitués pour la plupart d'ex-partisans proches du président ou de son armée. L'armée régulière tchadienne a repoussé en décembre 2005 une attaque menée par un groupe armé sur la ville d'Adré, située à l'est du pays. À cette occasion, le président Deby avait accusé le Soudan de soutenir ces mouvements afin de le déstabiliser. Début février 2006, les autorités tchadiennes et soudanaises, qui ont démenti ces accusations, ont signé à Tripoli, capitale de la Libye, un accord de paix, sous les auspices de l'Union africaine (UA), qui stipule notamment « l'interdiction d'accueillir des rebelles des deux pays sur leurs territoires ».


La situation s'est à nouveau dégradée, le 15 mars 2006, à la suite de l'annonce par les autorités tchadiennes d'une tentative d'assassinat du président Déby. À la fin du mois de mars 2006, d'autres combats ont eu lieu à l'est du pays autour de la localité de Moudeina, faisant de nombreux morts dont le chef d'état major de l'armée de terre.




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