Document - Gambie. Un défenseur des droits humains en détention. Edwin Nebolisa Nwakaeme
AU 61/10, AFR 27/002/2010 – Gambie 12 mars 2010
ACTION URGENTE
GAMBIE. UN DÉFENSEUR DES DROITS HUMAINS EN DÉTENTION
Edwin Nebolisa Nwakaeme, le fondateur et directeur d'une organisation gambienne de défense des droits humains, est maintenu en détention et risque d'écoper d'une peine de six mois de prison. Son procès est en cours.
Edwin Nebolisa Nwakaeme, ressortissant nigérian, dirige l'ONG Africa in Democracy and Good Governance (ADG) depuis 2006. Il est accusé d'avoir « fourni de faux renseignements à un représentant de l'État » : bien que l'organisation soit officiellement immatriculée comme une organisation caritative, elle pourrait ne pas avoir le statut d'organisation non gouvernementale.Cette accusation semble liée au fait que l'organisation ait écrit à la fille du président de Gambie en novembre 2009, la nommant ambassadrice d'ADG pour la Journée mondiale pour la prévention des abus contre les enfants.
Edwin Nebolisa Nwakaeme a été appréhendé une première fois le 22 février par les services de l'immigration, mais il a été relâché trois jours plus tard.Il a de nouveau été arrêté le 1er mars et est maintenu en détention depuis. Il a été déféré à la justice le 8 mars ; il était accusé d'avoir fourni de « faux renseignements » mais il a refusé de plaider coupable ou non coupable ce jour-là car il n'était pas accompagné d'un avocat. Il a été présenté devant un tribunal pour la seconde fois le 10 mars et accusé d'avoir « fourni au bureau du président de faux renseignements selon lesquels Africa in Democracy and Good Governance (ADG) serait une organisation non gouvernementale ». Il a plaidé non coupable.Son avocat a demandé sa libération sous caution mais le juge a refusé de la lui accorder et l'a renvoyé en prison. L'affaire a été ajournée au 22 mars. Edwin Nebolisa Nwakaeme pourrait être condamné à six mois d'emprisonnement ou à une amende de 500 dalasi (environ 14 euros).Il est actuellement détenu à la prison Mile Two, à Banjul.
Selon certains journaux, les autorités auraient également saisi le passeport d'Edwin Nebolisa Nwakaeme, et la presse suppose que la police pourrait avoir l'intention de l'expulser vers le Nigeria.
Amnesty International considère que les chefs
d'inculpation retenus contre Edwin Nebolisa
Nwakaeme sont uniquement dus à ses activités de défenseur des
droits humains et le considère comme un prisonnier d'opinion.
L'inculpation pour « faux renseignements » est
généralement utilisée en cas de demande frauduleuse de papiers
d'identité ou lorsque des personnes déclinent une fausse identité
auprès de représentants du gouvernement.
DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en anglais ou dans votre propre langue) :
-
déclarez qu'Amnesty International considère que les chefs d'accusation retenus contre Edwin Nebolisa Nwakaeme sont uniquement dus à ses activités de défenseur des droits humains ;
-
priez les autorités gambiennes d'abandonner les charges retenues contre cet homme et de le libérer immédiatement et sans condition ;
-
rappelez – leur que de telles actions représentent une violation des traités régionaux et internationaux relatifs aux droits humains, notamment du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et de la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples.
ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 23 AVRIL 2010 À :
Président de la République :
Dr. Alhaji Yahya Jammeh
Private Mail Bag
State House
Banjul
Gambie
Formule d'appel : Your Excellency, / Monsieur le Président,
Ministre de l'Intérieur et chargé des ONG :
Ousman Sonko
21 OAU Boulevard
Banjul
Gambie
Courriel : oussonko@yahoo.com
Formule d'appel : Dear Minister, / Monsieur le Ministre,
Copies à :
Ministre nigérian des
Affaires étrangères :
Ojo Maduekwe
Maputo Street, off Abidjan Street
Zone 3 Wuse District
PMB 130, Garki
Abuja
Nigeria
Courriel : omaduekwe@nigeria.gov.ng
Veuillez également adresser des copies aux représentants diplomatiques de la Gambie dans votre pays. Vérifiez auprès de votre section s'il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.
ACTION URGENTE
GAMBIE. UN DÉFENSEUR DES DROITS HUMAINS EN DÉTENTION
INFORMATIONS GÉNÉRALES
En septembre 2009, le président Yahya Jammeh aurait déclaré sur une chaîne nationale de télévision qu'il tuerait quiconque menacerait de déstabiliser le pays. Il aurait expressément menacé les défenseurs des droits humains et les personnes travaillant avec eux, en insistant sur le fait que le gouvernement de Gambie ne garantirait pas leur sécurité.
AU 61/10, AFR 27/002/2010, 12 mars 2010
